Sapeurs-pompiers de Villefagnan : l'aube

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1872-1948 1948-1996
1996-20.. AMICALE POMPIERS VILLEFAGNAN

 

"Les pompiers de Villefagnan... O s'est pas fait en trois ans !"

De 1872 à 1948 avec le même matériel...
 
Nos sapeurs-pompiers appartiennent aujourd'hui à un centre d'incendie et de secours (CIS) aux ordres du Lieutenant Patrick Gastard, relevant de la compagnie de Ruffec commandée par le capitaine Philippe Ferron, laquelle regroupe les centres de secours de Ruffec, Champagne-Mouton, Mansle et Aigre.  Mais il y eut avant, trois étapes :
  • 1872 pour l'achat d'une pompe à bras et de matériel incendie;
  • 1925 avec la création d'une «subdivision de sapeurs-pompiers»;
  • 1948 avec l'institution d'un centre de secours.
Puis vint l'intercommunalité et la départementalisation. D'où 4 pages consacrées à leur histoire de nos sauveteurs. Et ce n'est pas fini puisqu'il semble en 2015, une nouvelle fois, que certains aimeraient voir disparaitre ce vaillant centre de secours... Achhh !
 

 
Les sapeurs-pompiers, issus de l’obligation faite aux communes en 1790 de lutter contre les incendies, les fléaux calamiteux et les accidents, y répondent par une organisation spontanée de citoyens engagés.

Soyons clairs, avant l'arrivée d'une pompe à bras à Villefagnan pour combattre les incendies, il existait une pompe à incendie fixe (était-elle installée sur le puits du champ de foire, celui des halles ou ailleurs ? Affaire à creuser.) En tout cas, le 16 août 1870, le conseil municipal vote une somme de 50 fr à la disposition du maire pour faire entretenir régulièrement cette pompe à incendie par des ouvriers.


Quelques généralités : histoire des tuyaux, des sacs, des pompes à bras, d'un clic !


Liste des abréviations chères à nos supers-sapeurs-pompiers : cliquer !
C'est sainte Barbe la patronne, même si en Charente, certains ont coutume de dire : "Ce sont les patrons qui commandent, mais ce sont les ouvriers les maîtres".
  • Sainte Barbe est la patronne des pompiers, mathématiciens, artificiers, artilleurs, architectes, fondeurs, salpétriers, peaussiers, brasseurs, armuriers, chapeliers, couvreurs, maçons, mineurs, charpentiers.
  • Sainte Barbe se fête, le 4 décembre, c'est une journée de cohésion.

Le secours incendie à Villefagnan

Une longue histoire
L'histoire du corps de sapeurs-pompiers communal de Villefagnan débute en séance du conseil municipal le 20 mars 1872.
La commune dispose d'une somme de 1.100,20 fr fruit d'une souscription pour le comité de libération (suite à la guerre contre l'Allemagne 1870-1871) et non utilisée. "Si les souscripteurs acceptent, cette somme pourra permettre l'achat d'une pompe contre les incendies."

La commune accepte de prendre la charge de cette compagnie de pompiers et de verser pour 1872 la somme de 500 fr.

Le 15 août 1872 le maire Oscar Joubert est autorisé à recevoir la somme destinée à l'achat de la pompe. La liste des souscripteurs est à établir, elle sera approuvée par le Préfet.


La pompe et ses accessoires sont vendues par la Maison E. Darasse à Paris. La pompe à bras est un  modèle de type courant utilisé de 1811 à 1950. La Maison Darasse disposait de plusieurs modèles de capacités différentes.
 

Plaque apposée sur la pompe. Ne figure pas le modèle : n°1 ou 2 ou 3...

Cette pompe, foulante uniquement, est tirée à bras d’homme dans les rues du bourg ou attelée à un cheval pour se déplacer à l'extérieur.
Quatre gaillards l’actionnent. Deux pistons mus alternativement foulent l’eau dans les tuyaux de cuir et de chanvre.
Cette pompe n'aspire pas l'eau salvatrice : il faut donc approvisionner le réceptacle de cuivre à l'aide de seaux (le mieux étaient d'accrocher sur la pompe des seaux en toile, légers, et disponibles à coup sûr - comme sur la photo ci-dessous).
Une chaîne humaine s’organise pour porter ces seaux d’eau (en toile) à déverser dans son bac de cuivre. Les hommes portent les seaux pleins, les femmes et parfois les enfants retournent les seaux vides.

 

Elle sera livrée avec un manuel d'emploi du genre de celui qui suit.
Pompe foulante.
Pour mettre en jeu la pompe foulante, la bâche étant remplie d'eau, les travailleurs font descendre et monter les pistons dans les cylindres en abaissant et en élevant successivement les extrémités du balancier.
Lorsqu'un des pistons monte, il y a raréfaction d'air entre sa base inférieure et la culasse ; l'air extérieur étant alors plus dense, presse sur l'eau contenue dans la bâche, l'oblige à soulever le clapet et à s'introduire dans le cylindre, jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli ; les forces étant devenues égales, le clapet retombe, le piston en descendant presse sur l'eau qui, trouvant l'ouverture fermée, est forcée d'entrer dans le récipient en passant par le conduit latéral dont elle soulève le clapet. Le même effort a lieu par le mouvement de l'autre piston, de sorte que l'eau de la bâche [réceptacle en cuivre] entre dans l'un des cylindres au moment où elle est refoulée de l'autre cylindre dans le récipient. Ces deux mouvements se suivant pendant la manœuvre, l'eau arrive dans le récipient d'une manière continue. Quoique le jeu des pistons soit successif, le jet n'en aurait pas moins une intermittence très sensible sans l'emploi du récipient.
L'eau arrivant dans le récipient par le conduit latéral, en sort sans s'élever, lorsque son évacuation se fait librement ; soit par exemple par les demi-garnitures sans lance : mais lorsqu'elle est forcée de sortir par un passage réduit à 15 millimètres de diamètre, elle éprouve une difficulté qui fait élever son niveau dans le récipient, ou l'air plus léger que l'eau gagne la partie supérieure en se comprimant, mais sans aucune perte sensible. Cet air devient une espèce de matelas élastique qui régularise la sortie de l'eau, en restituant au jet, au moment où les intermittences auraient lieu, la force qu'il a emmagasinée dans les moments où la compression était plus forte : le récipient est ainsi comme le volant d'une pompe.
En mettant huit hommes pour manœuvrer, on atteint une élévation de 30 à 32 mètres avec un orifice de 15 millimètres. La compression de l'air dans le récipient, pendant la manœuvre est considérable, et beaucoup plus grande qu'on ne croirait à la vue du jet qui en est le résultat : c'est que l'eau doit vaincre d'abord la résistance due à son frottement le long des demi-garnitures, puis celle de l'air qui ne tarde pas à la diviser, comme cela se voit aisément, surtout quand l'air est agité.
La projection de l'eau est due à la vitesse qu'elle est forcée de prendre au passage de l'orifice. Cette vitesse est avec celle des pistons dans le rapport des surfaces respectives ; or, l'orifice ayant 15 millimètres de diamètre et le piston 125, le rapport est environ comme 1 est à 70. Ainsi, si l'on suppose 90 coups de piston à la minute, la vitesse du jet au passage de l'orifice sera d'environ 1575 mètres dans le même espace de temps. L'utilité du récipient devient très sensible lorsque, par une cause quelconque, une fuite d'air se déclarant il se remplit d'eau ; alors la pompe agit exactement comme s'il n'y avait pas de récipient, c'est-à-dire avec une intermittence de jet qui fait qu'une portion de l'eau seulement parvient au point qu'on veut atteindre quand il est à une certaine distance.

 
L'école de la pompe est divisée en six leçons :
  • la première comprend les mouvements de la pompe sur son chariot ;
  • la deuxième, l'exercice en cinq temps et la manière de mouvoir la pompe lorsqu'elle est à terre ;
  • la troisième, l'établissement et la manœuvre de la pompe ;
  • la quatrième, les principes pour mettre la pompe en état d'être rechargée sur son chariot et pour l'y placer ;
  • la cinquième, l'exercice, l'établissement et le chargement précipités ;
  • la sixième, la manœuvre de la pompe aspirante, l'exercice de l'échelle à crochets, du sac et de la ceinture de sauvetage, des différents nœuds, et de l'appareil à feux de cave.
 

Le maire de Villefagnan, Oscar Joubert, ou quelqu'un de l'équipe municipale, avait dû se rendre à Paris en 1867 visiter l'exposition Universelle. Le compte-rendu de cette exposition  indiquait :
[ ...] Parmi tous les modèles connus de pompes à incendie, aspirantes ou non, M. Bussière a remarqué les pompes de MM. Thirion et Darasse, de Paris : elles sont simples, solides et faciles à manœuvrer.
[ ...] Les pompes à incendie disposées pour être manœuvrées à bras d'hommes peuvent être considérées comme ayant atteint leurs derniers perfectionnements ; le modèle adopté par la ville de Paris est dû à M. Flaud, de Paris, qui s'est acquis dans cette spécialité une réputation méritée. Les deux pompes exposées par ce constructeur sont des produits de sa fabrication courante : l'une est aspirante et foulante, l'autre foulante seulement. M. Flaud a déjà livré 3.700 pompes de ce dernier modèle ; un chiffre aussi élevé témoigne assez du soin apporté dans la construction et de la valeur pratique de l'appareil connu sous le nom de pompe de la ville de Paris.

Les pompes à incendie exposées par MM. Thirion, Gouery-Canat, Darasse, Rohée, de Paris, Lambert, de Vuillafans, s'écartent peu de ce type consacré par l'usage. Les corps de pompe occupent tantôt la position horizontale, tantôt la position verticale ; les transmissions du mouvement des balanciers oscillants aux pistons présentent assez souvent des particularités intéressantes.
On voit que la pompe à incendie à bras est un produit dont la fabrication a pris un grand développement. Chaque pays a ses ateliers de construction dont le marché ne s'étend pas généralement au delà des frontières.


1870 : Journal d'agriculture pratique

Pompe à incendie.
Trouve-t-on beaucoup de fermes, en France, qui soient pourvues d'une pompe à incendie? Combien de villages, même, n'en possèdent pas encore, et si un sinistre éclate, il faut attendre du bourg le plus voisin, situé parfois à 10 ou 12 kilomètres, des secours qui arrivent presque toujours quand il n'est plus temps de combattre efficacement le fléau? Chaque village, chaque ferme, ne devraient-ils pas tenir en réserve, à défaut d'une pompe à vapeur, une pompe à bras, toujours prêle à fonctionner en cas d'incendie ?
Les municipalités n'ont que l'embarras du choix : ainsi que l'a constaté M. Lebleu dans son rapport sur l'exposition universelle de 1867, les pompes à incendie, disposées pour être manœuvrées à bras d'hommes, peuvent être considérées comme ayant atteint leurs derniers perfectionnements.

En 1872, Villefagnan s'équipe enfin !



Décalage en grande pompe pour le "départ au feu" du 14 juillet.
Les seaux en toile ne sont pas oubliés, la hache non plus. Bravo à nos JSP !
Ils ont la même fougue et le même dévouement que leurs anciens !
 

Flash Player pas à jour




Elle va forcément marcher beaucoup moins bien ! Même pas sûr...
Dans le public, personne ne se souvient de ses sorties.

 
Le 19 mai 1873, le conseil municipal vote 500 fr pour l'habillement des pompiers et autorise le maire à faire les achats qu'il croira nécessaires.


La commune avait acquis vingt casques en cuivre, type 1850 ou à peu près, sans plumet. Ils ne seront remplacés qu'en 1954.

Site spécialiste des casques de pompier : cliquer !
 

Les torches électriques arrivèrent plus tard. Il y eut d'abord ces torches à pétrole pour jalonner et éclairer la zone d'accès au sinistre.

La "compagnie" de sapeurs-pompiers de Villefagnan n'a alors aucun statut officiel. Le décret du 29 décembre 1875 à l'origine de la constitution des corps de sapeurs-pompiers sera inobservé. Ce qui sera préjudiciable comme nous le verrons bientôt.
 

Premier local en 1884
Le 5 décembre 1884, la commune achète à la famille Delouche un local de 9 m2 place des halles, derrière la future pharmacie, pour loger la pompe et le matériel incendie. La porte d'accès ouvre sur la place des halles. En février 1971, ce local en très mauvais état n'est plus utilisé, il sera vendu à Mathilde Hélène Vve Gratraud pour la somme de 50 fr.

Le 18 septembre 1888, le conseil municipal constate que les sapeurs pompiers, officieusement reconnus, ne se sont pas réunis depuis 1885, et il y a lieu de procéder le plus vite possible à leur réorganisation.
- La commune peut compter sur 18 à 20 hommes, c'est-à-dire ceux qui existaient déjà, et dont le dévouement ne s'est jamais démenti.
- La commune possède le matériel de secours, suffisant et en bon état : la pompe acquise en 1872, des cordages, des seaux en nombre suffisant, une hache à pic et tranchant, une lance de rechange, et vingt casques d'incendie et vingt ceinturons.
- La commune accorde quelques avantages aux volontaires : exemption du logement des militaires lors du passage de troupes, exemption de la cote personnelle et des trois journées de prestation d'hommes (travail sur les chemins), et pendant les trimestres ou pourra avoir lieu la manoeuvre de la pompe, une indemnité de 1 fr par trimestre par homme ainsi que cela se faisait précédemment.
- En outre il sera organisé une caisse de secours sous la forme d'une société de secours mutuels avec possibilité, s'il y a lieu, d'autoriser les autres citoyens à y participer.
- Le local de la pompe appartient à la commune, il n'y a pas besoin de corps de garde, le tambour ou clairon fera gratuitement son service, les sapeurs n'ont pas d'armes.
- La commune trouvera facilement des moyens pour vêtir les hommes, le fournisseur acceptant des acomptes sur trois ou quatre ans. Les sapeurs-pompiers ne devant avoir que la petite tenue, la dépense sera de 35 fr par homme (700 francs pour 20 sapeurs) ; il faut ajouter 100 fr pour les tambour et clairon et frais de bureau. La commune provisionnera 200 fr chaque année.
- Une subvention de 400 fr venant du conseil général pour réparations au presbytère, et non utilisée, sera versé pour l'équipement des pompiers.


11 novembre 1888, ce projet est ajourné faute de fonds car la somme de 400 fr ne peut être consacrée au centre de secours. "Mais, invite le préfet, les avantages offerts aux sapeurs peuvent être octroyés aux volontaires lors des incendies."

23 décembre 1888, le maire rappelle que Villefagnan a bien une pompe depuis 1872 pour lutter contre les incendies mais pas de compagnie de sapeurs-pompiers.
Personne n'a voulu se soumettre à la discipline et aux exigences du décret de 1875.
La commune n'a eu que des hommes de bonne volonté qui ont bien voulu entretenir la pompe et mettre leur dévouement au service des citoyens. Ils ont été équipés en 1879 d'un vêtement qui les protège lors des manœuvres et permet de les identifier lors d'incendie. Mais depuis 1884 ces habits de mauvaise qualité (ils avaient coûté 20 francs) et qui les rendaient ridicules, étaient inserviables, et la commune ne leur faisant aucun avantage, ces hommes n'ont fait aucune sortie ni manoeuvre.
Le maire est parvenu à grouper une vingtaine de volontaires. Les habiller d'une vareuse et d'un pantalon de drap couterait 31 fr (620 fr pour 20 hommes).
Les casques, en cuivre, de la commune, seraient réservés aux incendies ; pour les manoeuvres une coiffure plus légère et commode (5 fr) suffirait : total 100 fr.
Total dépense : 720 fr. Etc. etc.
Délibération votée à l'unanimité.

26 mai 1889, le conseil municipal octroie aux hommes de bonne volonté qui prêtent leur concours pour le service de la pompe à incendie, 7,20 fr qui représentent la valeur de leur cote personnelle et des trois journées de prestation d'hommes, cela sans préjudice à leur indemnité pour rafraichissements, lorsqu'ils font l'essai de la pompe.

Conseil municipal 15 février 1891
Achat de vêtements de toile
Une souscription auprès de la population a permis de collecter une somme de 220 fr (au lieu de 260 fr) pour l'achat de vêtements de toile (12,50 fr pièce). Le conseil vote pour compléter la somme et achètera des ceinturons de toile ou de gymnase. La dépense sera couverte par une somme de 100 fr prélevée sur le budget de la commune.

Conseil municipal mai 1891
Un clairon pour les manoeuvres
Les pompiers sont d'avis que pour leurs manœuvres un clairon serait plus utile qu'un tambour lequel servirait seulement pour le rappel en cas d'incendie.
Le conseil vote une somme de 12 fr. à cet effet.


Le tambour de Villefagnan a aussi servi au garde-champêtre.
Une manivelle actionne les baguettes, il suffit de connaître le rythme pour faire de la musique, quant aux paroles : "Avis à la population..."

 
En 1895, la commune délibère pour assurer les sapeurs-pompiers contre les accidents : «Car même si la commune n'a pas une compagnie de sapeurs-pompiers régulièrement constituée, elle a la bonne fortune de trouver des citoyens dévoués qui entretiennent avec le plus grand soin la pompe et le matériel d'incendie, et qui sont toujours prêts à porter secours partout où leur concours est demandé».

Le conseil municipal tient à leur donner une preuve d'estime et de reconnaissance.

Conseil municipal 11 octobre 1891
Indemnité aux veilleurs de nuit contre l'incendie
Durant l'hiver 1890-1891, il a été décidé sur proposition du procureur de la République et du lieutenant de Gendarmerie et en prévention des incendies faire surveiller les points qui étaient menacés et où se sont fréquemment déclarés des incendies, par des veilleurs de nuit. Il a été décidé que ces veilleurs seraient dédommagés aux frais de la commune. Ces veilleurs ont été généralement des voisins, ou la famille des propriétaires, d'où le fait qu'il n'émane qu'une seule demande de la part de Louis Boisson pour sa garde sur une période de deux nuits. Il lui sera accordé 10 fr à prendre sur la ligne des crédits imprévus.


Ils sont dix-sept hommes qui disposent d'une pompe et de matériel. Ils ont acheté eux-mêmes leurs uniformes de cuir. En novembre 1899, le sous-préfet de Ruffec refuse de les subventionner car, écrit-il sur son télégramme, «cette subdivision ne parait pas avoir été régulièrement autorisée» en regard de la loi (décret) de 1875... qui fixe les règles des corps communaux et désarme les pompiers.
Ils disposent d’une pompe à bras vendue par la Maison Darasse de Paris, en 1872 - modèle de type courant utilisé de 1811 à 1950. Sa couleur est restée vert foncé et noire alors que depuis 1885, la couleur «pompier» est devenue le rouge vermillon.

Rouge vermillon ? Parce que le vert foncé était la couleur officielle des matériels du bataillon des sapeurs pompiers de Paris, jusqu’en 1885, quand la formation acquit de nouveaux équipements anglais peints en rouge.

L’effet de cette couleur sur la population fut alors tellement saisissant que, depuis, le rouge s’est généralisé.

La pompe à bras
de Villefagnan conservera sa couleur verte jusqu’à sa réforme dans les années 1950. Son généreux restaurateur a cru bon malheureusement d'ajouter en 2005 quelques pointes de rouge.
Des années 1872 à 1948, les sapeurs pompiers ont porté secours à la population avec à peu près les mêmes équipements.
La presse locale relate parfois les sorties.
En 1906, sera sauvé le cheptel d'une ferme de La Ferté.

 




Cet article nous rappelle que les sapeurs-pompiers étaient convoqués par le tambour battant la générale.





Le 8 mai 2007, la pompe à bras a défilé et a rejoint le musée rural où elle sera exposée. Jacky Legros, menuisier-charpentier restaurateur de ce monument historique, est au centre du cliché entre deux jeunes sapeurs-pompiers (JSP). Ce sont ainsi des JSP qui l'ont tirée avec émotion et "à bras d'homme" jusqu'au musée.
 






Le 5 juillet 1925, le conseil municipal délibère pour la première fois sur la création d'une «subdivision de sapeurs-pompiers» conformément au décret de 1903.
  • Le maire a sollicité des personnes particulièrement aptes à remplir l'emploi et toutes ont accepté.
  • La subdivision est créée avec 13 hommes dont un caporal et un sergent.
  • La commune s'engage à subvenir à toutes les dépenses pendant une période d'au moins 15 ans à compter de l'année 1926.

Cette subdivision de sapeurs-pompiers s'est reconstituée spontanément juste après la guerre 1939-1945 et ce sont ses hommes qui étaient intervenus dans deux incendies importants et encore dans les mémoires villefagnanaises (source Edgard Saulnier, congrès de 1996) :
  • incendie chez M. Brothier, rue de la gare ;
  • chez M. Massiot aux Moulins.
La population se joignait spontanément aux pompiers lorsque le tambour (ou le clairon, voire le tocsin à Raix) la prévenait d'un sinistre puisqu'il n'y avait pas de sirène.


Chez M. Massiot, une chaîne avec des seaux de toile s'était établie entre la mare la plus proche et l'incendie, les hommes faisant passer les seaux pleins et les femmes les seaux vides. La chaîne alimentait la pompe à bras. La maison et la grange furent sauvées.

Revue de presse
Le journal de Ruffec, dimanche 11 février 1934
Villefagnan
Nos pompiers : - Vendredi dernier [
2 février] , un incendie s'est déclaré au château de la Foix, commune de Couture-d’Argenson (Deux-Sèvres). La violence du vent était telle ce jour-là qu'en peu de temps, toute la partie centrale du château fut envahie par les flammes. Grâce aux secours arrivés sur les lieux, les deux tourelles purent être préservées. Les dégâts n'en restent pas moins fort importants. On parle de 500.000 francs.
M. le Maire de Villefagnan, dés qu'il a eu connaissance de l'incendie, a alerté tous les pompiers disponibles en même temps qu'il réquisitionnait deux automobiles pour les transporter avec tout le matériel sur les lieux du sinistre. Moins d'une heure après que cet incendie était connu, la pompe de Villefagnan était en action sur le château de la Foix, situé à 12 kilomètres.
En signalant la diligence apportée dans cet acte qui fait honneur à ceux qui l'ont accompli, nous ne passerons pas sous silence la bonne volonté apportée par MM. Samuel Cornut et Mirande, qui ont transporté avec leur automobile, pompiers et matériel.


Cet incendie a été relaté en détail loin du Poitou-Charentes.
L'Ouest-Eclair, 2 mars 1934
Deux-Sèvres
Le château de la Foye à Couture [d'Argenson, 79] est la proie des flammes
Melle, 2 février [1934] (de notre envoyé spécial).
Hier matin, éclatait au château de la Foye, près de Couture d'Argenson, un incendie qui devait faire de cette belle construction un immense brasier.
Le château
Enfoui dans un bois et situé à une centaine de mètres de la route nationale de Niort à Angoulême. à environ deux kilomètres de Couture d'Argenson et à une dizaine de kilomètres de Chef-Boutonne, le château de la Foye dresse ses deux tours, reliées entre elles par un bâtiment central. Devant, s'étend une vaste prairie, limitée par le bois et les servitudes, et, derrière, un immense jardin planté d'arbres fruitiers. A quelques mètres, une ferme dépendant du château est occupée par une famille de métayers. Le château est de construction relativement récente, en ayant lui-même remplacé un autre qui avait sombré lui aussi dans les flammes. C'est là que vivent depuis longtemps Mme et M. Sarclet, servis par un ménage, dont l'homme s'occupe de travaux extérieurs, tandis que la femme vaque aux soins du ménage.
Le feu
Comme il le faisait tous les jours, le domestique, à son lever, s'était employé à allumer le feu dans un énorme poêle. De ce poêle, placé dans le vestibule, partait un tuyau qui, empruntant les escaliers, montait dans les chambres du 1er étage, pour ressortir par la toiture.
Il était environ 7 h. 30. quand le domestique, se trouvant dans le jardin, aperçut de la fumée qui sortait de la toiture du bâtiment central. Il donna l'alarme. M. Serclet. sautant à son téléphone, alerta la gendarmerie de Chef-Boutonne et les pompiers des environs.
En attendant les secours, les habitants du château s'efforçaient de sauver le plus de mobilier possible, car le feu, maintenant. courait tout le long de la toiture, communiqué au plafond par le tuyau du poêle.
Les secours arrivent
Arrivèrent sur les lieux successivement le chef de brigade de gendarmerie de Chef-Boutonne, M. Chervet suivi de trois gendarmes, les pompiers de Chef-Boutonne, commandés par le lieutenant Blanchard, ceux de Couture, sous la direction de M. Ganière, et ceux de Villefagnan.
A 13 h. 30, tout danger était écarté.
Le bâtiment central était entièrement brûlé. Les dégâts très importants, sont couverts par une assurance.


La pompe à bras trône au musée rural sous la garde d'un sapeur-pompier modèle années cinquante : 1950 pour la tenue et les bottes, 1954 pour le casque.
Elargissons avec quelques secrets
De garde-pompe à sapeur-pompier
Le terme pompier date du XVIIIe siècle lorsque ont été inventées les premières pompes à incendie. Les personnels en charge de la lutte contre l’incendie s’appellaient alors gardes-pompes.

A la suite d'un terrible incendie qui ravage l'ambassade d'Autriche à Paris au mois de juillet 1810, Napoléon Ier décide de remplacer les gardes-pompes par un bataillon de sapeurs-pompiers militarisé, caserné, qui portera l'uniforme. A partir du 19 septembre 1811, les sapeurs-pompiers de Paris sont des militaires.

Le terme sapeur évoque la mission des hommes du génie chargés antan d’ouvrir à la pioche des brèches sous les murs des châteaux fortifiés : la sape. La hache est le symbole qui rappelle les origines de la lutte contre les incendies, quand on détruisait les maisons intactes et voisines du sinistre pour sauver le reste du quartier, on disait faire «la part du feu».


C'est sainte Barbe la patronne, même si en Charente, certains ont coutume de dire : "Ce sont les patrons qui commandent, mais ce sont les ouvriers les maîtres".

  • Sainte Barbe est la patronne des pompiers, mathématiciens, artificiers, artilleurs, architectes, fondeurs, salpétriers, peaussiers, brasseurs, armuriers, chapeliers, couvreurs, maçons, mineurs, charpentiers.
  • Sainte Barbe se fête, le 4 décembre, c'est une journée de cohésion.

Décaler ?
«Décaler, ça décale» : dans la bouche de tous les pompiers. Cette expression date de l'époque où les pompiers utilisaient des pompes à vapeur (extrêmement pesantes) tractées par des chevaux. Pour faciliter la traction des animaux, ces pompes étaient calées en position de départ sur les bateaux légèrement en pente douce des casernes. Au moment de l'alerte les sapeurs retiraient les cales pour partir. Les camions ont remplacé les chevaux mais le terme est resté.


Que dit la loi au sujet de la création des corps de pompiers ?
  • 1. Le décret du 29 décembre 1875 est à l'origine de la constitution des corps de sapeurs-pompiers communaux. Par la suite, la prévention des risques, l'organisation des secours et la protection des personnes et de leurs biens relèveront longtemps de la seule commune.
  • 2. La loi municipale du 5 avril 1884 prévoit que l'organisation de la lutte contre l'incendie et les secours sera exercée dans le cadre communal.

"Les décrets de 1875, 1903 et 1925 n’opéraient aucune distinction entre sapeurs-pompiers, les professionnels n’existant pas en tant que tels à l’époque (les pompiers de Paris sont des militaires).

L’organisation du secours en France reposera sur le don de soi, en équipe, en solidarité avec les victimes, qui font partie de la même communauté de vie, et en fraternité avec ses collègues engagés. Toutes les lois et décrets concernant les sapeurs-pompiers reprendront ces fondamentaux où les sapeurs-pompiers professionnels (SPP) constituent une adaptation pragmatique de l’engagement citoyen : un sapeur-pompier œuvrant à temps plein, et non une version aboutie du volontariat."
  • 3. Le décret du 12 novembre 1938 institue les dépenses de personnels et de matériels du service de secours et de défense contre l'incendie en dépenses obligatoires pour les communes.

Pompes et tuyaux, bois, fer, cuivre et laiton, cuir et chanvre...

1. L'histoire de la pompe
http://www.unicaen.fr/ersam/machines.php?fichier=/machineEau/pompe

2. "Un bon tuyau ne doit pas être percé"
Autrefois, les tuyaux d'incendie étaient constitués de manches en cuir cousues au moyen de fil de laiton ou de fil ordinaire ciré, ou de rivures rapprochées. Des viroles (diaphragmes en cuir) étaient placées dans le tuyau pour interdire son écrasement.

En savoir plus : http://jsp-ut-de-brumath.asso-web.com/55+le-tuyau-et-le-sp.html

Autre site : http://www.pompierstandeolstjean.fr/pages/historique-de-nom-structure.html
  • 1636 : la municipalité lyonnaise achète 14 exemplaires de "seringues" d'incendie permettant de lancer quelques litres d'eau sur les flammes.
  • 1652 : invention du "tuyau en cuir" par les frères Van der Heyde (Pays-Bas). cette innovation révolutionne la lutte contre l'incendie en permettant de manoeuvrer hos d'atteinte des flammes ou des éboulements. Ils permettent également de progresser vers l'origine du feu tout en se protègeant.
  • 1671 : Lyon s'équipe d'une pompe pour incendie à lance fixe.
  • 1698 : premiers tuyaux d'aspiration en cuir armés de spires métalliques mis au point par les mêmes frères inventeurs du tuyau en cuir.
  • 1820 : le tuyau de chanvre détrône le tuyau en cuir
Cuir ou chanvre
Un bon tuyau
1805 : tuyaux faits de toile ordinaire, "nous avons lieu de croire que cette utile invention n'est point connue comme elle mériterait de l'être, elle ne l'était pas du moins à Paris, où on en a fait l'essai seulement l'hiver dernier, à notre sollicitation, et sous les yeux du préfet de la Seine, qui en parut très satisfait". C'est à Zurich , chez M. Zeller du Balgrist, négociant, où on en fait de tout diamètre. Ils sont en fil de chanvre très fort, et d'un tissu très serré, en sorte qu'à l'instant où ils sont humectés, ils ne laissent pas plus transsuder l'eau, même forcée par l'action de la pompe, que les boyaux de cuir ; et quant à la force, nous les avons vu soutenir dans des expériences faites à Genève, une colonne d'eau de cent cinquante pieds de hauteur verticale, sans donner aucun signe de détérioration. Une pièce de cent pieds de longueur roulée sur elle-même en spirale n'occupe que très peu de place, et un homme la porte aisément sous son bras. Les deux extrémités sont liées à des boîtes de fonte qui se vissent d'une part à l'orifice de la pompe, et de l'autre à l'ajutage qui forme le jet, où bien à une seconde pièce de ce même tuyau, si l'on veut conduire l'eau plus loin. Lorsqu'on s'en est servi, il n'y a d'autre précaution à prendre pour conserver ces tuyaux, que de les suspendre au grand air, de manière que les extrémités soient tournées en bas, et de les laisser ainsi sécher. On les place ensuite dans un endroit qui ne soit pas humide. Ces tuyaux sont plus solides et plus durables que ceux en cuir, ils sont aussi bien moins lourds. Enfin ils coûtent beaucoup moins, c'est-à-dire, seulement 18 sols de France le pied courant, tandis que les tuyaux de cuir de même diamètre coûtent au moins 35 sols. Ceux-ci ont besoin d'être graissés de temps en temps, les tuyaux tissus n'exigent aucun entretien.

1815, Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, volume 6
Prix pour la fabrication en fil de chanvre des tuyaux sans couture à l'usage des pompes à incendie. Parmi les moyens d’éteindre un incendie, la pompe établie pour cet effet est sans contredit, le plus efficace, surtout lorsqu'elle est pourvue de la quantité de tuyaux nécessaire, et en état de conduire l’eau sur les parties embrasées, mais il est reconnu que les tuyaux de cuir, dont on fait usage, sont d’un prix trop élevé pour que tous les propriétaires de manufactures et les fermiers puissent se procurer ce précieux moyen d'assurance contre les ravages du feu. D'ailleurs, pour que les tuyaux de cuir se conservent longtemps, il faut avoir l'attention de les rouler autour d'un tambour de forme conique à clairevoie, qui les soutient à une certaine distance du plancher, et de les placer dans un lieu frais et point humide ; il n'est pas moins important de conserver leur souplesse, afin qu'ils puissent se dérouler facilement et prendre diverses inflexions sans se rompre, ce qu’on obtient en les passant de temps en temps au dégras, espèce de graisse préparée de manière qu'en ramollissant le cuir, elle le garantit en même temps des attaques des rats et des souris. Mais il n'arrive que trop souvent qu'on n'emploie aucun de ces moyens de conservation; alors les cuirs se dessèchent, les bords de la couture se séparent, le fil perd de sa force, et, au moment où il s'agit de faire usage de ces tuyaux ainsi négligés, ils ne sont plus en état de faire le service, d'autant moins qu’ils ne s'imbibent d'eau qu'après un certain temps.
Ces diverses considérations ont fait rechercher les moyens de fabriquer des tuyaux sans couture, soit avec les intestins des animaux, soit avec du fil de chanvre tissé sur des métiers du genre de ceux imaginés en 1772 par M. Brisson, inspecteur des manufactures, pour les sacs à blé, et consignés dans L'encyclopédie méthodique, tome II, mais organisés de manière à pouvoir donner un tissu assez épais et solide pour contenir l'eau foulée avec force par les pompes à incendie.
Peut-être aussi qu'on pourrait parvenir à fabriquer des tuyaux sans couture, de l'épaisseur et de la force exigées , en enlaçant les fils les uns dans les autres, de la même manière que cela se pratique pour couvrir des cannes, des manches de fouet, etc., avec des cordes à boyaux, genre de tissus qu'on nomme toile biaise.
M. Klais, de Winterthur , nous a rapporté d’Angleterre, il y a environ vingt ans, des échantillons de tuyaux sans couture, en fil de chanvre goudronné; peut-être qu'on emploie à leur fabrication, dans ce pays , les débris des cordages de la marine, ou bien qu'on les imbibé de goudron avant de s'en servir.
Il est aussi à la connaissance de la Société, que M. Henri Zeller père, au Balgrist, près de Zurich, est parvenu à fabriquer, en fil de chanvre, des tuyaux sans couture pour pompes à incendie, qui remplissent parfaitement leur objet, et qui peuvent remplacer avantageusement les tuyaux de cuir. Ces tuyaux se vendent au pied ou au mètre, et le prix varie suivant leur diamètre.
Le poids de ces tuyaux sans couture est moindre de moitié de celui des tuyaux de cuir ; à longueur égale, ils sont plus flexibles que ces derniers, ce qui en facilite beaucoup le maniement au moment du service ; ils n'exigent aucuns frais d'entretien : il suffit, après s'en être servi, de les suspendre, les deux bouts dirigés vers la terre, dans un endroit bien aéré; ensuite on les roule en spirale pour qu'ils occupent moins de place dans les magasins.


Exemple de tuyaux en cuir assemblés par rivets (clous de cuivre).
Pompe à bras, musée des sapeurs-pompiers du Val d'Oise (95) : château de Grouchy.

1818 : Une amélioration importante a été apportée par M. Perkins dans la méthode de réunir les bords des tuyaux en cuir adaptés aux pompes à incendie. An lieu de les coudre ensemble avec du fil de chanvre qui se détériore promptement, il les réunit par des clous de cuivre rivés a l'intérieur et à l'extérieur et assez rapprochés pour ne pas laisser échapper l’eau. Ce perfectionnement a été approuvé par la Société d'Encouragemeut de Londres, qui a décerné une médaille d'argent à M. Perkins.

1820 : Quetier (P. H.A.), Corbeil (Seine-et-Oise) : brevet de 10 ans pour une machine à fabriquer les tuyaux sans couture, en fil de chanvre, à l'usage des pompes à incendie et pour la conduite de toute espèce de liquide.

1824 : [ ...] sur les seaux et tuyaux à incendie en tissu de chanvre, M. Rukdeschel, à Weissenstadt, cercle supérieur du Mein, fabrique des seaux à incendie à 4 fr. 5o c. la pièce, et des tuyaux sans couture de toutes longueurs, de 3 pouces de diamètre, à 1 fr. 80 c. L'expérience a démontré que ces tuyaux à incendie en tissu sont plus durables et supportent mieux la pression de la colonne d'eau que les tuyaux de cuir, dont les inégalités d'épaisseur, la sécheresse, les coutures et autres accidents occasionnent beaucoup d'entretien et d'inconvénients.
Nota. La fabrication des tuyaux à incendie en tissu de chanvre, établie depuis longtemps à Genève et à Berne, existe aussi en France. M. Piar père, à Corbeil (Seine-et-Oise), dont le dépôt est à Paris, rue Saint-Honoré, n° 398, a obtenu une médaille du prix du concours de la société d'Encouragement pour l'industrie nationale.


1833 : Weissenstadt, ville de Bavière, à 7 l. N. E. de Bayreuth. Entourée de murs et de fossés, avec portes. Fabrique de seaux à incendie, et de tuyaux sans couture pour le même usage, en tissus de chanvre.


1849 : instruction sur le service des pompes à incendie et sur leur entretien. A Paris, maison J. Darasse, impasse Conti.

1850 : quelques termes
  • Manœuvrer, c'est faire mouvoir le balancier au moyen de 6 ou 8 hommes qu'on met aux leviers, afin de faire arriver au bout de la lance l'eau dont on a rempli la bâche et la projeter avec force.
  • Armement, armer une pompe, c'est placer sur le balancier, dans la bâche (cuve) et sous le chariot, tous les agrès nécessaires pour sauver les personnes et éteindre le feu.
  • Noircir signifie arroser les boiseries et les murs qui ne sont qu'effleurés par les flammes, afin d'empêcher qu'ils ne s'enflamment eux-mêmes. Ils noircissent en effet par cette opération, se charbonnent sans s'enflammer, ce qui permet de ne s'occuper que du foyer.
  • Raccords, on appelle raccords les pièces en cuivre qui servent à réunir les garnitures avec la bâche, ou deux demi-garnitures entre elles. On tourne toujours ces pièces de gauche à droite pour les monter, et de droite à gauche pour les démonter.

 

http://www.chanvre-info.ch/info/fr/Chanvre-et-pompiers-une-longue.html

On ne risque pas le moindre coup de pompe avec ce blog pointu
http://www.attelage-patrimoine.com/article-30650622.html

Coup de chapeau [melon] au site de Cavaillon
http://www.csp-cavaillon.com/divers_histoire.php

Seaux à incendie.
Approuvé en séance le 6 mars 1844.
Rapport fait par M. Bouriat, au nom du comité des arts économiques, sur les seaux à incendie présentés par M. Darasse, négociant à Paris, quai Malaquais, 13.
M. Darasse, qui, par état, confectionne des équipements militaires et le matériel nécessaire aux pompes à incendie, ainsi que le fourniment des pompiers, est à même de connaître plus qu'un autre ce qui peut leur manquer pour en obtenir un bon service. C'est par ce motif qu'il recommande la suppression totale des seaux en bois, osier, cuir ou zinc, comme incapables de supporter un choc un peu fort entre eux, ou une chute lorsqu'ils sont pleins d'eau, sans se briser et être mis hors de service. Le second inconvénient qu'ils ont, c'est de présenter un volume trop grand pour qu'un homme seul puisse en transporter plus de quatre ou cinq à la fois ; ensuite, par l'encombrement qu'ils forment, soit sur les vaisseaux, soit dans les magasins des communes rurales ou autres, où l'emplacement pour leur dépôt est souvent très resserré. Tous ces inconvénients ont nécessité leur suppression, qui a déjà eu lieu dans beaucoup d'endroits, où on les a remplacés par des seaux faits en toile de chanvre ; mais ceux-là ne sont pas encore assez généralement adoptés. M. Darasse croit que ce retard tient à des perfectionnements qui leur manquaient et qu'il y a ajoutés.
Ces perfectionnements consistent principalement dans l'emploi d'une toile de chanvre forte, lessivée, débarrassée de la matière gomme résineuse qu'elle retient, pouvant sécher promptement, tenant parfaitement l'eau, se resserrant de plus en plus par l'immersion et prenant une consistance telle qu'on peut puiser avec ces seaux, sans les déformer, dans une mare ou dans un courant d'eau.
M. Darasse est convaincu que l'emploi de cerceaux en cordes de chanvre fortement tressées est indispensable, les cerceaux en bois ou autres matières étant exposés à des chances de rupture qu'il faut éviter avec soin.

Toutes ces précautions prises par M. Darasse n'augmentent point le prix de ses seaux qu'il livre à raison de 2 fr. 60 l'un. Parmi les douze mille qu'il a vendus l'année dernière, il en est beaucoup qu'il a cédés à 2 fr. 50 lorsque les demandes étaient assez considérables, ce que nous avons constaté en examinant ses registres dont il a bien voulu nous donner connaissance.
Les seaux en toile, ayant l'avantage de se plier sur eux-mêmes et de se superposer en grand nombre de manière à occuper peu de place, procurent, par ce moyen, la facilité à un seul homme d'en transporter au moins vingt à la fois au lieu de l'incendie. M. Darasse recommande de placer sur la pompe, parallèlement au balancier, deux simples valises en treillis pouvant contenir chacune vingt-cinq seaux, lesquels sont ainsi transportés au lieu de l'incendie avec la pompe, pour former immédiatement la chaîne ; il désire, en outre, qu'on se munisse d'un bracelet en cuir très fort, de même diamètre que le tuyau de pompe, qu'on serre à volonté à l'aide d'un lacet, pour qu'au cas d'une rupture du tuyau on puisse forcer l'eau à suivre la route qui lui est tracée. Nous lui avons fait observer que pour prolonger la durée de ses seaux il conviendrait de les passer au tan, comme font les pêcheurs pour leurs filets.
Ces seaux, indépendamment de leur spécialité contre l'incendie, peuvent encore remplacer avec avantage, dans certaines circonstances, chez chaque habitant, vu leur mince volume, les vases en terre cuite, en osier et en sparterie, si usités dans les petits ménages, en offrant une économie réelle, et n'étant point susceptibles de se briser.
M. Durasse a, en France et à l'étranger, une nombreuse clientèle qui s'augmente chaque jour. Plusieurs chefs-lieux de département et d'arrondissement et beaucoup de communes rurales ont recours à lui pour se munir des divers appareils de secours contre l'incendie.
D'après les considérations qui précèdent, votre comité a l'honneur de vous proposer de remercier M. Darasse de sa communication et de l'engager à vous faire part des procédés nouveaux et utiles qu'il pourrait trouver dans sa pratique pour augmenter et accélérer les secours contre l'incendie.
Il vous propose, en outre, d'insérer le présent rapport au Bulletin pour maintenir l'attention publique sur les causes qui ont déjà détruit tant d'usines et d'habitations de la plus grande valeur, faute de prompts secours.
Signé Bouriat, rapporteur.


Quelques conseils et savoir-faire utiles à nos pompiers
Manière de faire les réparations qui peuvent être nécessaires aux diverses parties de l'armement pendant l'incendie.
Lorsque, par une manœuvre forcée, ou par toute autre raison, une demi-garniture se crèvera en un point, il peut arriver que la fuite soit légère, ou bien qu'elle soit considérable.
Dans le premier cas, on se servira d'une ligature que chaque pompier porte dans la bombe de son casque : on enroule cette corde en hélice sur le boyau, de manière que tous les cercles soient fortement serrés j on forme ainsi un cylindre qui enveloppe le boyau, et qui, une fois mouillé, ne permet plus à l'eau de filtrer. Pour la solidité, la ligature doit dépasser de 81 millimètres (3 pouces) en avant et de 81 millimètres (3 pouces) en arrière, la crevasse qu'on veut masquer. Cette ligature sera arrêtée par un nœud à chaque extrémité.
Dans le cas où ce serait le boudin qui serait avarié, il serait plus prompt et plus sûr de le changer.
Si, au contraire, la crevasse est considérable , on se servira de machines comme nous l'avons indiqué en parlant de cette partie de l'armement.

 


De la lance.
Lorsque la lance sera percée, on pourra la réparer au moyen d'une ligature, comme on l'a fait pour la demi-garniture; mais comme la lance est conique, et que cette ligature pourrait se défaire en coulant vers la partie la plus étroite, on fixera la corde à la boite de la lance, et l'on commencera la ligature à 81 millimètres (3 pouces) de la crevasse, eu partant delà partie la plus voisine de l'orifice.

Du levier.
Si un levier vient à se fendre qu'à, se causer, on pourra quasi le réparer au moyen d'un ligature.

Des raccordements.
Lorsque les raccordements seront difficiles à serrer k la main, on se servira des tricoises; dans le cas où l'on n'aurait pas de tricoises, au moyen d'un ciseau émoussé et d'un marteau, on pourrait faire effort sur les dentelures destinées à servir de points d'appui à la tricoise.
Enfin, dans le cas où l'on n'aurait ni ciseau, ni marteau, une pièce de monnaie, une pierre tranchante, placée sur les dentelures et frappée au moyen d'une antre pierre, produirait le même effet.

Des culasses.
Lorsque l'eau sera bourbeuse, on aura soin de passer souvent la main contre les culasses, afin de les dégager de la boue qui aurait pu se déposer et boucher les trous de tamisage, en passant à travers les tamis.

De la lance.
Il pourrait arriver que quelque corps étranger, s'étant introduit par les culasses sans gêner la manœuvre, fût venu jusqu'à la lance et en obstruât la sortie, ce qui risquerait de faire crever les boyaux, l'eau ne pouvant pas sortir; dans ce cas on fera cesser la manœuvre, on inclinera la lance, le petit bout vers la terre, pour que le corps étranger ne soit pas entraîné de nouveau dans les boyaux; on démontera la lance dans cette position, et, en soufflant par l'orifice, on fera sortir ce qui gênait la manœuvre.

Des pistons.
Lorsque les pistons sont trop secs, ou ont été détériorés par le frottement, ils laissent un vide entre eux et le corps du cylindre ; alors, l'eau pressée, au lieu de se rendre dans le récipient, sort en partie par le vide dont nous venons de parler, jaillit sur les hommes et les force à abandonner la manœuvre. Dans ce cas, on enveloppe la verge du piston d'un bouchon de paille, de foin ou de toile, qui arrête l'eau à la sortie des pistons, et permet aux travailleurs de continuer à manœuvrer.

Du balancier.
Si le balancier cassait près du point d'appui, on abandonnerait le piston détaché, et on manœuvrerait avec l'autre seulement, ce qui donnerait un jet moins fort et moins régulier.
Si le balancier n'était pas tout-à-fait rompu, on pourrait, au moyen d'un morceau de bois, relier les deux bras par une corde, et continuer la manœuvre.

De la bâche.
Lorsque la bâche fuit, on ferme les crevasses avec des matières que l'eau ne peut ramollir, comme de la cire, de la résine fondue; et, si les ouvertures étaient trop grandes, on se servirait d'un linge. Dans tous les cas, ces objets doivent boucher les ouvertures de l'intérieur à l'extérieur de la bâche, pour que l'eau de la bâche les soutienne.

Des dispositions à prendre.
Les abords du lieu incendié étant toujours encombrés de monde, de voitures à tonneaux, il est essentiel de disposer la pompe de telle manière que les boyaux ne traversent ni la rue, ni la porte cochère, s'il y en a, afin de laisser la circulation libre, et que ces boyaux ne soient ni aplanis, ni déchirés.
S'il n'est pourtant pas possible d'agir autrement, il faut, leur faire longer les murs, eu formant le moins de coudes qu'on pourra ; on aura des hommes spécialement chargés de soulever les tuyaux pour laisser passer les voitures dessous, ou pour les enlever à 16 centimètres (6 pouces) de terre, pour que les chevaux passent par dessus sans les piétiner, s'ils ne sont pas attelés.

De l'attaque du feu.
Dans un incendie, on doit toujours chercher à refouler les flammes du dedans au dehors; par conséquent, on doit, toutes les fois qu'on le peut, entrer par les allées au rez-de-: chaussée; dans les boutiques, par les arrière-boutiques ; dans les étages, par les escaliers, afin de conserver toutes les issues.
On ne doit entrer par les croisées que lorsqu'on ne peut pas faire autrement, parce que, dans ce cas, le courant d'air s'établissant du dehors au dedans, porte le feu dans les escaliers et les appartements du derrière, ce qui complique l'attaque et augmente les dangers. D'ailleurs, on a toujours plus de facilité à arriver par les escaliers, et les établissements sont plus faciles.
On arrive par les croisées au moyen des échelles à crochets.

Comment on alimente la pompe.
On peut alimenter un pompe en formant la chaîne : pour cela, on place les travailleurs sur deux rangs, se faisant face à 1 mètre (3 pieds) de distance l'un de l'autre ; l'homme placé au réservoir reçoit un seau plein de la main gauche, le passe dans sa main droite pour le donner à son voisin de droite, qui le reçoit de la main gauche.

L'homme qui est près de la pompe, vide son seau dans la bâche, et le rend vide à celui qui lui fait face ; celui-ci le reçoit de la main gauche, le passe dans sa main droite, et le donne à l'homme qui est à sa droite ; le seau vide revient ainsi au réservoir, et est rempli de nouveau.
Si l'on n'avait pas assez de monde pour faire la chaîne double, on la ferait simple, seulement deux ou trois hommes, placés en dehors de la chaîne, feraient parvenir les seaux vides au réservoir, en se mettant à une certaine distance l'un de l'autre, et se les jetant.
Lorsque les entrées des maisons sont trop étroites pour pouvoir former la chaîne, ou que la distance du feu au réservoir est trop grande, ce qui exigerait beaucoup de monde, on alimente la pompe du foyer de l'incendie par une autre pompe placée au réservoir et dont les tuyaux arrivent à la première. Le commandement qui fait cesser la manœuvre de la première pompe doit faire cesser aussi celle de la deuxième, sans quoi il y aurait de l'eau perdue.
Lorsque le feu est dans un bâtiment trop élevé, et qu'on aurait de la difficulté à faire arriver l'eau au foyer, à cause de la grande quantité de boyaux à développer, ou parce qu'on n'aurait pas assez de boyaux, on porte la pompe dans les étages pour attaquer le feu avec plus de force de jet.

De l'établissement des boyaux.
Suivant que le point incendié sera au rez-de-caussée, dans un étage ou dans une cave, l'établissement sera horizontal ou rampant ; il sera vertical, lorsque, par nécessité ou pour plus de facilité, on fera monter les boyaux du rez-de-chaussée à un point quelconque des étages, sans suivre le rampant de l'escalier, ou lorsqu'on attaquera le feu par les croisées. Il n'y a que ces trois manières de placer les boyaux ; elles peuvent être employées en même temps deux à deux, ou toutes trois ensemble, dans le même établissement.
Les escaliers étant généralement construits de manière que le giron soit double de la hauteur de la marche, l'établissement horizontal sera d'un quart moins long que l'établissement rampant, et l'établissement rampant aura, deux fois et un quart au moins, autant de développement que l'établissement vertical.
Lorsque les boyaux ne sont pas tendus, les coudes peuvent être plus ou moins prononcés, ce qui nuit à l'arrivage de l'eau; il faut donc éviter que les boyaux soient recourbés sur eux-mêmes, et, pour cela, il faut combiner l'établissement de manière à faire le plus possible des ligues droites, avec des demi-garnitures.
Ainsi, si, au moyen d'un établissement vertical et horizontal, il arrivait qu'on eût beaucoup plus de boyaux qu'il n'en faut, on le convertirait en établissement vertical, rampant et horizontal en même temps.
Si, au contraire, on n'avait pas assez de boyaux avec une demi-garniture, pour faire un établissement rampant, ou le ferait vertical et horizontal.
En général, on ne doit employer que le moins de boyaux possible et peu de raccordements, mais, comme les demi-garnitures n'ont que 16 mètres 54 centimètres (50 pieds) de longueur, il arrivera souvent qu'on aura trop ou trop peu de longueur avec une ou plusieurs demi-garnitures; dans ce cas, il faudrait choisir la nature de l'établissement.
Il faut toujours commencer un établissement mixte par la partie verticale, s'il doit y en avoir une, par la partie rampante ensuite, et par la partie horizontale en dernier lieu sans quoi, si l'on avait une partie de l'établissement à changer, il faudrait le changer en totalité.
Le boyau qui est en surplus doit toujours être dans la partie horizontale qui est au point d'attaque, parce que si le feu s'éloigne, ce qui arrive toujours, il faut pouvoir le poursuivre sans être obligé de déranger les premières dispositions prises.
Lorsqu'un feu a été éteint, l'officier commandant doit toujours, avant de se retirer, prendre les renseignements nécessaires pour savoir comment il a pris, et par quel point il a commencé, afin d'en rendre compte au commandant du corps.

On distingue les feux en cinq classes :

  • 1. feux de caves;
  • 2. feux de rez-de-chaussées, de boutiques, de hangars;
  • 3. feux d'étages, de chambres ou de planchers;
  • 4. feux des combles;
  • 5. feux de cheminées.

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