Les lavoirs de la Péruse

Cette page complète celle afférente à l'histoire de la Péruse car les lavoirs sont un élément important pour la vie des habitants.
 

Ces photos et quelques mots invitent à relancer l'animation sur les rives de la Péruse : culture et patrimoine y ont toujours fait bon ménage. Les conteurs et musiciens y seraient bienvenus, les lavandières sont les reines, les randonneurs adorent. Un peu de gastronomie locale et le tour est joué. C'est aussi u habre de paix pour les touristes.

Le premier lavoir visité sera celui de Montjean à côté de la route de Sauzé-Vaussais.

Vue de la jetée et du lavoir à Montjean.
A la place du pont existait un gué.

Le lavoir à tablier mobile est niché à droite.

C'était la galère des voitures de poste royale (lettres et chevaux jusqu'en 1761, un relais de poste existait à Sauzé, le suivant à Bannière. E 1761 la routé est dépalcée vers Ruffec (RN10).

Montjean
Le tablier du lavoir s’adapte au niveau des eaux
Elevé à proximité de «la jetée» comme disent les Montjeannais en parlant du pont routier (1) qui enjambe la Péruse sur la RD 54 (ancien CGC n°26), le vieux lavoir a fait l’objet d’une belle restauration. Ce qui le caractérise, c’est son tablier mobile. En effet, celui-ci, conçu en bois, et soutenu par des chaînes, voit, sous l’action de petites poulies, sa hauteur s’adapter à celle des eaux. En période de crue, il se replie par moitié avant de se relever complètement. Ce qui explique sa longévité…

Autrefois, la route postale de Paris en Espagne traversait la rivière à cet endroit. De petits ponts sommaires et un gué hasardeux ne facilitaient pas le passage des coches et diligences. Le postillon bien calé dans ses «bottes de sept lieues» harcelait ses chevaux de cris qui retentissaient très loin, en amont comme en aval de la rivière. De même que les claquements du fouet du cocher. Chacun savait alors que la poste du Roi était passée !
Cette route a été mise en travaux en 1848 de Sauzé-Vaussais à la limite de la commune de Montjean (pour les Deux-Sèvres).

Elle avait été précédée par l'
Ordonnance du Roi N° 6089 portant :
Art. 1 Sont et demeurent classées au rang des routes départementales, sous les numéros et dénominations qui suivent, les six chemins indiqués dans la délibération du conseil général du département des Deux-Sèvres, savoir :
N° 1er, de Niort à Bressuire par Coulonges et Moncontant ;
N° 3, de Moncontant à Châtillon-sur-Sèvre par Cerisay ;
N° 6, de Châtillon-sur-Sèvre à Thouars par Argenton-IeChâteau ;
N° 7, de Saint-Maixent à Ruffec par la Mothe-Saint-Héraye, Beaussais, Melle et Chef-Boutonne ;
N° 8, de la Mothe-Saint-Héraye à Sauzé-Vaussais par Lezay, allant joindre la route royale n° 148 de Limoges à Nantes, aux environs de Limon ;
N° 9, de Moncontour à Airvault, allant joindre la route n° 138 de Bordeaux à Rouen, vers la Martinière.
2. L'administration est autorisée à faire l'acquisition des terrain et bâtiments nécessaires pour l'établissement de ces six nouvelles routes, en se conformant aux dispositions du titre II de la loi du 7 juillet 1833 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique. (Paris, 23 Novembre 1835.)



Le tabler est remonté et replié sur lui-même en période de crue.

Vue plus large (repère : la jetée et le lavoir).
A la place du pont existait un gué. C'était la galère des voitures de poste royale (lettres et chevaux jusqu'en 1761, un realis existait à Sauzé, le suivant à Bannière.

 

Dans la vallée à partir du moulin de l'Epine jusqu'au moulin de la Treille, la vieille mer se perd en saison sèche  - l'eau ne coule alors que dans les biefs - et réapparait avec ses sinuosités en période de crue. Et cela depuis des siècles (semble-t-il).

Les lanvandières sont sur le pont à Montjean !
La Péruse aime qu'on lui fasse fête.

Les lavoirs

La loi du 3 février 1851 vote un crédit spécial pour subventionner à hauteur de 30 % la construction des lavoirs. La loi du 3 février 1851, sous Napoléon III, a ouvert un crédit de 600 000 francs destiné à encourager la création d’établissement modèles de bains et lavoirs publics, gratuits ou à prix réduits. Chaque projet est subventionné à hauteur de 20 000 francs.


Un pont a été érigé pour franchir la Péruse au bas de Londigny.
Un lavoir équipé plus tard d'un tablier s'est niché en cachette.
C'est, dit-on, un réservoir à potins.

L'ancien lavoir sur la Péruse, au bord du pont sous la route RD54 reliant Ruffec à Sauzé-Vaussais. Ce lavoir possède la particularité de posséder une plate-forme dont la hauteur se règle en fonction du niveau de l'eau. Il est sans doute le seul lavoir ainsi conçu recensé sur l'ensemble du territoire du canton. Ce concept était très pratique. La couverture de tôle a été remplacée en 1945 ou 1946, Louis Geoffroy étant maire, par des prisonniers de guerre allemands qui ont aussi construit la salle des fêtes.




Février 2013, la Péruse déborde.
Construction d'un lavoir au pont de Merlet
Le 18 mars 1865, une pétition des sieurs de Touchimbert et d'autres habitants de Londigny demandait l'autorisation de construire un lavoir au pont de Merlet établi sur la Péruse.
Une enquête (25 mai 1865) n'a relevé aucune observation, d'où le préfet fit établir la réglementation de ce barrage.
Le lavoir sera situé à 15 m du pont dit de Merlet (lavoir de la liberté actuel), le barrage formant la retenue s'appuyant sur le chemins de Sauzé à Ruffec et sur la parcelle 1140 appartenant à M. de Touchimbert. Le fond de la rivière est à 1,72 m en contrebas du parapet, la largeur de la rivière est de 5,10 m...
Le 11 septembre 1867 les pétitionnaires sont autorisés à construire. Dans le lavoir sera établi un déversoir de 4 m et une vanne de décharge facile à lever lors des plus hautes eaux.


En 1989, l'aire et son lavoir près du pont était baptisée «l'Aire de la Liberté» en souvenir du bicentenaire de 1789.


Libre comme l'air pour laver note linge sale en famille !
Plus blanc que blanc, hein mère Denis ?

 

Quel site idéal pour la balade !
Venant de Montjean à l'approche du moulin Grimaud.

 


Fête des foins en 2009 (puis en 2011).



Allez les filles faut aller laver nos hardes (2011) !



Chantons et dansons en attendant le petit peuple...


On va laver vos hardes !
 
L’eau était rare pour les lavandières de la Péruse
Il fallait que la Péruse daigne couler pour que les lavandières puissent se rendre au lavoir après la bughée (lessive à la cendre). Le ruisseau, fantaisiste, ne dépasse que rarement le bourg de Saint-Martin. En février 1865 la commune de Saint-Martin achète «une parcelle de terrain pour construire un tendoir à sécher le linge de la laverie commune qui y est attenante».

Dès 1891, dès que l’eau se fait rare, la guerre reprend avec le Marquis de Lameth, à Londigny, accusé de pomper toute l’eau de la Péruse pour remplir les fausses douves de son château. Où parce qu’il a installé des barrages qui bloquent les eaux.
 




La Péruse traverse le lavoir de Saint-Martin du Clocher (en 2000).

L’eau était rare pour certaines lavandières de la Péruse
Il fallait que la Péruse daigne couler pour que les lavandières puissent se rendre au lavoir après la bughée (lessive à la cendre). Le ruisseau, fantaisiste, ne dépasse que rarement le bourg de Saint-Martin. En février 1865 la commune de Saint-Martin achète «une parcelle de terrain pour construire un tendoir à sécher le linge de la laverie commune qui y est attenante».
 


Un concert trad en 2011, y'a pas mieux pour mettre en joie St.-Martin !


Le lavoir de St-Martin restauré et sa passerelle (février 2013).

Eléonore a quitté Montjean et après un périple sur le plateau se rend à Saint-Martin...

Saint-Martin du Clocher
La Péruse approche le territoire de la paroisse de Saint-Martin à travers une longue prairie en aval du hameau de Lombonnière. Son lit, à sec la plupart des étés, s’anime dès l’arrivée des grosses pluies d’automne. Mais ce n’est qu’un sursis pour la rivière qui disparaît le plus souvent dès la paroisse franchie. Les femmes aiment venir laver leur linge sale sur le bord du courant. Un petit lavoir les accueille munies de leurs selles et battoirs. Et même s’il n’y a que peu d’eau le plus souvent, cela suffit bien à alimenter quelques potins. A défaut d’être vérifiables, ces histoires «intimes» sont réellement captivantes. Eléonore questionne les lavandières. «Une belle et grande dame, s’étonne l’une d’elles, vous pensez que nous autres, on en croise pas beaucoup par chez nous !» Et ses congénères d’éclater d’un rire gras et moqueur. Eléonore remonte vers le bourg. Devant l’église, bréviaire à la main, le curé est vêtu modestement. Aussi pauvrement que sa paroisse. Mais il faut dire que la dîme est prélevée pour une bonne part par le seigneur de Raix. Le desservant s’en plaint à Eléonore. Qui ne s’en soucie guère… Elle, ce qu’elle veut pour l’instant, c’est retrouver sa maman.

Bernac la cachottière
Déçue, Eléonore remonte à toute vitesse vers Bernac. Ici aussi, La Péruse manifeste quelque émoi. De ci, de là, de petites nappes humidifient le fond de son lit. Les insectes partent s’abriter dans les haies séparant les prairies. Les moutons sautillent d’allégresse. Les grenouilles et autres crapauds se dégourdissent les pattes. Des habitants attendent sur le pont qui traverse de chemin de la Jarrie. Dès que le courant sera suffisant, ils partiront propager la bonne nouvelle : «Elle est là… Elle est revenue».

Eléonore file vers le logis du Breuil tout orgueilleux de son rutilant pigeonnier. Un manant lui indiquera un raccourci pour arriver directement à la fontaine.

Quelques enjambées encore et la voilà au bord d’un lavoir. «C’est un maçon qui l’a construit, la renseigne d’une voix chevrotante un vieil homme barbu qui semblait l’attendre». Il lui explique qu’à cet endroit une carrière avait été ouverte… autrefois. Un jour, au plus profond, entre les roches, l’eau a jailli. «Fraîche, vive, pétillante» s’enflamme le vieil homme. Depuis, cette eau source toute l’année… sans arrêt. Avant de disparaître un peu plus bas, sous terre, pour rejoindre La Péruse. Un maçon du village a voulu magnifier l’endroit. Il a édifié un grand lavoir dans ce creux. Et ménagé sa tombe auprès. Il repose là désormais sous une grosse pierre, même pas dégrossie.

Retour à Londigny la coquette
Eléonore arrive enfin en limite de paroisse, en limite de Saint-Martin. Elle laisse le moulin de la Treille pour remonter vers le nord. De là, malgré le temps couvert, elle peut observer le coteau du Peux. Et son logis campé pour la défense. Elle voit La Péruse jusqu’à Comporté. Le cours se ménage un passage le long d’un chemin boueux. Le seul dont les charretiers disposent au fond de la vallée. Sinon, il faut remonter péniblement une colline abrupte pour atteindre le chemin de Ruffec et de Montjean. Eléonore discerne plus loin quelques fumées vomies par les cheminées du logis de Guignebourg. Elle arrête un convoi de grain qui se rend à la foire de Ruffec. Mais les charretiers jurent n’avoir rencontré que de biens pauvres gens…
Eléonore file plus encore vers le nord. Elle sautille de hameau en hameau. Sans nouvelles ! Elle revient «Chez L’élu». Un village de juifs dit-on. Des gens serviables qui avouent avec dépit ne pouvoir lui rendre ce petit service. «Cours au château du Breuil, crie soudain un jeune homme barbu occupé à raboter une planche de chêne, il y a un grand rassemblement, de bien riches et belles personnes, peut-être sauront-ils». Dévalant les pentes, se faufilant entre les haies d’épineux, Eléonore vole vers ce logis qu’un immense pin parasol signale au promeneur égaré. Une bâtisse fringante. Couverte de neuf. Un valet la fait entrer. Le sieur de Vasselot s’excuse auprès de ses invités et la reçoit céans. Il n’a pas vu de dame s’aventurer vers sa grande demeure, sauf ses nombreuses invitées cancanant avec grand bruit auprès de leurs maris. Il faut dire qu’aujourd’hui, on va fêter le collatéral qu’il vient d’offrir à l’église de Londigny. Le seigneur du Peux a rejoint cette noble assemblée. Il se demande que fait ici une fille si jeune. Et si jolie… «Elle est à la recherche de sa maman» explique son hôte. «Il faut vite me décrire cette dame» insiste le noble personnage. Eléonore dépeint une dame grande, encore jeune, très belle, aux cheveux d’or. Elle est vêtue d’un bel habit de couleurs vives. Sur sa tête, une couronne. «Je sais, je sais, s’exclame avec force le seigneur du Peux, file immédiatement à l’église Saint-Hilaire, elle t’attend».

Le logis du peu s’est fait château
Le Marquis de Lameth devait sans doute s’ennuyer à l’ombre des vieux murs du logis du Peu. Au début du XXe siècle, il lui fait succéder un château de style renaissance qui se devine de très loin. Une rivière sera même creusée sur le coteau, devant le château. Cette rivière est maintenue en eau par le moulin de la Treille. Les pales de la roue métallique entraînent une pompe qui a remplacé la vieille meule à huile. Une conduite de fonte guide l’eau de la Péruse vers la rivière du château. Des statues en ciment «bondissent» dans le parc : elles figurent des animaux sauvages. Dans la vallée, un aigle immense attend de prendre son envol au dessus d’un puits.
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