La CUMA de Brettes
Coopérative d’utilisation de matériel agricole créée le 12 janvier 1948

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Une CUMA permet aux agriculteurs de s’associer pour acheter et utiliser des matériels agricoles, afin de rentabiliser rapidement les investissements. (http://www.cuma.fr/lescuma/historique)

Dans un premier temps, l'achat de matériel en commun a permis de sursoir au départ de la main-d'oeuvre vers des métiers plus rémunérateurs et moins fatiguants.


Puis face à la crise agricole, les adhérents sont de plus en plus nombreux à rejoindre cette structure avec à la clé une solution efficace pour installer ou pérenniser de petites et moyennes exploitations.


«Dans le temps, on se réunissait à plusieurs pour faire la batterie, au fléau» témoignent les anciens.

Un syndicat agricole se crée à Brettes
C'était en 1904 publié par Le journal de Ruffec.
On entend si souvent parler de choses qui divisent que le chroniqueur éprouve comme une sorte de bien aise à constater les tentatives d'union qui se manifestent ça et là. Sur ce point la petite commune de Brettes vient de donner un exemple.
Sur l'initiative de M. le Maire, on vient de former dans cette commune un syndicat agricole.
La plus aimable courtoisie (ce qui n'exclut pas l'animation) n'a cessé de régner durant les deux premières séances qui ont été consacrées à l'examen des statuts et à la nomination du bureau.
Et maintenant va, petit syndicat, et aux vœux de succès et de longue durée qui ont été exprimées en ta faveur, tu me permettras bien d'ajouter cet autre, à savoir que toujours, suivant le désir de ceux qui ont présidé à ta formation, tu sois dans la commune un gage de concorde et d'union.


«Le syndicat agricole était donc né avec la loi de 1901 sur les associations, il avait pour but de grouper les achats d’engrais et de semences» commente Lionel Gallais ancien président de la CUMA 16.

«A Brettes, qui possédait un bureau du Crédit Agricole dès 1904, les agriculteurs ont monté un syndicat de battage juste après la guerre de 14» explique son père René Gallais, ancien président de la CUMA.

A titre d'exemple
Statuts de la "Villageoise" en 1925
Société Coopérative Agricole pour l'utilisation des machines et instruments agricoles de Couture-d'Argenson (Deux-Sèvres.
Cliquer : http://villefagnan.wifeo.com/documents/sca-umia-couture-argenson-statuts-1925.pdf


 

Fête de la vache à Brettes dans les bâtiments de la CUMA en 2006.
Ces bâtiments avaient été acheté à un ancien agriculteur.

En 2006, une vaches était rôtie sur le gril.
 
Le battage moderne avec l’arrivée des batteuses et des locomobiles imposait de s’associer pour l’achat du matériel et de travailler en commun. Un idée qui plait beaucoup à Lionel Gallais, président de la CUMA de Brettes en 2000, à la suite de son père : «Pourquoi ne pas partager les frais d’un matériel utilisé finalement peu de temps dans l’année».

Moissonneuse-lieuse puis batteuse à poste fixe.

En 1947, le syndicat de battage possédait deux batteuses (une pour les céréales, l’autre pour la luzerne) entraînées par un tracteur Farmall diesel. «Notre problème, souligne René Gallais, c’est qu’il fallait mobiliser une grosse main d’œuvre, 20 à 25 personnes alors que l’exode rural vidait notre commune».

Row-crop ou non, la poulie se situait à gauche du moteur.

La CUMA de Brettes est créée le 12 (ou 15) janvier 1948 à la suite du syndicat de battages : «C’était la 25e CUMA en Charente, Adolphe Lafont était son président».



 

Cette Braud appartenait à un entrepreneur de battages, autre alternative.
Les moissonneuses batteuses automotrices s’imposent à partir de 1955. «On leur confiait le ramassage des orges, les récoltes abîmées, note René Gallais, le reste était coupé à la lieuse».
Dix-huit exploitants se sont regroupés pour acheter en 1958 la première moissonneuse-batteuse, une CLAAS Europa (télécharger la notice technique) dont la largeur de coupe n’était que de 2,10 m : «Elle ramassait pourtant 250 ha de céréales».
 
"La CLAAS EUROPA est destinée à de petites exploitations qui battent encore souvent les céréales au moyen de batteuses stationnaires. Pour l'EUROPA, on reprend le système de battage de l'HUCKEPACK, produit à Harsewinkel à partir de 1958. Sa largeur de coupe est alors de 2,10 m. Ce modèle est doté d'un équipement très moderne pour l'époque et dispose, entre autres, d'un circuit hydraulique pour la barre de coupe et le rabatteur."
 

Peu à peu, le parc de la CUMA s’étoffe : presses à fourrages, machine à désherber, bineuse à betteraves, épandeur d’engrais…
En 1982, deux maïsiculteurs rejoignent la CUMA. «Cette arrivée de nouveaux adhérents a permis de rentabiliser la moissonneuse-batteuse, souligne Lionel, le temps d’utilisation étant largement accru». Du coup, la CUMA achetait une nouvelle machine.
 
Pourtant, se regrouper en CUMA et partager des matériels agricoles entre exploitants ne semble pas si évident. De nombreuses CUMA ont mis la clé sous la porte faute d’adhérents. De plus, l’agriculteur aime posséder ses propres matériels : «Le tracteur pour un agriculteur, c’est un outil personnel». 
Mais avec la réforme de la PAC des années 90, des choix se sont imposés. «Celui qui exploitait 100 ha se croyait à l’abri, quand on lui a dit qu’il fallait doubler son exploitation, il a vite déchanté, relate Lionel, on a vu alors des gens nous rejoindre, il fallait de toutes façons faire baisser les coûts d’exploitation». 
Lionel affectionne le travail en commun, un retour à d’anciennes valeurs ; il prône l’achat de matériels dont l’utilisation se fera collectivement : «Quant on bat, il faut un gars sur la machine, et plusieurs qui convoient le grain au silo».

En 1998, après la disparition de nombreux sociétaires, la CUMA de Brettes renaît avec de plus en plus d’adhérents, une trentaine issus non seulement de la commune (six actuellement, dix-huit en 1948), mais des cantons alentour. Chaque adhérent possède des parts sociales, opte pour un ou plusieurs outils. Il est soit exploitant, soit en GAEC (ou EARL).

Les entrepreneurs peuvent adhérer, mais pour leur propre usage. La société est administrée par un bureau. «Chaque matériel est confié à un responsable qui sait où et quand le trouver, il en surveille l’entretien» précise Lionel qui tient à présider la CUMA avec les principes établis par son père de 1970 à 2000.


Moisson avec la machine de la CUMA en 2002,
à droite René Gallais président de 1970 à 2000
.

«Il faut veiller à la bonne entente, satisfaire chacun, ne privilégier personne, savoir écouter les conflits pour mieux les éteindre» dit-il.


CUMA de Brettes en 2002 (Le Magazine des CUMA)
L’ancien président à l’honneur

Cette CUMA de la région de Villefagnan est l’une des plus anciennes du département puisqu’elle a été créée le 12 janvier 1948.
Elle a fait suite, comme de nombreuses CUMA à cette époque, à un syndicat de battage. Le démarrage s’est fait avec une vingtaine d’exploitations, des petites fermes, autour de la moisson.
C’est une des seules CUMA de ces années qui est encore active. On en trouve encore quelques unes en région viticole mais pour des activités de moisson.
Les CUMA, comme la majorité des exploitations de cette période, se sont restructurées suite à la disparition de nombreuses petites structures. Les adhérents de la cuma se sont alors retrouvés à 7 adhérents toujours autour de la même activité, puis ils sont même descendus à 5. Mais heureusement la CUMA n’est pas restée à ce stade. Deux maïsiculteurs se sont alors joints au groupe et un nouveau Conseil d’Administration avec à sa tête René Gallais (précédemment trésorier) a été mis en place.
Un regain d’activité a eu lieu en 1987 avec l’adhésion de nouveaux adhérents, principalement des jeunes. Ces nouveaux adhérents ont permis la création de activités inédites (rouleau, andaineur et broyeur de pierres) et ont amorcé une nouvelle phase de développement. Aujourd’hui en 2002, la CUMA rassemble 26 adhérents (exploitants sur la commune de Brettes ou des environs) autour de nombreuses activités, mais l’activité moisson est toujours restée le pilier.
Heureusement, le développement de cette CUMA n’est pas terminée ! Elle reçoit des demandes de nouvelles adhésions et de nombreux projets d’investissements sont en cours de réflexion.


René Gallais (Le Magazine des CUMA)
L’implication d’un homme
René Gallais a présidé la CUMA jusqu’en 2000. Il était adhérent de la CUMA depuis son installation. S’il est maintenant à la retraite, il n’a pas cessé pour autant de s’impliquer dans le développement local. En effet, il est maire de sa commune et a, entre autres, de nombreuses responsabilités au sein des structures intercommunales.
C’est donc toujours le même état d’esprit qui l’habite que lorsqu’il a présidé la CUMA. Les adhérents de la CUMA de Brettes ont pu apprécier le meneur d’hommes et le médiateur. Il a su désamorcer les conflits avant qu’il ne soit trop tard, il a su innover. La CUMA avait même participé à des manifestations régionales en présentant son expérience au salon de la paille, au concours de labour...
La CUMA a su évoluer grâce à l’état d’esprit de ses “meneurs” et plus particulièrement de cet ancien président.
Le groupe a défini une politique d’accueil pour les jeunes (facilité de paiement pour les parts sociales). Dès 1990, un bâtiment, déjà existant, a été acquis afin de stocker le matériel à moindre coût.
La nouvelle équipe d’administrateurs mise en place continue à mener des réflexions autour de nombreux projets. Le développement de la CUMA continue !


La CUMA de Brettes en 2002
Elle comptait 26 adhérents
Elle possédait 1 moissonneuse batteuse, 2 rouleaux, 2 déchaumeurs, un andaineur et un broyeur de pierres, 1 cover crop, 2 broyeurs de tige, 1 épandeur d’engrais
.


Le matériel évolue
Exemple avec le matériel de semis direct (2012)

Au Gaec de la Goupillère où oeuvre Laurent Rousseau, le labour progressivement arrêté voit démarrer le semis direct dès 2004. De lourds investissements en matériel seront évités grâce à la Cuma de Brettes. Pour faire du semis direct, Laurent Rousseau utilise le semoir spécifique acheté par la CUMA. «Il coûte plus de 40.000 euros et n'est utilisé que très peu par chacun, mais c'est un investissement rentable à plusieurs
Le semis direct supprime le labour et fait économiser 20 à 40 pour cent de gas-oil. «Je sème des couverts de légumineuses pour capter l'azote et les éléments nutritifs» indique Laurent Rousseau.
Voici un exemple parmi tant d'autres.


La CUMA en 2012
Villefagnan, la coopérative au centre des solutions d'avenir agricole
L'idée d'instituer des coopératives n'est pas nouvelle. Déjà, dans les années 1880, une coopérative de panification était établie à Villefagnan.
«En 1899, une poignée d'agriculteurs lance le premier crédit agricole de Charente à Saint-Claud, scande Pierre-François Nivet, conseiller d'administration de la caisse régionale du crédit agricole Charente-Périgord, l'Europe a institué 2012 année des coopératives dans le monde

En 1905, le crédit agricole est créé à Villefagnan par le docteur Claude Brothier, maire, qui récidive en 1906 avec la laiterie coopérative.
A Brettes, en 1904, c'est un syndicat agricole qui est fondé. Avec une batteuse et une locomobile pour l'entrainer. C'est ce même syndicat qui se transformera en coopérative d'utilisation de matériel agricole (CUMA) en 1948. «La plus ancienne des 124 CUMA qui existent encore en Charente» précise Laurent Bouchaud, son président actuel (1) qui a fait appel à Lionel Gallais, son prédécesseur, pour l'épauler. Le père de ce dernier, René Gallais a longtemps été président de la CUMA et de la caisse locale du crédit agricole, il a veillé à la survie de cette coopérative.
«De toutes les valeurs, celle que nous préférons est la valeur humaine» confie Lionel Gallais qui souligne ainsi l'importance de l'entraide. Comme au temps du syndicat de battages quand tous travaillaient ensemble.
«La CUMA achète le matériel, son budget est équilibré, expose Laurent Bouchaud, elle évolue avec l'achat de matériel pour les éleveurs - fait nouveau - et rentabilise l'emploi collectif d'engins très coûteux.» Françoise Rouzo, secrétaire de la caisse locale du crédit agricole et directeur d'agence, demande quel sera l'avenir de la CUMA. «Un avenir tout tracé, on aura toujours besoin de matériel performant à moindre coût» assure Laurent Bouchaud.
La CUMA regroupe 45 adhérents. Leur participation est variable car tous n'ont pas forcément besoin de tous les matériels. Certains adhérents achètent à plusieurs et hors-CUMA des matériels spécifiques. «On n'a pas encore lancé l'idée d'un groupement d'achat» indique Laurent Bouchaud.
Le parc de matériel de la CUMA se compose d'une moissonneuse-batteuse, d'un tracteur, d'une panoplie de déchaumage, fenaison, presse à fourrages, d'un broyeur de pierres, d'un rouleau, etc. La CUMA dispose en propre de hangars à Brettes pour abriter ces engins.
Un salarié assure l'entretien sur place. «Il se rend chez les adhérents 20 pour cent de son temps» ajoute Laurent Bouchaud.

(1) Décédé en 2012.


Visitez en cliquant ici le site Internet de la Fédération des CUMA en Charente

Et ici le site des CUMA en France

 




 
 
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