L'école locale avant et après la Révolution

Avant la Révolution
Sous l’ancien régime, un édit d’avril 1695 et une déclaration du 13 décembre 1698 exigeaient qu’il soit établi une école d’enseignement élémentaire dans chaque paroisse afin d’éradiquer le protestantisme.

Nous savons, par exemple, que Raix comptait déjà une école au XVIIe. Nous ne disposons cependant d’aucune trace de l’emplacement de cette école alors que nous sommes certains, grâce aux registres paroissiaux, de l’existence en 1755 d’un régent (maître d’école). Ce régent, André Marchand1 allait devenir ensuite notaire, menant de front les deux professions.

L'analyse des registres paroissiaux de Raix nous révèle quelques personnes sachant déjà lire et écrire avant la Révolution. Conséquence logique de cette instruction, la réussite sociale ainsi acquise allait leur faire intégrer dès 1790 le conseil général de la commune.

L’enseignement était à cette époque dispensé souvent au domicile du régent, sinon au presbytère. Le maître, installé par le curé, enseignait, moyennant paiement, des rudiments de calcul, de lecture et d’écriture. Lorsque la largesse du curé le permettait - surtout si ce dernier entrevoyait quelque vocation ecclésiastique renforcée d’une intelligence hors du commun - les familles pauvres pouvaient espérer faire instruire l’un des leurs.

Citons la lettre (AD 16 B1 1050/3) adressée le 22 décembre 1703 à Monseigneur Rouillé, Intendant pour Sa Majesté en la Généralité de Limoges, en son hôtel à Angoulême, par le curé Coussière de Villefagnan.
"Monseigneur de Poitiers aurait fort à cœur, Monseigneur, que ce fût un prêtre qui tient les petites écoles à Villefagnan et qui perçoivent par conséquent la pension du Roi. Ils s'acquittent mieux de cet emploi qu'un laïque. Il serait d'une utilité considérable à cette grosse paroisse qui aurait besoin de deux prêtres. Les habitants le souhaiteraient, même chargés qu'ils soient par d'autres taxes, paieraient encore volontiers la susdite pension".


Puis vint la révolution.
Les dirigeants d’alors désiraient promouvoir l’école2 afin de forger à leur façon les esprits des plus jeunes.

Le district de Ruffec créé en 1790, réorganisait ainsi l’enseignement, conformément au décret de la Convention Nationale, daté du 27 brumaire de l’An 2. Cette loi instaurait la liberté complète de l’enseignement :
  • «Tout citoyen ou citoyenne aspirant aux fonctions d’instituteur ou d’institutrice sera tenu de se présenter devant le jury d’arrondissement ; ils devront déclarer qu’ils sont dans l’intention d’ouvrir une école et désigner l’espèce de science ou d’art qu’ils se proposent d’enseigner. L’enseignement est libre et sera fait publiquement
  • «Chaque citoyen ou citoyenne peut ouvrir une école sous la surveillance des autorités constituées à la seule condition de fournir un certificat de civisme»3.
1 André Marchand deviendra notaire de la Châtellenie ensuite.
2 Ne regardez pas à la dépense, s'écriait Danton ; après le pain, l'instruction est le premier besoin du peuple.
3 Le Picton n° 64 de juillet-août 1987, page 21.

Citons quelques articles de ce décret :
  • «Article 2 : les écoles primaires seront distribuées sur le territoire de la République à raison de la population. En conséquence il sera établi une école primaire pour mille habitants.»
  • «Article 4 : que devant les lieux où la population est pressée, une seconde école ne pourra être établie que lorsque la population s’élèvera à deux mille habitants et ainsi de suite...
«Les écoles publiques seront placées de manière à réunir autour d’elles un nombre d’habitants au plus approchant de deux mille, priorité à la localisation judicieuse et non pas au profit des villes les plus grandes. La distance ou rayon d’action de chaque école se limitera à une lieue de 2000 toises à la ronde».

Le tableau suivant précise l’implantation des écoles envisagées par le district :
 
Lieu
Nombre
écoles

Villages abonnés

Nb
instituteurs
Nb
institutrices
Villefagnan
2
Villefagnan, Empuré, Brettes, Raix, Souvigné
2
2
Paysay-Naudouin
1
Theil-Rabier, Embourie, Paysay-Naudouin, Longré
1
1
Saint-Fraigne
1
Saint-Fraigne, Les Gours, Lupsault
1
1
Ranville
1
Ranville, Verdille, Barbezières, Chillé (Cne Oradour)
1
1
Anville
1
Montigné, Anville, Médard, Auge
1
1
Gourville
1
Gourville et Bonneville
1
1
Marsillac
1
Marsillac, la Chapelle, Embérac
1
1
Fouqueure
1
Fouqueure, Luxé, la Terne
1
1
Aigre et
Villejésus
1
1
Aigre, Villejésus, Mons et les villages Germeville (Oradour), et Aizecq (Cne Embérac)
1
1
1
1
Ruffec
2
Ruffec, Condac, Bernac
2
2
Villiers
1
Saint-Martin, Villiers, la Madeleine, la Chèvrerie
1
1
Monjean
1
Londigny, Monjean, La Forêt
1
1
Courcôme
1
La Faye, Courcôme, Tuzie
1
1
Les Adjots
1
Les Adjots et Taizé-Aizie
1
1
Moutardon
1
Bioussac, Moutardon, Messeux
1
1
Nanteuil
1
Nanteuil, Saint-Gervais, Vieux-Ruffec
1
1
Aiziecq
1
Aiziecq, Barro, Pougné, Poursac
1
1
Verteuil
1
Villegast, Verteuil, Saint-Georges
1
1
Bayers
1
Bayers, Chenon, Moutonneau
1
1
Aunac
1
Chenommet, Aunac, Lichères, Mouton
1
1
Saint-Sulpice
1
Saint-Sulpice, Gourson, Couture
1
1
Mansles
2
Mansles, Fonclaireau, Groux, Célettes, Puyréau, Villognon
2
2
Juillé
1
Juillé, Fontenille, Ligné
1
1
Salles
1
Salles, Lonnes, Charmé
1
1
Tusson
1
Tusson, Ebréon, Bessé
1
1

Nous ne savons rien de la réalisation effective de ces écoles. Mais, au travers des pétitions d’anciens instituteurs, comme celle que rédigeait celui de la Faye en vue de se faire payer ses émoluments pour la période précédent la révolution et celle la suivant, nous pouvons confirmer qu’il existait ici et là quelques petites écoles, tenues sans doute par d’anciens régents issus de l’ancien régime1.

Plus tard, les lois Guizot rendaient obligatoire, en 1833, l'établissement d'une école primaire dans chaque commune. Une grange faisait l’affaire et comme souvent les garçons étaient retenus par le travail des champs...

Sessions du conseil général, subventions construction d'écoles dans le canton : cliquer !

 

Les écoliers à Villefagnan en 1918.
 


Après la Révolution
Dans notre canton, en 1827-1830, selon les communes seulement 30 à 40 % des conscrits savaient lire. L'alphabétisation progressait nettement plus vite dans les zones viticoles, en raison bien sur de l'ouverture obligatoire vers l'extérieur qu'obligent les transactions commerciales. Ainsi, à Villefagnan l'analphabétisme était réduit à 10-14% au cours des années 1880-1884.



L'école à Raix
En 1833, les lois Guizot rendaient obligatoire l'établissement d'une école primaire dans chaque commune. Une grange faisait l'affaire et comme souvent les garçons étaient retenus par le travail des champs...
Une école existait sans doute à Raix. Elle devait cependant appartenir à un particulier car nulle trace n'apparaît sur les matrices cadastrales. Nous découvrons au travers des listes de recensement vers 1841, l'existence d'une institutrice "pour les filles de la commune", Marie Lizot. Nous retrouvons plus tard, vers les années 1860, la trace de l'un des premiers instituteurs publics, André Dussouil. L'école actuelle n'existait pas encore. Cet instituteur enseignait sans doute à son domicile, situé à main gauche en allant vers Villefagnan (maison Audouin). Une école s'était tenue aussi dans la maison Hugon, sans doute avant le transfert vers la nouvelle mairie-école. Vers 1865, venu de Manot, Martial Ithier succédait à André Dussouil. Or, Martial Ithier habitait à côté d'André Dussouil. Sans doute, avait-il commencé à enseigner dans les locaux de son prédécesseur.

Ecole de Raix en 1919.

La mairie-école
Cliquer : http://villefagnan.wifeo.com/histoire-raix.php
En 1865, la commune faisait dresser par l’architecte L. Soulier le plan d’une mairie-école, à peu près identique à celle que nous connaissons. Ce plan était approuvé par le ministre de l'instruction publique le 19 avril 1866.
Dès 1868 la commune achetait les terrains destinés à ce bâtiment public. Les travaux furent entrepris de suite et les écoliers purent être accueillis des 1869. Cette procédure se retrouve sans doute dans d'autres lieux, mais se veut toutefois "avant-gardiste".
Martial Ithier en était le premier maître et madame Annie Bœuf la dernière institutrice.

Voir chaque exemple dans les pages histoire de chaque commune.
Cette école fermera en 1972, comme bien d'autres dans le canton lorsque le nombre d'écoliers devint insuffisant.


A Villefagnan
Avant les lois "Ferry", il existait à Villefagnan, outre l'école primaire publique (obligatoire depuis la loi Guizot de 1833), une école primaire privée (catholique) et originalité pour le Nord-Charente, une école primaire privée de confession protestante ; elle aurait été intégrée à l'école publique ensuite). Mais, il n'existait ni cours complémentaire (il fallait aller à Ruffec), ni collège ou lycée.

Avant 1833 l'histoire est à creuser, après on constate la présence d'un instituteur. L'école semble se situer à la mairie. Ce bâtiment est ancien, demande des réparations, la commune chef-lieu de canton doit en plus caser la justice de paix et son greffe.

Faute de régistre des délibérations du conseil municipal, il est difficile de prospecter au delà de mai 1842 quand ce conseil, réuni en séance ordinaire, se voit exposer les dispositions de la loi du 28 juin 1833 et l'ordonnance du 16 juillet 1833, puis la circulaire du préfet, relatives au dépenses des écoles communales que la commune est obligée de consacrer.

En 1842 le traitement de l'instituteur sera de 200 fr ; 10 indigents seront acceuillis gratuitement ; les autres élèves seront assujettis à la rétribution scolaire.

Le 15 mai 1844, la commune demande au comité d'arrondissement la nomination de M. Jean Grouillard comme instituteur à Villefagnan. Ce maître est muni d'un certificat de moralité et d'un brevet de capacité pour l'enseignement primaire élémentaire en date du 7 septembre 1837 délivré par la commission d'Angoulême.

Il restera un long chemin à parcourir... Cliquer !


Le Certificat d'Etudes Primaires ou CEP (par Claude Carpentier)
Institué par la circulaire du 20 août 1866 sous le second Empire, le CEP reçoit de la troisième République une impulsion telle qu'il deviendra pour longtemps un examen prestigieux associé aux heures de gloire de l'école républicaine. Il s’éteint officiellement avec le décret du 28/08/1989 après une agonie, qui, depuis 1972, n'en faisait plus qu’un examen pour adultes. En 1988, on ne comptait plus que 48 candidats dans la France entière.
Défini en 1880 par Jules Ferry comme un examen devant être obtenu par tout élève ayant accompli une scolarité primaire élémentaire normale et non comme l'apanage d'une élite, le CEP est longtemps resté, éloigné de cet idéal, au désespoir des inspecteurs primaires qui déplorent parfois les candidatures trop peu nombreuses et dénoncent l'élitisme de certains maîtres. A deux reprises; le ministère s'interroge sur les moyens à mettre en oeuvre pour démocratiser l'examen : en 1890, L-Bourgeois demande que les conférences pédagogiques examinent l'opportunité de maintenir l'orthographe comme éliminatoire ; en 1916, ces dernières portent sur le CEP. La proportion d'élèves sortant de l'école avec le CEP est de l'ordre de 25 à 30 % jusqu'à 1900, puis de 35 % environ jusqu'à 1920. Au-delà, le taux augmente pour atteindre approximativement 50 % à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Plus tard, l'estimation perd de son sens dans la mesure où une partie non négligeable des élèves poursuivra ses études vers d'autres diplômes.
Réalité historique incontestable, la démocratisation du CEP connaît quelques disparités. L'école du peuple est caractérisée par l'inégalité d'accès à l'examen. Les fils d’artisans, de commerçants et d’employés connaissent en général un sort assez enviable (taux d'accès supérieur et parfois très supérieur à 50 % entre 1930 et 1940). En revanche, les fils d'ouvriers et surtout les fils dont le père est sans qualification ne semblent pas tirer le même profit de l'école (taux inférieur à 40 %).
Les candidatures sont souvent plus nombreuses pour les garçons (128 garçons présentés pour 100 filles en 1886). Vraisemblablement, dans la société de l'époque, le certificat avait pour les garçons une fonction sociale plus affirmée. En revanche, les filles ont un taux de réussite plus important et de meilleure qualité (mentions B ou TB), Ce constat, particulièrement net pour les années 30, suggère qu'une partie de l'élite masculine poursuit ses études dans le secondaire. Amorcé avant les années 30, le mouvement de démocratisation ne cessera de s'affirmer. D'abord destiné, en fait sinon en droit, à dégager l'élite de la communale, ce diplôme est devenu accessible à une population qui en restait écartée auparavant. Cette évolution est attestée par une élévation de l'âge auquel le CEP est obtenu. A cet égard, on notera deux tentatives, en 1923 et 1946, d'instaurer un examen en deux parties dont la première aurait permis l'accès à la classe de sixième. Après 1946, l'ambiguïté est définitivement levée : le CEP s'adresse à des élèves plus âgés achevant leur scolarité obligatoire.

Le collège de Villefagnan fait suite au GOD et au CEG
Voir page spécifique : http://villefagnan.wifeo.com/histoire-college-micheneau.php 

Subventions attribuées au communes pour leur école.

Ecole de Bernac 1875
Séance 23 août 1875
Rapport de la Commission.
Messieurs,
Depuis votre dernière session, vingt-trois communes ont adressé à M. le Préfet des demandes de subventions destinées à leur faciliter l'acquisition, la construction et l'appropriation de maisons d'école.
Dans ce nombre, quatre sollicitent une subvention départementale ; ce sont les communes de Poursac, Saint-Ciers, Le Lindois et Vaux-Lavalette.
Dix-neuf autres communes demandent un secours à l'Etat ; ce sont les communes de : 1° Saint-Angeau ; 2° Ruelle ; 3° Brettes; 4° Rivières; 5° Abzac; 6°Parzac; 7° Esse; 8° Touvre; 9° Sainte-Colombe ; 10° Alloue ; 11° Mons ; 12° Monlbron ; 13° Bouteville; 14° Chazelles; 15°Soyaux; 16° Bernac; 17°Bassac; 18° Roumazières; 19° Angoulême.


Commune de Bernac 1875.
Acquisition et appropriation de maison d'école.
Dépense prévue, 9,612 fr.
Ressources :
1° Fonds libres 3,040 f.
2° Contingent de la mobilisée 640
3° Emprunt 3,700
TOTAL 7,380
Déficit 2,232 fr.
La commune est grevée d'une imposition de 10 centimes pendant dix ans et a affecté à cette dépense tous ses fonds libres et le remboursement des fonds de la mobilisée.
Votre commission propose les allocations suivantes :
Sur les fonds départementaux 400 f.
de l'Etat 1,800f.


Commune de Brettes 1875.
Etablissement d'une maison d'école mixte.
La dépense prévue est de 10,000 fr.
Ressources :
1° Fonds libres et contingent de la mobilisée ... 3,411 f.
2° Emprunt 3,200
TOTAL 6,611
Déficit, 3,389 fr.
Cette commune est grevée d'une imposition de 14 centimes pendant dix-huit ans et son budget n'accuse aucun reliquat.
Votre commission vous propose les allocations suivantes :
Sur les fonds du département 500 f.
de l'Etat 2,800


Commune de Courcôme 22 avril 1879.
Construction d'une école double avec mairie.
La dépense est évaluée à 32,427 fr., dont 3,149 fr. pour la mairie. Les ressources s'élèvent à 22,000 fr. et se composent de : 1° 7,000 fr. de fonds libres; 2° 16,000 fr., montant d'un emprunt à la caisse des écoles, à couvrir à l'aide d'une imposition de 11 centimes et demi pendant trente et un ans. Déficit, 10,427 fr.
Votre commission vous propose d'allouer sur les fonds départementaux 1,050 fr. et de demander à l'Etat un secours de 9,350 fr.

Commune d'Embourie
22 avril 1879.
Acquisition et appropriation d'une maison d'école mixte.
Il n'existe pas d'école.
La dépense est évaluée à 6,220 fr. Les ressources s'élèvent à 3,900 fr., savoir:
1° 1,400 fr. de fonds disponibles;
2° 2,500 fr., montant d'un emprunt remboursable à l'aide d'une imposition de 20 centimes pendant dix ans et d'un prélèvement sur les revenus ordinaires.
Déficit, 2,320 fr.

Aucune taxe ne grève en ce moment cette commune, qui emploie au projet tous ses fonds libres.
La commission propose de lui allouer sur les fonds du département 300 fr. et de demander à l'Etat un secours de 2,000 fr.

Nota : Les enfants d'Embourie allaient depuis environ 20 à 25 ans à l'école de Theil-Rabier. Pour tracasseries administratives, l'instituteur sera provisoirement en loyer. L'achat se fait en 1879. la salle d'école sera construite en 1880. Le mur de séparation entre cour des filles et cour des garçons est construit en 1881.


Commune de La Faye 1879.
Construction d'une école de garçons, avec mairie.
Le bail de la maison d'école de filles ne pouvant être renouvelé, cette école sera installée dans les locaux occupés par les garçons.
Dépense, 22,700 fr., dont 2,100 fr. pour la mairie.

Ressources, 14,700 fr., savoir :
1° fonds libres, 3,000 fr.;
2° emprunt amortissable à l'aide d'une imposition extraordinaire de 10 centimes pendant trente et un ans, 11,700 fr.
Déficit, 8,000 fr.
D'après l'avis du conseil des bâtiments civils et du conseil départemental, il y aurait lieu de réduire de 1,000 fr. la dépense, en supprimant dans le projet de construction des ornementations reconnues inutiles.

La commune n'est actuellement grevée d'aucune taxe. Elle fait emploi de tous ses fonds disponibles en faveur du projet.
La commission propose d'allouer à cette commune 800 fr. sur les fonds du département et de demander à l'Etat un secours de 6,200 fr.

CG16 construction écoles 1881
Commune de La Magdeleine.
Construction d'une maison d'école mixte, avec salle de mairie.
L'école actuelle, installée dans un local loué, est insuffisante, mal disposée et ne saurait y être maintenue plus longtemps. La dépense, montant en totalité à 20,300 fr., se décompose de la sorte : achat de l'emplacement et frais accessoires, 948 fr. 20 c. ; construction, 17,501 fr. 80 c.; mobilier scolaire, 900 fr.; mairie, 950 fr.
La commune a voté : 1° un emprunt de 7,500 fr. à contracter à la Caisse des écoles et à amortir en trente ans, à l'aide d'une imposition extraordinaire de 12 centimes et demi ; 2° un prélèvement sur fonds libres de 933 fr. 76 c, afin de faire face à la dépense afférente à la mairie.
Le déficit est de 11,866 fr. 84 c.
Aucune imposition extraordinaire ne grève actuellement la commune, qui dispose, pour ledit projet, du montant intégral de ses fonds libres.

Nota : Commune de La Magdeleine, 1886, les archives sont en partie à la mairie nouvellement construite et encore non meublée, et en partie chez le maire, au village de La Vallée. A la mairie, je n'ai trouvé que les registres de l'état civil de l'an XIII à 1882. Chez le maire, absent, sont les registres postérieurs à 1882 ainsi que les collections imprimées. L'atlas cadastral est en assez mauvais état et plusieurs feuilles sont gravement endommagées.

Commune de Salles de Villefagnan 1881.
Construction d'une double maison d'école avec mairie. Les écoles, placées actuellement dans des immeubles loués, ne peuvent y être maintenues plus longtemps.
La dépense est évaluée en totalité à 29,650 fr., y compris 1,070 fr. pour la mairie. Les ressources sont de 15,000 fr., savoir : emprunt à la Caisse des écoles, 12,000 fr.; fonds libres, 3,000 fr., dont 1,070 fr. afférents à la mairie. Déficit, 14,650 fr.
L'emprunt de 14,000 fr. nécessite la création d'une taxe de 9 centimes pendant trente ans. Les fonds libres en caisse sont de 3,350 fr., sur lesquels 3,000 fr. sont destinés à l'exécution du projet. La commune ne supporte en ce moment aucune imposition extraordinaire.
Le Conseil départemental de l'instruction publique estime qu'en raison de la situation financière de la commune, les sacrifices qu'elle a consentis ne sont pas suffisants pour motiver l'allocation d'un secours de 14,650 fr. Il propose donc de n'accorder que 10,000 fr., et de laisser le complément de 4,650 fr. à la charge de la commune, qui sera en mesure d'y faire face facilement, puisqu'elle aura 11 centimes à sa disposition et des fonds libres en caisse.

Commune de Souvigné 1881.
Construction d'une double maison d'école avec mairie. Les écoles actuelles sont mal installées et donnent lieu à des plaintes sérieuses de la part du service académique.
La dépense, évaluée en totalité à 28,500 fr., se décompose ainsi : achat de l'emplacement et frais, 2,236 fr. 12 c; construction des écoles, 23,091 fr. 38 c; mobilier scolaire, l,372fr. 50 c; mairie, 1,800 fr. Les ressources assurées consistent dans un emprunt de 9,000 fr. à la Caisse des écoles et un prélèvement sur fonds libres de 3,500 fr., y compris les 1,800 fr. spécialement affectés à la mairie. Total des ressources, 12,500 fr. Déficit, 16,000 fr.
L'emprunt de 9,000 fr. sera amorti à l'aide d'une imposition extraordinaire de 12 centimes pendant trente ans. Il existe déjà pour le service de la vicinalité une taxe de 3 centimes expirant fin 1882. Les fonds libres, qui sont de 3,500 fr., sont entièrement consacrés à concourir à l'exécution du projet.

Commune de Tuzie 1881.
Construction d'une école mixte avec salle de mairie. Les conditions défectueuses de l'école actuelle rendent nécessaire la construction immédiate d'un bâtiment scolaire.
La dépense est évaluée à 19,300 fr., y compris 950 fr. relatifs à l'installation de la mairie. Les ressources sont de 6,700 fr., savoir : 5,700 fr., montant d'un emprunta la Caisse des écoles, et 1,000 fr., prélèvement à opérer sur les fonds libres pour la mairie. Le déficit est de 12,600 fr.
Pour l'amortissement de l'emprunt de 6,700 fr., il a été voté une imposition extraordinaire de 10 centimes pendant trente ans. La commune supporte déjà en 1881 une taxe de 3 centimes pour la vicinalité. Ses fonds libres en caisse paraissent s'élever à 1,720 fr. ; 1,000 fr. seulement sont destinés au projet de l'école ; mais le conseil municipal a déclaré que le surplus devait être réservé pour les travaux en cours d'exécution aux bâtiments communaux.

Commune de Villiers-le-Roux 1881.
Construction d'une école mixte avec mairie.
La maison louée pour le service scolaire ne réunit pas les conditions désirables.
La dépense est évaluée en totalité à 22,000 fr., y compris 900 fr. pour le mobilier scolaire et 1,526 fr. pour la mairie.
Ressources : 1° emprunt à la Caisse des écoles, 8,000 fr., à rembourser par une imposition de 12 c. 1/2 pendant trente ans ;
2° prélèvement de 1,650 fr sur les fonds libres, dont 1,526 fr. pour la mairie.
Total des ressources assurées, 9,650 fr.
Déficit, 12,350 fr.
Cette commune ne supporte en ce moment aucune imposition extraordinaire, et ses fonds libres paraissent s'élever au chiffre de 2,847 fr, 68 c. Elle a disposé de 1,650 fr. pour l'exécution du projet et réservé le surplus pour les réparations urgentes à faire à l'église.

CG16 21 août 1884
Secours pour maisons d'école.
Commune de Villefagnan.
1° Construction d'une maison d'école de filles et d'une école maternelle ; 2° appropriation de la maison d'école de garçons.
La dépense totale est de 61,500 fr., se décomposant ainsi : acquisition de l'emplacement et frais accessoires, 10,000 fr.; travaux de construction des écoles de filles et maternelle et d'appropriation de l'école des garçons, 48,645 fr. 50 c; mobilier scolaire, 2,854 fr. 50 c
Les ressources consistent dans un emprunt de 24,000 fr. voté à la Caisse des écoles, et qui sérait amorti avec le produit d'une imposition extraordinaire de 8 c. 1/3 à recouvrer pendant trente ans, à partir de 1885. Le complément, soit 37,500 francs, est demandé à titre de secours.
Les budgets communaux accusent un déficit de 305 fr. 65 c. La commune est grevée pour la vicinalité d'une taxe de 4 c 52/100 pendant trente ans, et elle a voté une taxe de 3 c. 2/3 à appliquer au remboursement d'un emprunt de 8,000 fr. pour la construction d'une justice de paix, dont le projet est actuellement à l'instruction.
Conformément au désir exprimé dans votre session d'octobre 1874, j'ai l'honneur de vous indiquer l'ordre de priorité qui me paraîtrait devoir être adopté, dans le cas où vous jugeriez utile de procéder au classement des demandes dont il s'agit :
1° Commune d'Aigre ;
2° — de Villefagnan ;
3° — d'Ebréon;
4° — de Mainzac ;
5° — de Lonnes ;
6° — de Saint-Laurent-de-Céris ;
7° — de Berneuil ;
8° — de La Faye ;
9° — de Trois-Palis ;
10° — de Sigogne ;
11° — de Confolens ;
12° — de Châteaubernard ;
13° — de Genouillac ;
14» — de Guizeogeard ;
15° — d'Etagnat.
Villefagnan ne sera pas retenu par le ministre.
J'aurai l'honneur de vous représenter les quinze dossiers qui vous ont été soumis à votre session d'avril, afin que vous puissiez prendre à leur égard telle décision que de droit.
A ce sujet, j'appelle votre attention sur la nécessité de procéder dès maintenant au classement de toutes les demandes régulièrement instruites. Sans doute, il est à peu près certain qu'il ne pourra être donné suite à ces demandes que dans un avenir plus ou moins éloigné et lorsque la dotation de la Caisse des écoles aura été reconstituée; mais leur présentation aura pour résultat de faire prendre date aux propositions de secours concernant la Charente, et d'éviter au département de se placer volontairement dans une situation d'infériorité très grande vis-à-vis des autres départements, qui ne se sont nullement arrêtés dans la voie des classements et ont continué à adresser à l'administration supérieure des projets de construction ou d'amélioration de maisons d'école.
Nota : ce projet n'ira pas au bout (cliquer sous Villefagnan la page Villefagnan école).

CG16 1889
Le conseil général décide d'attribuer une carte murale du département à l'école mixte de Villiers-le-Roux.

CG16 1893
Commune d'Empuré.
Acquisition et reconstruction d'une école mixte avec mairie.
La dépense scolaire est évaluée à 13,840 f. Somme de laquelle il faut déduire. 931 fr représentant la valeur de vieux matériaux. Il reste 12,909 fr.
L'Etat pourra intervenir dans le paiement de cette somme jusqu'à concurrence de 73 %'
En raison de la valeur du centime communal (22 fr. 93 c.) 10 %
En raison des charges communales annuelles (37 c. 30/100). 10 %
En raison du montant de la dépense (10 %)
Total subvention 73 % soit 9.423 fr.
Part de la commune et du département 3,485, 43
Secours à accorder sur les fonds du département 1.178
Il reste pour le contingent de la commune 2.307,43
Le conseil municipal a voté, pour acquitter les annuités de ce contingent, une taxe extraordinaire de 6 c. 30/100 pendant trente ans.
Les travaux d'installation de la mairie, évalués à 1.420 fr. seront payés au moyen d'un emprunt spécial, dont l'amortissement nécessitera le produit d'une taxe extraordinaire de 3c. 90/100.
La commune n'est grevée d'aucune imposition extraordinaire, mais elle supporte 37 c 30/100 pour insuffisance de revenus et dépenses annuelles.


CG16 1937

La Forêt-de-Tessé
M. le Ministre a approuvé, par arrêté en date du 22 Juillet 1936, la création :
D'une école de garçons à une classe et d'une école de filles à une classe à La Forêt-de-Tessé, en remplacement de l'école mixte à classe unique ;
D'une école de garçons à une classe et d'une école de filles à une classe à Bernac, en remplacement de l'école mixte à classe unique.


A noter l'absence de demande de subvention pour Villefagnan qui se contentera d'une modeste école jusqu'en 1979.
A noter que Raix possédait déjà dès 1869 une mairie-école neuve.

Paizay-Naudouin installera une partie de ses écoliers dans sa nouvelle mairie-halles-école en 1886, une autre dans une maison du bourg, et fera contruire une nouvelle école vers 1960.


Jack Proust dans le dictionnaire biographique des Charentais
A l’instigation des Conseils généraux des Deux-Charentes, vient de sortir «un dictionnaire biographique des Charentais illustres».
A la page 1076, on relève l’article ci-après parmi les 9942 personnalités retenues : «PROUST Jack, spécialiste de tennis de table (Villefagnan 1921-Saint-Michel 2004), instituteur et mari d’Odette, également institutrice, ils forment le couple idéal d’enseignants ruraux.
Une première nomination en 1942 à Villefagnan pour remplacer un collègue franc-maçon mis à pied (Louis Marboeuf), puis à Ruffec, ils sont enfin nommés à Saint-Fraigne où ils resteront de 1945 à 1977. L’école du village, aujourd’hui désaffectée porte leur nom.
Outre cette carrière emblématique, Jack Proust se spécialise très vite dans le tennis de table. Créateur en 1948 d’un club local de ping-pong, il s’intéresse à l’animation de ce secteur sportif et devient président de la fédération nationale et un des arbitres les plus écoutés dans le milieu du tennis de table.
Longtemps rédacteur en chef de France tennis de table, la revue officielle de la Fédération, il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages de référence dans son domaine : Le guide du tennis de table (Marabout 1980) et une histoire de ce sport, Berthe de ping à pong (France tennis de table 1990).
Rappelons que Jack Proust a été président de la ligue Poitou-Charentes durant 8 ans (1964 à 1972) etmembre du comité directeur de la Fédération française de tennis de table durant 16 ans (1972 à 1988) dont 10 années de vice présidence (1978 à 1988).

 
La soupe
L'hiver, dans les écoles du canton de Villefagnan, les instituteurs faisaient traditionnellement "bouillir la soupe" sur le poêle de la classe. Il n'existait pas ou peu de cantines scolaires. Les élèves amenaient leur "manger", froid bien entendu. Aussi, cette soupe épaisse et chaude était elle avalée, dans la classe même, avec beaucoup de plaisir. Les légumes provenaient bien souvent du jardin potager de l'école entretenu par les enfants.
Notons que chaque écolier devaient également amener chaque jour une bûche afin d'alimenter le poêle de la classe.

Les sauterelles
  Angoulême le 12 juin 1901
  Monsieur l’instituteur (de Courcôme)
Je vous prie de bien vouloir vous mettre à la disposition de Monsieur le Maire de votre commune pour lui prêter votre concours et celui de vos élèves concernant la destruction des sauterelles qui doit s’opérer soit par les équipes militaires, soit avec l’aide des habitants du pays en dehors des heures de classe bien entendu.
Il vous suffit pour cela de conduire les enfants sur les lieux où il sera procédé à la destruction des sauterelles et de leur indiquer comment ils doivent s’y prendre pour rabattre les criquets sur des toiles disposées à cet effet.
Je vous prie Monsieur l’Instituteur de vouloir bien adresser une copie de cette lettre à tous vos collègues du canton.
Agréez, Mr etc...
Signé : L’ Inspecteur d’Académie Reinond
Maintenant, jouons !
Un problème de train
Un premier train part à 8h32 de Villefagnan vers Ruffec ; il roule à la vitesse moyenne de 38 km par heure. Un second train quitte à 8h37 Ruffec en direction de Villefagnan. Sa vitesse moyenne est de 42,5 km par heure.
A quelle heure et à quelles distances respectives de Ruffec et de Villefagnan se croiseront-ils ?
L'heure est à donner sous la forme : h, mn, s ; la distance sera exprimée en km, hm, dam, m.
Nota : si ce problème est trop compliqué, rendez-vous à la page "LE TRAIN "et vérifiez le nombre de voies que comptait la ligne Niort-Ruffec entre Villefagnan et Ruffec.
Préparons l'Euro
Que coûtent 76 livres, 11 onces 3/4 de pain à 3 F, 17 sous, 1 denier 1/4 la livre ?
Partager 17 moutons entre trois frères de manière à ce que l'aîné en ait la moitié, le puiné le tiers et le dernier 1/9.
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