Le musée rural à Villefagnan

Il est temps de penser à l'histoire du musée rural... Les fondateurs ne doivent pas être oubliés même si l'histoire de ce musée est triste.

Pour ne pas oublier Marius Gagnère, président fondateur du GRAV (GRAHV) : http://villefagnan.wifeo.com/la-magdeleine-histoire.php


 
Le musée rural ce sont des objets, des souvenirs de la vie locale, et des expositions à thème.
Sujets et contenus de ces expositions : http://artistesdeloubille.over-blog.com/

De nouvelles collections ont rejoint le musée en 2008 : poteries de la Chapelle-des-Pots (17) où Bernard Palissy avait trouvé chaussure à son pied, jouets anciens, baratte et moules à beurre, outils divers, broies à chanvre en bois, rouet à chanvre, lit d'enfant XIXe, promenoir, nombreux mannequins, coiffes de pays, locales, saintongeaises et Saint-Jean-d'Angély, carreaux de dentellière, fers à repasser, à friser, un atelier de menuiserie, des outils de charron etc. etc. etc. Le GRAHV est passé à côté d'un atelier de charron en excellent état, encore en état de fonctionnement... Lire à la fin de cette page.


L'histoire du musée de Villefagnan
Le GRAHV s'est vu confier la création d'un Conservatoire Rural d'Art et Traditions Populaires (poème : Calme et douceur émanent du bourg) à Villefagnan, avec une aide financière de la Direction Jeunesse et Sports de la Charente.
Ce conservatoire, situé au grenier des Halles de Villefagnan a été inauguré en 1981 et reçoit de nombreuses visites, notamment un important public scolaire. Des expositions d'été sont proposées en parallèle.



Le musée rural, comme on l'appelle souvent, recevait en 1986 de nombreuses éloges dans les quelques pages spéciales que le journal l'Avenir de Ruffec consacrait à Villefagnan : "Un intérieur saisissant de vérité dans lequel apparaissent de nombreux éléments de la vie de tous les jours en ce début de siècle. Outre le lit à quenouilles, sur la gauche, avec sa paillasse bourrée de paille de maïs de Ruffec, signalons la pendule comtoise, à droite, dont l'histoire véridique est contée par ailleurs".On pouvait lire : "Vaut le détour" s'il fallait faire un guide touristique, telle est l'appréciation élogieuse qu'emporterait probablement ce conservatoire de traditions populaires.


Nota : Le parquet a été ciré en 2002, des grilles et des meubles d'exposition ont été achetés, les tentures en jute teint ont été remplacées par de la toile de verre peinte en blanc, des éclairages ont été ajustés, mais le coeur du musée - l'intérieur XIXe siècle - est resté intact.

Situé au 1er étage des Halles, il existe maintenant (c'était en 1986) depuis plus de 4 ans et cela paraît si naturel que des gens de la région avouent n'y avoir jamais mis les pieds..., alors que des écoles, des associations, se déplacent parfois de loin pour venir le visiter et profiter des explications d'un de ses créateurs, monsieur Dumousseau.


Cette charrue possède un secret : quel est-il ?

Il fallut d'abord qu'une société locale déjà existante prenne en charge la création d'un tel musée ; le GRAV (notons alors l'absence du H de GRAHV) accepta de s'en occuper ajoutant ainsi à sa vocation première de conservation du patrimoine archéologique, celui de sauvegarde du patrimoine ethnique, et linguistique (le patois).


L'acte de naissance du Conservatoire remonte à 'l'année du patrimoine" (1980), le ministre avait octroyé à cette occasion des subventions aux sociétés ou organismes qui créaient un centre de sauvegarde des objets, costumes, outillages... de nos aïeux.
La subvention fut de 4000 francs  ; de quoi parer à quelques frais : c'est évidemment à l'initiative locale et à la "foi" de quelques-uns, trop peu nombreux, que le conservatoire doit d'exister et de continuer.


Puis ce fut la recherche du local ; il fut vite désigné : le "grenier" au dessus des Halles occupé par les cantonniers. La municipalité accepta de le prêter pour 5 ans, renouvelables.
La pièce, très grande, avec sa charpente apparente, ses pierres à nu, correspondait à un tel usage : encore fallait-il la vider. Ce ne fut pas une mince affaire.
Et il restait encore le plus dur : la collecte des objets. Ils ne manquent pas dans Villefagnan : vieilles photos, articles du début du siècle, cartes postales anciennes, ustensiles abandonnés dans un coin de grenier ou dans une cave.
Ont participé à la réalisation du musée rural : Alain Damy, Martine Debord, Jean Dumousseau, Marius Gagnère, Mireille Marsault, Yveline et Jean Prat.


Encore fallait-il quémander, fouiller, collecter. Ce fut l'œuvre de quelques personnes passionnées et dévouées... achetant parfois ce qui ne pouvait être donné, fouillant même un dépôt d'ordures : ainsi y fut trouvée une balance datant de 1767 !
Peu à peu, le musée prenait corps, de nombreux instruments agricoles (de fabrication locale), des objets quotidiens s'entassant, chacun avec son histoire. Il fallut les disposer et la subvention du Ministère servit en partie à cela.
Il fallut aussi donner un centre au musée : ce fut la création de M. Dumousseau, de cet "intérieur charentais" dont les personnages sont d'une vérité surprenante.


Une partie de ces objets a été achetée.

Le résultat est là, impressionnant :
  • de la voiture d'enfants (spécialement conçue pour emmener le gosse dans les champs),
  • à "la ponne", récipient destiné à la lessive, elle-même alors appelée la bugée,
  • à "la cassotte" juchée sur son seau,
  • sans oublier les instruments agricoles, ni les outils, ni les menus objets,
  • tout y est, et recrée véritablement le décor et la vie même en ce début de siècle..."

Parmi les entraves à chevaux, une menotte de gendarme.
Voici la présentation adoptée en 2002.

 
Désireux de transmettre aux jeunes générations le témoignage d'un passé quasi révolu, Marius Gagnère et son compère Jean Dumousseau, passionnés d'histoire locale, autodidactes et savants en la matière ont mis tout en oeuvre afin d'offrir une collection d'objets et d'outils ruraux trouvés au sein du canton de Villefagnan, souvent réalisés par des artisans locaux, sinon par les paysans eux-mêmes.


Pierre Raymond huissier de justice à Villefagnan. Don de la famille.

En 2001, la présidence du GRAHV était confiée à Pascal Baudouin (votre serviteur) qui devenait de fait le conservateur du musée rural. Dans l'esprit des fondateurs, il l'a remanié en profondeur, en lui donnant de l'espace (une pièce supplémentaire) et en apportant une nouvelle touche pédagogique avec un déroulé logique de la visite. 
Il présente chaque année des expositions à thème qui complètent au fur et à mesure les collections du musée.




Un intérieur Charentais du XIXe est représenté par une magnifique chambre (telle était appelée la pièce commune il y a un siècle). Cette dernière compte la quasi-totalité des objets ménagers utilisés au XIXe siècle et parfois encore récemment. Le lit à baldaquin (lit à la duchesse), pratique lorsque le bois était cher et le chauffage central inexistant, la maie (pétrin) indispensable au pétrissage de la pâte à pain, la table familiale, la pendule (dire Charentaise et non Comtoise ne serait pas une si grande erreur), le " promenou ", l'évier et sa " cassotte ", la cheminée auprès de laquelle il faisait bon se réunir pour veiller et écouter les magnifiques contes de nos anciens, nous donnent toute l'émotion voulue pour apprécier au mieux cette fidèle reconstitution.


De nombreux outils agricoles, à l'époque où le laboureur était encore laboureur à bras, parfois à bœufs lorsque sa richesse s'était accrue, interrogent notre regard et fixent notre attention. Ces outils varient avec les saisons et se modernisent avec le temps. Un lot de fourches à loup témoigne par ailleurs de l'insécurité de nos campagnes au siècle dernier. Incontournable, une buanderie, avec sa ponne et son chaudron, nous font découvrir comment se faisait la bugée (lessive), à l'aide de la cendre lorsque n'existait pas encore de machines à laver.


D'autres objets encore, balances et poids, poteries, baratte, lampes, savamment entretenus, témoignent de l'époque où Villefagnan comptait de nombreux commerçants et artisans. Une bonne collection de " bourgnes ", de toutes tailles, et quelques outils destinés au travail du chanvre ou du lin nous rappellent combien aujourd'hui la vie est devenue facile.


Une autre partie du musée, nouvellement modifiée, présente des habits de la grande époque et de magnifiques coiffes. Une petite exposition dans le couloir central propose des cartes anciennes.


Un pulsoconn... attention à la prononciation !

La municipalité de Villefagnan envisage de créer un nouveau musée, mais les premières réunions ont montré que le GRAHV (et votre serviteur surtout) étaient jugés indignes d'en assurer la conception, malgré des années de bons et loyaux services, malgré des années de recherche, malgré des idées novatrices, malgré d'excellents résultats alors que de 1999 à 2008 la fréquentation du musée actuel avait été multipliée par 12.
La messe est dite... Merci aux politiques et aux seigneurs qui les servent !
Tout le travail (expositions temporaires de 1997 à 2008, renouveau du musée (2002) etc. recherche de documentation, spectacles, création de la Fête du vent, tournage de vidéos, collection de photos, contacts, etc. n'aura servi à rien. Le maire,
d'alors, de villefagnan et certains conseillers municipaux, certains de ses amis, ne voulaient pas que le musée ne rayonne au delà des murs de leur commune. L'histoire s'arrête là !!!


Maquettes offertes par M. Pagnoux de la Chèvrerie.

 
Un nouveau président a été élu suite à ma démission en mars 2009. Ensuite le musée a été inventorié mais le projet n'a pas évolué depuis. Le président d'alors espérait bien voir le projet de musée aboutir. Ce que je souhaitais de tout coeur forcément. Mais... lui aussi a fini  par démissionner à son tour.
Aujourd'hui le GRAHV s'est installé confortablement dans des Charentaises, tel un banal comité des fêtes. Tout ça parce des élus ont voulu lier des bénévoles
sous leur joug... Pour moi, j'ai mis des années à oublier ce choc, et désormais je suis convaincu que la démocratie n'existe pas.
Pour mieux comprendre : http://villefagnan.wifeo.com/grahv-expositions.php



 
 
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