Villefagnan une vieille histoire
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Pour faire comme tout le monde, rappelons la présence de dolmens à Villefagnan :
Villefagnan
Dolmens (ce texte n'est pas vérifiable)
1° Pierre de la Font : dolmen détruit lors de la construction, du chemin de fer ; il y avait 3 supports ; la table touchait presque le sol ; dimensions 3x3x1.50.
2° Mothière ; dolmen détruit par M. Poitevin-Loubeau en 1895 ; dimensions 4 x 4x 0.60.
- Deux autres dolmens, - l'un percé d'un trou permettant à un homme d'entrer, l'autre plus petit, ayant donné une perle en pierre verte, ont été fouillés par Chauvet et Amiaud vers 1882.

Pour se faire une idée des publications abusives de l'époque, consultons ce comte-rendu de la SHAC et ce que dit M. Chauvet :

 
De curieux renseignements donc...
M. Chauvet savait contenir sa rage !


Et continuer à nous divertir avant d'en savoir plus sur ces dolmens...
Études locales, décembre 1928
Un dolmen situé à Villefagnan a été détruit et enlevé pour construire la gare. On y a trouvé des squelettes, des armes en pierre, des vases, etc.
Un autre dolmen, situé à Villefagnan, dans le champ de M. Poitevin, a été enlevé pour faciliter la culture. On y a trouvé des cadavres [pas encore froids ?] et des poignards, des vases.
Louis Marboeuf, instituteur à Villefagnan.
Ce texte nous montre quelle est la distance à observer vis-à-vis de ce genre de publication. Comme déjà dit, l'instituteur et rugbyman Marboeuf avait préféré botter en touche.


Après nous être instruits avec l'éminent docteur Vincent Ard qui ne ménage pas sa peine pour fouiller et faire connaître les trésors du Ruffécois : http://www.paysduruffecois.com/rubrique/culture/patrimoines/neolithique

Consultons le Dr Yves Sauteraud qui se reporte à M. Chauvet !
Préhistoire (source : Villefagnan, aperçu historique, Dr Yves Sauteraud, 1979)

En dehors des ammonites et des térébratules (brachiopodes de l'ère secondaire) que l'on ramasse parfois dans nos vignes, le plus ancien souvenir de Villefagnan est constitué par deux tumulus qui se trouvaient deux kilomètres environ au sud-ouest de la ville, au lieu dit « La Pierre Levée » et qui ont été fouillés en 1882 par M. Chauvet (1), président de la Société Archéologique de la Charente, en compagnie de M. Arthur Amiaud.
La Pierre Levée se trouvait près d'un vieux chemin qui menait de Fontegrive à Saint-Fraigne, au plantier de Montieret, commune de Villefagnan, près de la route de Brettes.

Les zones d'implantation furant en jaune sont approximatives, forcément...
  • 1 et 2 : deux dolmens au Plantier de Montiéret
  • 3 : un dolmen (?) couché à Empuré
  • 4 et 5 : deux dolmens près de Leigne (route de Villetison)
  • 6 : dolmen de Fontiaud (Commune de Raix, détruit vers 1962, remembrement)
  • 7 : dolmen de Magnez (Magné)
Cette carte de 1850 (tirée du cadastre et de la carte d'EM) montre la proximité des dolmens avec les zones inondables (vert) : Aume (Osme) par Empuré et Bief par Villefagnan, Magné (Magnez).

Cliquer : rapport de fouilles du dolmen de Fontiaux (fouilles 1962 ; publié 1966).

(1) Dans une lettre, en date du 25 juin 1978, M. J. Chauveaud, bibliothécaire de la Société Archéologique et Historique de la Charente m'indique que « les papiers de Chauvet sont à Poitiers. Dans le principe, je pense qu'ils sont partagés entre la bibliothèque municipale et la Faculté des Sciences. C'est là que l'on peut retrouver la trace d'un dossier qui contiendrait ou des notes, ou son rapport de fouilles ». Il y a, ajoute M. Chauveaud, « au couchant du canton de Villefagnan, un dolmen, probablement sur la commune d'Empure. Monsieur Chauvet l'a vu en place le 11 septembre 1878 ».


Le site de la Pierre Levée se composait de deux dolmens. Ils ont été détruits au début du siècle, par un entrepreneur de La Faye, qui les avait achetés pour paver une route.
Les deux dolmens
L'un dit dolmen A, était constitué par deux supports d'environ 1,65 m de haut, séparés par une distance de 0,60 m, penchés, sur lesquels, malgré tout, reposait une table ronde « presqu'aussi grande qu'une meule ou une tonnelle de moulin ». Son diamètre était légèrement supérieur à 4 mètres. Elle était inclinée vers le sol, de telle sorte qu'à son ouverture, au nord, trois ou quatre hommes pouvaient s'y tenir accroupis. Un trou arrondi était creusé dans cette table et la traversait de part en part. Il était situé en arrière des supports, près de la partie de la table qui touchait le sol.
Le dolmen B était plus petit que le dolmen A. Il n'avait qu'un seul support et était constitué par un bloc de pierre carré d'environ 0,80 m de côté et de 0,50 m de haut. La table, inclinée, portait sur ce support, au niveau du tiers de sa longueur. Elle était, cette fois-ci, rectangulaire et mesurait environ trois mètres de long, sur deux mètres de largeur. Son épaisseur est évaluée à un mètre, de façon régulière, sauf à son extrémité qui touchait le sol, et qui était plus large. L'ouverture de l'abri ainsi formé regardait également vers le nord, et deux ou trois personnes pouvaient s'y tenir accroupies. Il s'agissait donc de deux dolmens simples, par opposition aux dolmens « à couloir » et aux « allées couvertes » que l'on trouve en Bretagne. Comme la plupart de ces sépultures mégalithiques, ces dolmens étaient recouverts de tumulus dont les fouilles ont ramené un mobilier varié.

Le mobilier
Divers ossements (sangliers, mégaceros), silex et surtout poteries y furent découverts.
La poterie dite Vienne-Charente, d'influence S.O.M. (Seine, Oise, Marne) est effectivement le plus souvent rencontrée dans les dolmens charentais, comme ce fut le cas à la Pierre Levée. Ce sont des vases (2) à fond rond, arrondis ou plats, des écuelles, des bols, des pots de fleurs faits d'une pâte médiocre, à dégraissants visibles, sableux, pourvus de boutons de préhension : un, deux ou quatre. En plus de ces fragments de poterie - et ce groupe céramique date de 2400 à 1800 av. J.-C. - on a découvert à la Pierre Levée (M. Chauvet) une perle de couleur verte identique aux perles phéniciennes que l'on voit au Musée du Louvre. Il y avait également des perles en coquillages (coquilles percées, purpurea lapillus, dentales) ; des pendeloques constituées par des canines perforées et des perles de callaïs. C'est dire la richesse du mobilier intradolménique.


Outre ces deux dolmens, il existait deux autres dolmens, détruits depuis longtemps, près du village de Leigne (La Laigne), sur la route de Villetison.

A proximité peut-être le dolmen d'Empuré cité plus haut

Ce qui pourrait être la table a été coupée en deux.


Face nord, lisse... Dessus de dolmen ?


Face sud, dessous de dolmen ?


Villefagnan, origine
Autrefois, la paroisse de Villefagnan était en partie une enclave du Poitou. Elle était située à l'ouest de la route qui relie Aigre à Montjean, et butait sur la route qui passe devant le village de La Ferté. Du sud à l'ouest, elle s'arrêtait aux limites des paroisses de Souvigné, Brettes et Empuré.  Son statut de terre d'église n'est pas un cas isolé, Courcôme en est aussi un exemple à quelques distance.

Le logis des Tours : portail d'entrée côté cour.

Un aller et retour ?
En 1268, Guillaume de Lezay-Lusignan échange son château d'Angles (Vienne) et toute la terre qu'il possède de son chef dans la châtellenie d'Angles, contre la terre de Villefagnan que lui cède l'évêque Hugues de Châteauroux. L'évêque entend renforcer son influence dans le secteur d'Angles. D'ailleurs, en 1282, Hélie, héritier d'une autre branche des Lusignan, vendra pour 360 livres les deux tiers de sa terre d'Angles à l'évêque de Poitiers, Gautier de Bruges.
Le centre du bourg, l'église, la mairie, et les halles couvertes d'ardoises.

Guillaume de Lezay, et sa sœur Agathe, vendent le samedi "fête de saint Marc l'évangéliste 1271" la terre de Villefagnan à Hugues, évêque de Poitiers, pour 1000 livres.
L'Evêque de Poitiers installe sa châtellenie
Sa Majesté le Roi octroie par lettres patentes du 26 avril 1346 le droit de justice à l'évêque de Poitiers en sa châtellenie de Villefagnan.
Dénombrement le 10 août 1466 à l'évêque de Poitiers par François Fradin, écuyer, pour l'hébergement de La Font (Villefagnan) et les droits qui vont avec. Idem le 17 août 1538. Puis le 24 juin 1547 par Jean Fradin, écuyer, seigneur de la Cantinolière.
Dénombrement et aveu le 12 mai 1547 à l'évêque de Poitiers par Jean Dallouhe pour le fief et seigneurie de Peuchebrun (Longré). Idem le 27 juin 1614 hommage plain par Pierre Dallouhe, écuyer, seigneur du Breuil-Coiffault et Peuchebrun. Peuchebrun est composé d'une maison noble, maison forte, terre, fuie et garenne. Idem par René de Saint-Amand le 26 octobre 1684.
Sa majesté le Roi octroie par lettres patentes en octobre 1561 l'établissement de six foires par an et d'un marché le vendredi à Villefagnan.

Les halles et les camions de pompiers : 1948.

Etat des réparations à faire le 30 juin 1689 au château de la seigneurie de Villefagnan (château Lesvéquot) : refaire les deux tiers de la muraille du courant derrière le canton dudit bâtiment à neuf jusqu'à la porte en laquelle est compris le coin de la muraille et fermer ladite porte et la croisée qui est au dessus avec toutes les autres croisées et autres fenêtres qui ne font qu'altérer les murailles dudit bâtiment. Il faut aussi refaire le coin du bâtiment de vers le soleil levant et raccommoder audit jour dudit bâtiment quelques endroits qui sont gâtés ensemble, remplir une fente de l'autre coin contre "ledermis" le tout à chaux et sable. Comme aussi faut construire un portail de neuf pieds de largeur et de hauteur, et une porte contre iceluy de largeur de trois pieds, de hauteur de six pieds, en ladite muraille le tout en pierre de taille... C'est le juge Charles Guyon sieur de Goize, procureur fiscal de l'Evêque, qui traite avec le tailleur de pierres Chaffaud de Villefagnan qui fera tout le travail et fournira tous les matériaux, travail termine pour la fête de Notre Dame en août 1689 pour la somme de 140 livres payée par le fermier de la seigneurie de Villefagnan, un tiers au début des travaux, un tiers au milieu, un tiers une fois terminé. Deux charrettes lui seront fournies pour le transport des matériaux, mais il nourrira les bouviers. Pour aller plus vite, c'est Pierre Bonneau, de Villiers (le larron), qui sera le charpentier et fera le portail en bois et fournira le bois des échafaudages, moyennant 35 livres (déduites de 140 livres ci-dessus). Acte passé devant Demondion, notaire royal.

Villefagnan justice de la baronnie
Cette baronnie et haute justice comprenait dans son ressort la portion poitevine de la Paroisse de Villefagnan, cinq maisons aux villages de Fondoumes et la Goupillière, une métairie à Fontégrive et trois maisons et moulins.
Un juge, un procureur fiscal, un greffier, un commis greffier.
Le procureur fiscal était notaire ainsi qu’un des trois procureurs dont un autre était également huissier.
Selon Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest page 458 en 1845.


La mare de la Ferté à proximité du logis (rasé) des Goulard de la Ferté.



La cantinolière (quantinollière)
Dénombrement le 26 mai 1615  l'évêque de Poitiers par Pierre Le Coq pour son fief de la Cantinolière.  
Nouvelle maison du XIXe siècle : 1835.

En 1912 la Cantinolière, La Font, La Goupillère appartenaient à Victor Surreaux, sénateur de la Vienne.

La Goupillière à Villefagnan
Au XVIIIème siècle ce fief est vendu par Joseph-Hector Comte de Brie, aux Poitevin. Il relevait de la commanderie de Villegats. L'ancien logis a totalement disparu. Il ne reste que deux portails jumeaux en plein-cintre avec cadran solaire et un portail plus ancien à chanfreins. (René-Alexandre de Culant, Marquis de Culant, Baron de Ciré épousa en 1710 Jeanne d'Aignières, Dame de la Goupillière à Villefagnan, dont Marie-Gabrielle qui épousa Joseph-Hector d'Auray, chev. sgr Comte de Brie).
En 1913 La Goupillère appartenait à Victor Surreaux, fut vendue après-guerre.


Le logis de Loubeau remonte au XVe ou XVIe ; Jean Poitevin, marié à Jeanne Préveraud, est seigneur de Loubeau. Un Poitevin fut maître de poste à Villefagnan.

La seigneurie de la Font appartenait aux Fradin jusqu'au milieu du XVIe siècle. Ayant appartenu aux Surreaux elle fut vendue aux Lattion puis aux Gasseling en 1972 ou 1973 (voir la page consacrée à la laiterie de Villefagnan).

Les Leytreux étaient seigneur de la Fournière au XVIIIe : un ancien logis.

 

31 janvier 1695
François Quanté, boucher à Villefagnan, achète un boeuf à René Gachet marchand de Lorigné.
Fut présent en personne François Quanté marchand boucher dit petit pré demeurant au bourg de Villefagnan, lequel de son bon, vouloir à obligé et hypothéqué tous et chacun ses biens présent et futurs et promis de bailler et payer dans le premier jeudi de carême prochain qui fera le dix-huitième du mois de février prochain, a René Gachet marchand demeurant au village de Bouligné paroisse de Lorigné pour le spirituel prix et comptant, la somme de vingt quatre livres dix sols et provenant pour cause de la vente et livraison d’un bœuf ce jourdh’ui vendu et livré par le dit Gachet au dit Quanté débiteur comme il reconnais être vrai et s’en contente et en quitte le dit Gachet .
Dont et consentement et requête du dit Quanté ; il en a été jugé et condanné par le notaire royal en angoumois soussigné étant au village de Jouhé étude du dit notaire après midi le dernier jour du mois de janvier mil six cent quatre vingt quinze et en présence de Pierre Faugeroux marchant boucher demeurant au dit Villefagnan et de Louis Audoyer (bassyer ) demeurant au dit village de la Jarge paroisse du dit Lorigné ,témoins requis qui ont avec les parties signé .
Gachet , Audoyer, Faugeroux, Quanté.
Ayrault notaire royal


1697 Dette entre Michel Pascaud et Pierre Quanté
Entre Michel Pascaud marchand demandeur par exploit de Robineau sergent du quatre du présent mois, contrôlé et vérifié à Villefagnan par Métayer et le six comparant par Decault son procureur d’une part.
Contre Pierre Quanté aussi marchand d’autre part, défaut du défendeur à faute de comparution et après que le demandeur en personne à juré et affirmé la somme de cinquante six sols restant à payer à cause de la vente d’un bœuf lui bien et justement dus et n’avoir rien reçu. Sur ce nous avons à la demande du défendeur, condamné de payer dans huitaine au dit demandeur la somme de cinquante six sols et une juille aux intérêts dus depuis l’interpellation jusqu'au parfait paiement et aussi aux dépenses liquidées a trois livres payables dans huitaine sans comprendre sept sols six deniers pour l’amende du défaut et les coûts et levée des présentes.
En cas d’appel sera notre présent jugement exécuté par saisi de biens et par corps nonobstant et sans préjudice sous la caution du dit Decault procureur du demandeur qui l'a volontairement cautionné pour la restitution de la somme qui est dit cy après et qui sera condamné le dit demandeur d’indemniser le dit Decault du dit cautionnage à peine de tous dépens dommage et intérêts.
Donné et fait en la cour de la ville et marquisat de Ruffec tenu au parquet du dit lieu par nous Jean Guillaud sieur de la Vergnée, juge lieutenant assesseur civil et criminel du dit Ruffec le vingt huit septembre mil six cent quatre vingt dix sept.
Mandons au premier sergent de la cour et céans sur ce requis de mettre ses présentes à exécutions.
Signé DELAMAISONEUVE commis greffier.


Maison hospitalière de l'Hopitau
Autrefois maison templière, elle est devenue après la chute de cet ordre, à l'instar de la commanderie de Villegats dont elle dépendait, une maison "hospitalière".

"La Commanderie de Lopiteau de Villetizon, membre de Villegats, consiste ce qui est dans la paroisse de Villefagnan :
  • 1 logis et plusieurs autres bâtiments et jardin.
  • 185 journaux de terre.
  • Il est dû à la dite commanderie : 72 boisseaux de froment, 8 mesures 5 boisseaux d'avoine, 24 livres 17 sols en argent.
Lire cette page concernant la commanderie de Villegats et ses revenus : http://gastronomeruffec.wifeo.com/commanderie-villegats-revenus-1790.php

 

Liste des maires de Villefagnan
 

  • 1800 - 1805 DERAZE René
  • 1806 - 1814 POITEVIN Gabriel
  • 1814 - 1865 POITEVIN Alexis Louis Gabriel
  • 1865 - 1876 JOUBERT Oscar
  • 1877 - 1882 BARILLIER Jean Philippe
  • 1882 - 1888 FEUILLET François Léon
  • 1888 - 1896 BROTHIER Claude Auguste
  • 1896 - 1917 BROTHIER Barthélémy Philippe Auguste Claude
  • 1917 - 1925 DEBENAY Henri
  • 1925 - 1947 FEUILLET Raoul François Camille Gaétan
  • 1947 - 1968 CHAURIAL Albert
  • 1968 - 1977 POURAGEAUD Guy
  • 1977 - 1983 LE GUEUT Henri Joseph Charles Marie
  • 1983 - 2010 SAULNIER Edgard
  • 2010 - PRÉVOST Christiane
 
12 juillet 1868
Le conseil municipal consulté sur la demande faite par la ville de Chef-Boutonne, concernant la création d’un marché aux bestiaux qui se tiendrait au chef-lieu de la commune le 4e samedi de chaque mois, sauf pour le mois de novembre où il aurait lieu le 23, ne voit aucun inconvénient à l’existence de ces nouveaux nouveaux marchés et y donne son approbation.
Après avoir voté la création d’une salle d’asile sur la demande faite par la Supérieure des Sœurs de l’Enfant-Jésus, toujours ce 12 juillet 1868, le conseil invite M. le Maire et l’autorise à faire construire le plus tôt possible, le plancher de la salle au dessus des halles de façon à ce que cette construction puisse être employée au logement d’une institutrice primaire et une salle d’école de filles, le conseil affecte à cette construction la somme de 2280fr provenant des fonds libres en caisse et portée à l’art. 7 du chapitre additionnel du budget de 1871, à titre de construction d’un plancher aux halles pour une école de filles.


En 1885, Villefagnan  voit démarrer le service des trains sur la ligne Ruffec-Niort. Cette opportunité va permettre de relancer l'élevage des mulets et des poulains.

L'affaire des trottoirs qui ne fait pas oublier la caricature de Ville Fagnouse

CG16 Août 1883
Route départementale n° 7.
Elargissement de la traverse de Villefagnan.
La dépense autorisée est de 27,000 fr.
11,000 fr. ont déjà été employés en 1882 et 1883, au moyen de crédits de pareille somme ouverts aux budgets de ces exercices. Un nouveau crédit de 10,000 fr. est proposé au budget de 1884, afin de permettre de régulariser la partie la plus défectueuse de la traverse et de donner suite aux promesses consenties, en réglant les indemnités fixées d'un commun accord.

CG16 1889
Séance du 20 Aout 1889.
Un voeu de M. de Champvallier relatif à la construction d'un aqueduc dans la traverse de Villefagnan, roule départementale n° 7.
Voeu est ainsi conçu :
Le soussigné sollicite du Conseil général le yole d'un crédit de 300 fr. pour la construction d'un aqueduc sous la route départementale n° 7, à la jonction du chemin de grande communication n° 9, dans la traverse de Villefagnan.
Par délibération en date du 10 février, le conseil municipal de Villefagnan a demandé la construction de cet aqueduc.
Par lettre du 14 mars 1889, l'agent-voyer faisant fonctions d'ingénieur ordinaire reconnaît que le cassis qu'il s'agit d'éviter par l'exécution de ce travail est, en effet, dangereux pour les chariots chargés, mais il ajoute qu'il n'y a pas de fonds disponibles pour travaux en régie.
Le 12 mai 1889, nouvelle délibération du conseil municipal de Villefagnan et réponse de M. l'agent-voyer, à la date du 9 juin, par laquelle il est dit que le crédit de 250 fr. alloué en 1889 pour travaux en régie permettra de faire face à cette construction ; mais, en attendant, rien ne se fait.

Dans cette situation et considérant que le Conseil général avait ouvert au budget rectificatif de 1889 un crédit de 3,000 francs pour la traverse de Villefagnan ; que ce crédit n'a pas été employé, la commune de Villefagnan n'ayant pu faire encore le montant de la dépense mise à sa charge pour la construction des caniveaux sur la roule départementale n° 7,
Le soussigné prie le Conseil général d'inscrire au budget de 1890 la somme de 300 fr. pour la construction d'un aqueduc dans la traverse de Villefagnan.

CG16 1890
Route départementale n° 7.
Construction de caniveaux et trottoirs dans la traverse de Villefagnan.
La route départementale n° 7 a été élargie dans la traverse de Villefagnan au moyen d'un rescindement de plusieurs immeubles en saillie qui ont été reconstruits à l'alignement ; il reste à y établir dos trottoirs avec caniveaux pavés.
Un projet de cette amélioration a été dressé ; il s'élève à 6,500 fr. et vous a été soumis en août 1889. Par délibération du 22 août, vous lui avez donné votre approbation, à condition que la commune contribuât à la dépense. Jusqu'à présent, et notamment le 10 février 1889, le conseil municipal de Villefagnan a refusé dé participer à cette dépense. Il n'y a donc momentanément aucune suite à donner à cette affaire.

CG16 1892
Route départementale n° 7, de Confolens à Melle.
Construction de caniveaux et trottoirs dans la traverse de Villefagnan.
La roule départementale n° 7 a été élargie dans la traverse de Villefagnan au moyen du rescindement de plusieurs immeubles en saillie qui ont été reconstruits à l'alignement, et il reste, pour compléter l'amélioration de cette traverse, à y établir des trottoirs avec caniveaux pavés.
Cette amélioration est demandée depuis longtemps par les intéressés et par la municipalité. Le projet, montant à la somme de 6,000 fr., y compris 760 fr. 98 c. de somme à valoir, a été soumis au Conseil général, qui l'a approuvé dans sa session d'aoûl 1888 et a voté en sa faveur une somme de 3,000 fr., à condition que la commune de Villefagnan contribuerait à la dépense pour une somme de 3,000 fr. ; celle commune ayant déclaré, par délibérations de son conseil municipal en date des 23 décembre 1888 et 10 février 1889, qu'elle n'était pas en mesure de voter celle somme, l'exécution de ce projet a dû être ajournée.

Mais, revenant sur ses premières décisions, le conseil municipal de Villefagnan, dans sa séance du 12 juin dernier, a voté une subvention de 2,500 fr., en faisant remarquer que l'adjudication entraînerait certainement un rabais qui réduirait la dépense, et que, par suite, en laissant le département profiter de l'ensemble du rabais, la somme ferme de 2,500 fr. constituerait très sensiblement la moitié de la dépense que l'on demandait à la commune de prendre à sa charge. Ces observations nous paraissent très justes, et considérant que la commune a, en somme, satisfait à la demande du Conseil général, nous avons demandé, par notre projet de budget de 1893, l'allocation d'un crédit permettant d'entreprendre les travaux.

CG16 1893
Route départementale n° 7.
Construction de caniveaux et trottoirs dans la traverse de Villefagnan.
L'exécution du projet, qui à été approuvé par vous dans la session d'août 1888, s'est trouvée retardée par suite de l'impossibilité du conseil municipal de voter là moitié de la dépense, fixée d'abord à 6,000 fr. en total.
Deux propriétaires ayant fait établir à leurs frais des trottoirs devant leurs immeubles, le projet ne s'élève plus maintenant qu'à 5,000 fr.
Le conseil municipal de Villefagnan ayant voté la réalisation d'une somme de 2,500 fr. à titre d'emprunt, il y a lieu de poursuivre l'exécution d'un projet dont l'urgence a été reconnue depuis plusieurs années ; en conséquence, j'ai inscrit au budget de 1894 un crédit de 500 fr. à titre d'acompte sur le contingent départemental, afin de permettre l'adjudication.

Budget soldé en 1895 par le CG16. Quoique...

 
En 1888 nait la boulangerie coopérative de Villefagnan : cliquer !

En 1906, Claude Brothier, maire et président du comice agricole, crée la laiterie coopérative.


Les artisans commerçants et professions libérales en 1898
Hôtels
  • Médéric Penot, Gédéon Coyteux
Aubergistes cabaretiers
  • Audouard, Gédéon Coyteux, Fromentin, Jean Faure, François Flaud
Bouchers
  • Gustave Pourageaud, Bernard
Boulangers
  • Pierre Ferrand, Jean Rangeard, Arthur Rouhaud
Boulangerie coopérative
  • Président : Isaac Rousseau ; boulanger, Louis Audier
Bestiaux (courtiers)
  • Henri Laborde, Jean-Isidore Falud, Emile (gendre de Thorin), Jean Sarzet fils, Henri Chenu, Cornut, André Baud, Eugène Delouche, Jean-Ravaud Ferrand, Jean-Ledoux Fétis, André Hilairet Pourageaud, André Turcat, Jean-Suire Violet.
Bois de sciage
  • Louis Tribot
Bourrellier
  • Jean Arnaud, Alphonse Ballet
Bureaux de tabac
  • Léon Auboin, Pierre Mesnard
CafetiersMédecins
Léon Feuillet, Claude Brothier
  • Madame Penot, Adolphe Penot, Fr. Grangeaud, Pierre Mesnard
Chapelier en détail
  • Victor Lantourne
Charrons
  • Clément Brothier, Gustave Ballet
Charpentiers-menuisiers
  • François Dempuré, Henri Boutin
Charcutier
  • Simon Faure
Cordonniers
  • Henri fils Joly, Pierre ardouin, Pierre Giberteau, Jean Maranda
Cordier
  • Jules Cornut
Entrepreneurs travaux publics
  • Henri Boutin, entrepreneur d'éclairage, Vincent Lapeyre
Epiciers et merciers
  • Pierre-Bernardin Ardouin, Célestin Chauriat (la femme), Pierre Dougnac, Léonor Richard, Pierre-Cartron Pourageaud, Pierre Ménard, Henri Debenay
Fabricant de chaux
  • Jean Fétis, Ledoux
Ferblantiers Lampistes
  • Patry aîné, Pierre Herbert
Maréchal-ferrant
  • François Grangeaud
Machines à battre les grains (exploitants)
  • Jean Bigot (fils), Pierre Couturier Flaud, Pierre Bernard
Marchands d'étoffes
  • Léonard Richard, Alexandre Hays, Gédéon Roy (veuve)
Marchands de grains
  • Adolphe Cornut, André Cornut
Marchands de marée
  • Baudelet (veuve), Auguste Porchet
Marchand drapier
  • Hays fils
Maçons (maîtres)
  • François Flaud, René Mesnard René, Simon Raynaud, Audouard
Meuniers
  • François Baud, Joseph Baud (la loge)
Moulin à huile (exploitant)
  • Duboux, Jean-Avril Chevreau
Marchands de mules
  • Pierre Béguier, Aimé Delouche, Eugène Delouche, Joseph Mangon, François Delouche fils de François
Peintres
Louis Coyteux, Emile Rouhaud

Perruquiers
  • Martin, Joseph Jolly, Lantourne
Pharmacien
Edouard Maingaud

Quincaillier
  • Louis Tribot

Sabotiers
  • Pierre Herbert, Jean Lamy

Serruriers
Moreau, René Gratraud

Marchands de vin
  • Louis Guichard, Charles Dempuré, Louis Rivière

Loueur de voitures
  • Médéric Penot
Voiturier
  • Pierre Coutant


ARTHUR AMIAUD.
Nous trouvons dans une Revue étrangère, Zeitschrift für Assyriologie, numéro du 31 juillet 1889, publiée par M. Bezold, une notice nécrologique sur notre regretté compatriote M. Arthur Amiaud, qui montre bien en quelle haute estime on tenait le jeune et savant professeur non seulement en France, mais aussi à l'étranger, et nous sommes heureux de la reproduire :
«La mort vient de nous enlever notre très estimé collaborateur Arthur Amiaud, le 22 mai de cette année (1889), vers huit heures et demie du matin. Elle a surpris, dans toute son activité et dans la force de l'âge, un homme que tous, sans exception, connaissaient et appréciaient comme l'un des plus remarquables assyriologues, l'un des plus heureux et des plus perspicaces déchiffreurs.
Arthur Amiaud naquit le 28 janvier 1849, à Villefagnan, département de la Charente. Après avoir achevé ses humanités, suivi à Poitiers des cours de droit et obtenu le grade de licencié en droit, il se voua exclusivement aux travaux philologiques dans le champ des langues sémitiques. Il s'occupa spécialement de littérature araméenne et, avec l'initiation de M. Oppert, d'assyrien, de babylonien.
De ses talents en araméen, l'ouvrage sur saint Alexis, publié huit jours seulement avant sa mort, en fait foi. Il en fut de même pour l'assyrien, et il écrivit une série d'articles d'étendue variée, dont plusieurs font l'ornement de cette Revue.
Les plus anciennes inscriptions babyloniennes fixèrent son attention dès le début de sa carrière scientifique. Dans la suite, quand les fouilles de l'expédition française en Babylonie eurent livré au Louvre leurs magnifiques découvertes, ce fut Amiaud qui leur consacra les travaux les plus consciencieux.
Le déchiffrement de presque toutes les inscriptions contenues dans le 2e volume de la nouvelle série des Records of the Past et surtout le Tableau comparé des écritures babyloniennes et assyriennes qu'Amiaud publia, en collaboration avec son élève Méchineau, accusent quel soin infatigable il apportait au labeur du déchiffrement, et avec quelle perspicacité et quel succès il en venait à bout.
Il est à regretter que plusieurs de ses études sur la grammaire et la lexicographie assyriennes soient demeurées inédites. Plusieurs notes, éparses çà et là dans ses écrits, indiquent que dans ce domaine ses connaissances n'étaient pas moins précieuses.

«Toutes les remarques de notre remarquable confrère de Paris, écrivait récemment M. Haupt, doivent être lues non seulement une fois, mais relues dix fois.»
Amiaud a été occupé pendant quelque temps à la Faculté des lettres d'Alger ; il se fixa ensuite à Paris, où il devint maitre de conférences à l'École des hautes études, puis, en 1888, directeur adjoint. Il était officier d'académie.
Ses élèves, et, en particulier, Méchineau, Loisy, Scheil, vantent unanimement la bienveillance, l'amabilité de leur regretté maitre, son respect très grand des savants anciens, sa modestie, son indulgence envers tous. Puissent-ils, en souvenir de lui, marcher sur ses traces, à l'honneur de l'Assyriologie !

Extrait de l'Observateur de Ruffec du 27 octobre 1889.


AMIAUD
Amiaud, originaire de Saint-Amand de Boixe, époux de Dlle Réveillaud, dédédé en 1808 à 68 ans, eut au moins deux fils:
C. Jean Amiaud officier fit campagne en 1792, mort à Aigre sans enfants en 1858.
D. Jacques Amiaud de Villejésus époux de Dlle Bouniceau de St Amand, maire, chevalier de la Légion d’Honneur, +1868 a fait les campagnes de Hollande, secrétaire de Dugommier né en 1771 mort en 1868, père de deux enfants:
- Eulalie Amiaud 1810-1840 épouse de Léon Marchadier.
- Félix Amiaud 1812-1895 ancien notaire, père de Arthur Amiaud (janvier 1846-1889) qui épousa Dlle Labbé dont trois enfants, et Albert Amiaud (°janvier 1840) époux de Dlle? père de trois enfants. Marie Georges.
Académie de législation
Année 1928-1929, par M. J. Declareuil, secrétaire perpétuel.
Le 7 décembre 1928, un de nos plus anciens correspondants, M. Albert Amiaud, terminait à l'âge de quatre-vingt-huit ans une vie qu'il avait su décorer de hautes vertus sociales et remplir de labeurs fructueux.
Né à Villefagnan (Charente) le 21 janvier 1840, élève de la Faculté de droit de Poitiers, il débuta par le notariat où il conquit une place importante et la présidence de la Chambre des notaires de la Charente.
En 1875, il devint juge de paix de Ruffec, puis fut appelé par M. Dufaure dans les services du Ministère de la Justice qu'il ne quitta qu'en 1905 alors que, chef de division, il prit sa retraite et reçut, à titre de compensation, la présidence du Tribunal de simple police de Paris qu'il exerça jusqu'en 1919, dans sa quatre-vingtième année.
Au cours de cette existence si active, il ne cessa de publier dans des revues et des journaux s'intéressant à la profession notariale, car il n'oublia jamais ses premières fonctions et travailla sans relâche à la prospérité et à l'avenir de la corporation. Je citerai parmi ses ouvrages les plus connus : Le Notarial en Russie et en Espagne ; - Le tarif général et raisonné des notaires, à l'établissement duquel il avait amplement travaillé ; - un Aperçu de l'état actuel des législations civiles de l'Europe et de l'Amérique, dont une seconde édition fut publiée avec la collaboration de son fils, M. le conseiller Georges Amiaud ; - un Manuel-Formulaire des aspirants au notariat et de la préparation aux examens, en collaboration avec M. Jules François ; j'en passe. Mais son ouvrage classique, Traité formulaire du Notariat, considérable en valeur et étendue consacra sa notoriété quasi européenne et atteint à l'heure actuelle sa septième édition.
M. Amiaud était membre de l'Académie notariale de Madrid, de la Société de législation comparée et de bien d'autres Sociétés savantes.
Messieurs, je n'ose plus renouveler le vœu, si souvent émis en des séances pareilles, de n'avoir, pour l'année qui nous reprendra dans quatre mois, à prononcer aucune nénie. L'expérience nous en a montré trop impérieusement l'inanité. Les Parques sont sourdes ; ni nos désirs, ni nos espoirs ne les émeuvent.
Aurais-je plus de chances, en me tournant vers la région des vivants et en criant la grande pitié des Académies et des corps savants de France, d'atteindre des oreilles et des cœurs moins insensibles et d'éveiller la générosité, encore somnolente, d'un Mécène inconnu. Le rôle des Compagnies, comme la vôtre, n'aura toute son ampleur, ne manifestera sa bienfaisance, son utilité régionale et nationale que si elles sont suffisamment dotées. Tous moyens d'enseignement et de propagande intellectuelle coûtent cher, plus cher, que jamais. Il ne faut jamais désespérer. Tant de choses dorment, dit-on, sur les genoux des dieux; mais rien ne laisse prévoir, hélas ! qu'elles sortent très vite d'une si décevante léthargie !

 

Un coup de main = un coup de charrue
L’Observateur de Ruffec du dimanche 3 février 1889
La commune de Villefagnan a été récemment le théâtre d’une manifestation sympathique que nous croyons dans tous les cas assez originale pour mériter les honneurs de la publicité. Voici le fait :
Il y a quelques jours, M. Auguste Brothier, le digne maire de ce chef-lieu de canton, devenait acquéreur, à la barre du tribunal de Ruffec, de la propriété de Fontégrive, commune de Villefagnan, comprise dans les legs faits par Mme veuve Poitevin aux départements de la Charente et de la Vienne.
Depuis quatre ans environ, les terres labourables de ce domaine n’avaient pas été levées, et il en résultait un travail relativement considérable, surtout à cette époque de l’année, pour le colon de M. Brothier.
Or, le 24 janvier, jour de foire à Villefagnan, les travailleurs se donnaient le mot, et samedi dernier, les voyageurs circulant sur le chemin de fer de l’Etat pouvaient se demander avec raison quel spectacle étrange s’offrait à leurs yeux.
En effet, dans une propriété située à 400 mètres environ de la gare de Villefagnan et bordée par la ligne ferrée, régnait une animation extraordinaire ; on eut dit qu’une petite armée occupait le pays. Le drapeau tricolore flottait sur les bâtiments de la ferme, et dans une pièce de terre de près de huit hectares d’un seul tenant, se croisaient quarante attelages de deux chevaux ou de bœufs conduisant des charrues tenues par les mains exercées de laboureurs rivalisant d’entrain et parmi lesquels on remarquait l’admirable adjoint, M. Mangon, et la plupart des conseillers municipaux. Ils étaient 11 sur 15 ; les quatre autres, empêchés, avaient envoyé leurs domestiques ou colons.
De dix heures du matin à quatre heures du soir, le travail ne fut interrompu que pendant quelques instants, vers 2 heures, pour faire honneur à une collation offerte par M. et Mme Brothier. Ceux-ci, tout émus, avaient peine à répondre aux témoignages affectueux de ces honnêtes travailleurs qui, sous une écorce un peu rude, cachent un bon cœur, lequel leur avait suggéré un moyen délicat de témoigner leur reconnaissance envers un homme qui a toujours été le loyal défenseur de leurs droits et de leurs intérêts.
A quatre heures, le labourage était terminé, et chaque attelage regagnait sa demeure.
Insister sur la manifestation si spontanée et si sympathique dont la famille Brothier a été l’objet ne pourrait que l’amoindrir ; elle comporte plus d’un enseignement pour tous ceux qui s’efforcent d’obtenir, par des petits moyens, une popularité qui n’est durable qu’en ayant pour base l’honnêteté et la justice.


CG16 28 août 1890
Voeu de M. Auguste Brothier.
Le rapporteur fait connaître que la commission de l'intérieur a été saisie du voeu suivant de M. Brothier :
«Le soussigné a l'honneur de prier le Conseil général de vouloir bien augmenter de 200 fr. le crédit ouvert à l'article 5 du sous-chapitre XV (subventions aux communes pour écoles maternelles et classes enfantines), afin de permettre à la Commission départementale d'allouer une subvention d'égale somme en faveur de l'école maternelle privée de Villefagnan, qui existe depuis plus de quarante ans, reçoit les deux tiers des enfants de la commune et ne jouit d'aucun secours sur les fonds communaux.»
M. le rapporteur expose au Conseil que la commission de l'intérieur, tout en se déclarant très sympathique à la demande de M. Auguste Brolhier, n'a pas jugé à propos d'émettre un vote de crédit, qui lierait les mains de la Commission départementale, dont les attributions comprennent la répartition des subventions en question.

La commission propose donc de renvoyer purement et simplement cette demande à la Commission départementale, qui examinera s'il est possible de faire participer cette commune à la répartition du crédit concernant les écoles maternelles.
A. Darnal fait observer que si, la commune de Villefagnan doit prendre part à la répartition du crédit, la part des autres établissements sera diminuée d'autant, puisque le crédit est fixe et qu'il est distribué en entier chaque année. Il ajoute que ces établissements, en général, disposent de ressources insuffisantes et qu'il serait regrettable de restreindre les allocations, déjà très modiques, qu'ils reçoivent du département. Dans ces conditions, il considère qu'il serait préférable d'augmenter
le crédit d'une somme de 200 fr., qui serait ensuite allouée à la commune de Villefagnan.
M. Sazerac de Forge, rapporteur, déclare que la commission avait bien songé à cette solution, mais qu'elle n'a pas voulu augmenter un crédit général en vue d'une allocation spéciale et particulière.
M. Darnal dit qu'il n'insiste nullement sur la solution qu'il a cru devoir indiquer ; il ajoute qu'il n'y a songé que parce que, dans une autre session, sur la proposition de M. Gellibert des Seguins, le Conseil a augmenté exceptionnellement le crédit en faveur de la commune d'Edon, et que la demande de la commune de Villefagnan se présente absolument dans les mêmes conditions, que celle de la commune d'Edon.
M. d'Hémery appuie le renvoi pur et simple à la Commission départementale, qui verra ce qu'il convient de faire en présence de la demande de la commune de Villefagnan.
M. le Rapporteur constate que ce sont précisément les conclusions que propose la commission de l'intérieur.
M. le Président met aux voix les conclusions de la commission.
Elles sont adoptées.













A noter que le défunt perdit son épouse en 1895 :


Election de Claude Brothier qui succède à son père.

Claude Brothier mérite une stèle, où une rue à son nom, à Villefagnan. En effet, c'est lui qui inventa la Naphtolette et la Charentaise, institua le Crédit Agricole de Villefagnan, la laiterie coopérative. Il soutint l'agriculture, les comices agricoles, la coopération et le progrès : éclairage public, électricité à Villefagnan avortée faute de soutien du Préfet, etc. C'était un fou de travail et un médecin reconnu. Il serait maire jusqu'en 1917...





 

Journal LA CROIX
17 septembre 1901
M. Monts dans la Charente
Dimanche, le garde des Sceaux a assisté à un banquet de 500 couverts à Villefagnan. Les sénateurs Lacombe et Girard, le député Limouzin y assistaient ainsi que le préfet et le sous-préfet. M. Monts a prononcé un discours essayant de justifier l'attitude du ministère actuel.


Les noces d'autrefois
Lé noces d'aute fé (parler de Villefagnan)
D'aute fé, les noces dans les villaghes étiant l'oucasion peur les jhénes, de fère la fête pendant troès jhours. La cérémounie étant d'coutume in sam'di, les z'invités arriviant à la maison d'ia mariée le venderdi au tantout - ou bin thieuques cots peur déjhuner - peur jhenser «la chapelle».
«Fère la chapelle», o v'lait dire, enlever les arentèles, douner in cot' d'balé dans la pllace là vour qu'o y'avait les repâs et enjholiver les murs envec daus bâlins, bllancs d'lessive, envec daus flleurs et daus guirlandes. Les tablles étiant ranghées en fers a ch'vaux et thielle-là dau fond, tablle d'houneur, était peur la pllace daus mariés et les drôles et drôlêsses d'houneur.
Su l'drap, les flleuristes metiant daus flleurs thi fasiant les initiales aux noms des mariés.
A thielle tablle o y'avait étou les pères et mères des époux.
Tout thieu o durait jusqu'au moument dau soupé, et o chantait et o rigolait à n'en pus fini.
L' sam'di au matin, les invités arriviant. O n'n'avait à daus cots, mé d'une centaine.
Les musiciens étiant là zeu étou et au son d'la cllarinette et dau piston - à daus fés, un violon - le cortèghe s'mettait en branle, en direction d'ia mairerie et l'égllise.
Amprès la cérémounie, ol'tait teurjhou l'tour daus bistrots peur l'apéro et amprès la foto d'usaghe su la pllace.
Thielle opération terminée, rassemb'llement, et r'tour d'ia noce, la mariée au bras d'soun époux.
L'déjhuné durait jhusqu'au sèr, amprès qu'les chanteurs et raconteurs aviant usé leu répertouère, et tard dans la seurée, amprès qu'les invités et maîtres d'méson étiant partis doûné à mangher aux bêtiaires, tout l'monde se r'mettait à tablle jusqu'au mitant d'ia neut et o finissait envec le bal sous l'parqué, montu dans la cour. 0l est à thiau moument qu'les mariés s'arachiant d'là peur ête tranquilles.
A la pointe dau jhour les jhènes ghens partiant à leu recherche peur leu porter la soupe à l'ognon, envec la godaille, dans n'in pot d'chambre (tout neu bin sûr !).
Tout thieu s'fasait en chantant, mé o fasait pas teurjhou rire la mariée, thi s'saquait sous ses bâlins.
Le lendemain, dimanche, toute thielle jheunesse était t'invitée à v'ni fini les rastes et à monter l'bouthié. Un biâ bouthié était don montu au faitaghe d'la méson peur in gâs qu'avait pas l'veurtighe.
Au mitan daus flleurs l'aviant attaché in ou deux ous de ghigot d'oueille et ine bouteille de vin roughe.
Amprès qu'thielle mise en pllace était tarminée, l'garson d'houneur aportait au marié un fusill chargé de deux cartouches, peur que l'tire su la bouteille peur la câsser. O v'iait dire que si le la ratait, l'avait pas fait son devouër conjhugal.
A teu les cots thiés cartouches aviant été vidées daus pions qu'ol avait d'dans, et l'pauv' gâs qu'était pas au courant d'l'affaire r'cevait les moqueries de toute l'assistance. Mé o y'avait daus malins qu'aviant soin d'mette dans la poche d'ieu veston deux cartouches bin chargées que l'se dépêchiant d'mette à la pllace daus autres et coume thieu, dau peurmié cot de fusill' l'fasait voler l'fllacon en écllat au mitant daus bravo d'l'assembllée. L'houneur été sauf.
Amprès thiette cérémounie chaque-t'in s'en allait amprès aver félicité les mariés et r'marcier les parents peur leu bon' accueil durant thiés troës jhours.
Nestor Biroulâ (Jean Dumoussau)

Extrait du Subiet, juillet-août 1994.
 



Les artisans commerçants et professions libérales en 1906

Villefagnan : 1.404 hab. foires le 4 de chaque mois, sauf février où elle se tient le 20 et décembre le 23, foires de mules le 2e lundi de Carême, le lundi avant les Rameaux, le 11 janvier, le 20 février, le 6 août. marché le vendredi, fête patronale le 24 juin. Maire : Dr Brothier ; juge de paix : Baudouin (F.) ; huissier : Poinset ; notaires Lamigeon, Maillard ; banquier, Fragnaud.

Bouchers
  • Pourageaud, Bernard
Boulangers
  • Lavaud, Rangeard, Rouhaud, boulangerie coopérative
Bois de sciage
  • Louis Tribot
Bourrellier
  • Gardet
Cafetiers
  • Flaud (Vve), Penot, Mesnard, Aubouin, Berlaud
Chapeliers
  • Jolly et Lantourne
Charrons
  • Brothier, Ballet
Coiffeurs
  • Jolly, Lantourne et Martin
Drapiers
  • Gautron et Godiet
Epiciers
  • Ardouin, Baudelet, Chaurial, Debenay, Mesnard
Grains en gros
  • Adolphe Cornut, André Cornut
Hôtels
  • Berlaud, Flaud (Vve), Sentier
Maçons
  • Flaud, Mesnard, Raynaud

Menuisiers
  • Baudelet, Godiet, Martin, Sorin
Maréchal-ferrant
  • Grangeaud, Meillat
Médecins
  • Léon Feuillet, Claude Brothier
Modistes
  • Mlle Flaud, Mme Jolly
Marchands de mules
  • E. Béguier, G. Béguier, E. Delouche, Mangon
Pharmacien
  • Chapeau
Platriers-peintres
  • Coyteux, Flaud, Ch. Rouhaud
Quincaillier
  • Tribot
Sabotiers
  • Herbert, Lamy
Sage-femme
  • Mme Suire
Serruriers
  • Gratraud A., Gratraud H., Moreau
Vins
  • Dempuré, Fraysse , Guichard et Sauton, Jolly

Logis
  • Cantinolière : Surreaux
  • Sonneville : Comte de Lestang d'Hust.

Villefagnan
Un centenaire (article du Journal de Ruffec ed. du dimanche 2 avril 1911)
M. Pierre Boucherie, capitaine d’Infanterie en retraite, habitant Villefagnan, a eu cent ans jeudi dernier. Il prit part aux guerres d’Italie, de Crimée et d’Allemagne. Le bon vieillard, dont le passé fut tout d’honneur, et qui sut toujours se faire estimer de ceux qui le connaissaient, est encore très alerte et de temps en temps, il va se promener dans une petite propretés qu’il possède aux environs de Villefagnan. Il signe parfaitement le certificat de vie qui lui sert à toucher sa pension et il espère que celle-ci lui sera servie encore longtemps.
Son fils, commis principal des postes, habitant Paris, le centenaire est soigné par les époux Penot, âgés eux-mêmes de 85 et 80 ans.

 

Le conseil municipal de Villefagnan est allé présenter ses félicitations à M. Boucherie et lui a offert une médaille.
M. le docteur Brothier, se faisant l’interprète de ses collègues du conseil municipal, a prononcé l’allocution suivante :
Monsieur le capitaine Boucherie,
Les fonctions de maire, parfois si pénibles à remplir, ont heureusement d’agréables compensations, et je suis fier d’être en ce moment à la tête de la municipalité pour avoir l’honneur de vous apporter, au nom du Conseil municipal et des habitants de la commune, nos félicitations à l’occasion de votre centième année.
J’en suis d’autant plus heureux que les cordiales relations qui ont toujours existé entre votre famille et la mienne me permettent d’ajouter mes vœux personnels, biens sincères, aux vœux officiels que je suis chargé de vous apporter.
Nous avons voulu vous offrir un souvenir de cette journée. Nous avons pensé, en choisissant une médailles sur la quelle se trouve reproduite l’image de la Patrie, que le vieux soldat qui a tant de fois exposé sa vie pour la défendre, qui sur les champs de bataille d’Afrique, de Crimée, et d’Italie a fait preuve de la véritable valeur militaire, qui, à soixante ans, aux heures tristes de notre histoire, n’a pas hésité à reprendre du service pour lutter contre l’envahisseur, nous avons pensé, dis-je, que ce vaillant officier serait heureux de mettre à côté de l’étoile des braves que lui a méritée son courage, cette modeste médaille qui personnifie notre France bien-aimée.
La régularité de votre vie, à laquelle vous devez une si verte vieillesse, nous permet d’espérer que nous pourrons vous souhaiter encore de nombreux anniversaires, et nous serons heureux de saluer pendant bien des années le vétéran de la commune, à qui nous devons la conservation de cette lucidité d’intelligence qui fait notre admiration.


C’est avec joie que nous nous associons aux paroles de M. le maire de Villefagnan et c’est avec enthousiasme que nous saluions ce vétéran des guerres passées qui a su résister aux balles de l’ennemi et aux attaques meurtrières du temps plus terribles que les balles.
Honneur au centenaire de Villefagnan !
Que Dieu lui accorde encore de longues années de vie afin qu’il continue à servir d’exemple vivant aux générations actuelles qui oublient trop volontiers les leçons du passé et qu’il soit, pour nous, longtemps encore, celui que nous considérons avec fierté comme le modèle de l’honneur, de vaillance et de dévouement à la patrie et à la France !

Villefagnan
Mort d’un centenaire (article du Journal de Ruffec ed. du dimanche 17 janvier 1912)
M. Pierre Boucherie, capitaine d’infanterie en retraite, est mort à Villefagnan le 31 décembre dernier (31 décembre 1911). Il aurait eu 101 ans le 30 mars prochain.
Il prit part aux guerres d’Italie, de Crimée et d’Allemagne.
Le bon vieillard, dont le passé fut tout d’honneur, et qui sut toujours se faire estimer de ceux qui le connaissaient, est encore très alerte et de temps en temps, il va se promener dans une petite propretés qu’il possède aux environs de Villefagnan. Il signait parfaitement le certificat de vie qui lui servait à toucher sa pension.
Nous prions sa famille d’accepter nos respectueuses condoléances.
Le capitaine Pierre Boucherie, est né le 30 mars 1811. Il est décédé le 31 décembre 1911 au village de La Fournière chez François Boucherie cultivateur âgé de 44 ans et Rose Joubert 34 ans. Il était chevalier de la légion d'honneur. La plaquette de vermeil que la commune lui avait offert pour ses cent ans avait coûté 50 francs.






C'était en 1951, à Villefagnan ci-dessus et à Fontenay-le-Comte ci-dessous.
Voir la page spéciale musique...



Stade municipal : aujourd'hui stade André Pourageaud.






 

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