L'église Saint-Genis d'Embourie

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Un prieuré dépendant de l'abbaye de Nanteuil-en-Vallée a existé à Embourie, le prieur était seigneur d'Embourie. Le prieuré de l'ancien diocèse de Poitiers dépendait de l'abbaye de Nanteuil. Il était d'un revenu de 160 livres et annexé à l'aumônerie de l'abbaye. On n'a pas retrouvé la trace de l'emplacement de ce prieuré.

En 1868, le bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente décrit l’église d’Embourie, en quelques lignes
EMBOURIE, époque moyen âge, église du XIIe siècle, plan en carré long, avec une abside droite qui fut primitivement circulaire, voûte en berceau à cintre brisé, arc doubleau ogive appuyé sur des piliers carrés se terminant en tailloirs sans ornements.
Portail plein cintre, archivolte lovés avec un entrelacement, corniche ornée de modillons symboliques se dessinant en arcature.
La longueur de l’édifice est d’environ 23 m et la largeur de 6 m.

L’église d’Embourie ne sera pas sublimée par les spécialistes de l’architecture romane. Trop modeste…

Dans le chœur, au Sud, une porte du XVe, avec jambages ornés d'un boudin suivi d'un cavet, et un linteau en accolade simple.

Cette église est un long rectangle, dont la voûte de briques part d'un cordon en quart de rond.


Un seul vitrail, mais quel vitrail !

«L’unique vitrail de l’édifice* garnit la baie qui ajoure le chevet plat. Cette pièce (non signée, non datée) est remarquable par la qualité de son exécution. Un remplage découpe un oculus accosté de quatre petits écoinçons qui abritent des têtes d’anges assistant à la scène principale : la Crucifixion …au Golgotha.»
 
MVLIER ECCE FILIUS TUUS :
Voici ton fils bien aimé
ECCE MATER TVA :
Voici ta mère

*Source : Patrimoine du Ruffécois, l’art du vitrail, page 70 (Pays Ruffécois et Via patrimoine, 2008.
 
1876 : «La fenêtre en pierre sculptée du chevet de l’église, représentant la couronne du Christ, fut brisée par le vandalisme de 1793 et n’a pas été remplacée, faute de secours, par le plus modeste vitrage…»

L'église est du XIe et du XIIe siècle.
 
La façade est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1987.
La paroisse était annexe de Theil-Rabier avant la Révolution.
L'église fut visiblement très remaniée : ajout d'un collatéral (enlevé plus tard), réduction de la façade, etc.

Elle a été remaniée en 1661.
Lundi 11 avril 1661
Bénédiction de l'église d'Embourie
«Lonzie' jour d'avril, Lundi de la semaine sainte de lan mil six cents soixante et un, a esté bénite l'église paroissiale de saint Genest d'Ambourie au désir de la commission de M. le vicaire général de monseigneur dont copie est cy dessous transcrite, pretres et assistants cy soussignés par moy curé de Javarzay a la réquisition et diligence de Mre René Bazin prestre curé dudit Ambourie et Teil-Rabier son annexe, lequel la fait rebastir et restablir.
Nous permettons a Mr le curé de Javarzay de bénir l'église d'Ambourie nouvellement restablie. A Poitiers le 31 mars 1661.
Signé L. Guyon abbé de Tonnay-Charante, vicaire général.
G. Sytault prestre curé de javarzay, commissaire R. Bazin, preStre curé des paroisses de Teil et Ambourie son annexe.


Le joug de la cloche a été remplacé en l'année 2000.
 
La paroisse fut annexée «de temps immémorial» à sa voisine Theil-Rabier, faute de pouvoir nourrir seule son curé. Parce que cette paroisse relèvait, au temporel, de l’abbaye de Nanteuil par l’entremise hiérarchique d’un prieur. Alors qu’elle dépendait de l’archiprêtré de Bouin et du diocèse de Poitiers pour le spirituel.
Ce qui explique en seconde partie du XVIIIe siècle, que le curé de Theil et Embourie, l'abbé Laurent-Pierre Charbonnier, ainsi que ses prédécesseurs, n‘étaient pas en mesure d’entreprendre de quelconques réparations aux deux églises, et que le presbytère tombait en ruine. Comme "aujourd'hui" le petit cimetière qui sommeille au chevet de l’église.
 
La façade avant 1661. (photomontage)

La façade est curieuse avec ses lignes horizontales et ses quatre contreforts en glacis. Les deux du centre encadrent la porte, entourée d'un cordon, à deux voussures, dont l'une est taillée en boudin. 
Au-dessus, une corniche à petites arcades est portée par des modillons grossièrement sculptés. Sur cette corniche ouvre une fenêtre, entourée d'un boudin, dont les impostes sont ornées de dents de scie se développant sur la façade et contournant les contreforts. Elle est surmontée d'un autre cordon mouluré, portant un clocher-arcade, à une ouverture en plein cintre. Le mur de la façade se retourne sur les côtés, formant contreforts. 
Il existe aussi plusieurs petits contreforts au Nord.
 

La façade après travaux de 1661.


Evolution possible du plan de l'édifice.

A l'origine, le chevet se terminait par une abside. La façade initiale était celle d'une église plus large. Ce qui est sans doute à l'origine de l'effondrement de sa voûte. Elle fut alors rebâtie, moins large, mais adjointe d'un collatéral.


La sacristie est sans doute de la même largeur que l'était le collatéral.
Le mur gouterau est, a été percé pour desservir le collatéral pour passer dans des chapelles, aujourd'hui détruites, dont les arcades du XVe siècle sont visibles à l'extérieur.


 

Restauration de l'église Saint-Genis en 1876

L’église Saint-Genis, faute d’entretien, était visiblement très délabrée à la fin du XIXe siècle.

  • Pourquoi ?

C’est l’architecte-géomètre de la ville de Ruffec, B. P. Gilbert qui nous éclaire en 1876.
«La petite paroisse d’Embourie dont la population est de 253 habitants possède une église romane érigée au commencement du 12e siècle ; sa façade principale est assez bien conservée et la corniche du portail est supportée par des corbeaux dont la sculpture symbolique est très remarquable.
Depuis 1793, Embourie n’avait plus de prêtre pour la célébration des offices et, pendant plus de 80 ans, la petite église de cette paroisse n’était que peu, ou point fréquentée ; nuls travaux d’entretien n’étaient faits pour la conservation de l’édifice.
Cependant, il y a environ 5 ans (1871), Mgr l’Evêque d’Angoulême en fit rouvrir les portes par M. Gracie, curé actuel d’Embourie.
Une famille chrétienne de la contrée lui donna une demeure (le presbytère) et l’administration municipale s’empressa de faire dresser les devis de réparation à faire à l’église et au presbytère.
L’état de délabrement et de vétusté dans lequel se situe l’église est indescriptible. Depuis de bien longues années, les intempéries des saisons détruisaient l’édifice: la toiture s’effondrait ; l’autel, la sainte table, les bancs, les fenêtres tombaient en lambeaux ; l’humidité et le salpêtre rongeaient le dallage et les murs.
Mais les habitants d’Embourie comprennent qu’ils doivent venir en aide au ministre de la religion qui leur est envoyé (M. Gracie), et alléger sa pénible tâche.
On refait la toiture de l’église, on construit ensuite une voûte qu’on plâtre sur lattis, on recrépit les murailles que l’on recouvre ensuite d’un enduit de plâtre avec appareil.

Les murs du presbytère sont aussi recrépis, quelques pièces ont même reçu du papier de tenture ; les planchers sont refaits ; mais dans tous ces travaux on s’est trop hâté, ou plutôt on a négligé de faire les travaux d’assainissement qui devaient précéder les autres ; et on a donné seulement à l’église et au presbytère l’apparence de solidité et de propreté...

Dans la sacristie, les habits sacerdotaux sont exposés à la plus pénétrante humidité.
A Embourie, comme dans bien d’autres paroisses, le cimetière est contigu à l’église qui est construite sur un coteau exposé à l’Ouest et dont la déclivité est de plus de 10 centimètres par mètre ; il s’ensuit qu’au chevet de l’église, les terres du cimetière s’élèvent à plus de deux mètres au dessus du dallage.
La sacristie, qui est sur le même alignement est également enfouie dans les terres, ce qui explique son fâcheux état.
L’autorité administrative reconnaît la nécessité d’isoler les terres du cimetière du chevet de l’église et de la sacristie, de refaire le dallage du sanctuaire, et de certaines parties dans la nef.
La fenêtre circulaire qui est audessus de l’autel serrait également l’objet d’un travail en rapport avec ce qui existait précédemment.
La sacristie en piteux état et exiguë serait démolie et reconstruite avec d’autres matériaux en lui donnant un peu plus de superficie.

L’autel même de l’église reçoit les injures du temps car la fenêtre en pierre sculptée du chevet de l’église, représentant la couronne du Christ, fut brisée par le vandalisme de 1793 et n’a pas été remplacée, faute de secours, par le plus modeste vitrage.
Aujourd’hui, on s’aperçoit de l'erreur commise, on a enfermé l’humidité dans des murs de 0,70m d’épaisseur. Les papiers de tenture du presbytère n’adhèrent plus aux murailles, ils tombent en maints endroits, et quoique M. le Curé souffre physiquement et moralement de cet état de choses qui peut nuire à sa santé, il ne demande maintenant des secours que pour son église.

Monsieur Gracie, qui a déjà tant fait pour la sécurité des fidèles, désire avec Messieurs les Fabriciens de l’autorité municipale, que des améliorations soient faites dans les plus brefs délais pour conserver le plus longtemps possible un édifice dont la ruine et le trop mauvais état priveraient des instructions du prêtre et des secours de la religion, les habitants de cette petite paroisse si longtemps déshéritée de leurs bienfaits et de leur inépuisable charité.

Travaux à réaliser à l’église et à la sacristie

Terrassements: 82,66 fr.
Sacristie et devant le chevet
Maçonneries : 1.264,19 fr.
Chevet, mur soutènement cimetière, aqueduc évacuation eaux sous la sacristie, dallage sanctuaire et église, etc.
Charpenterie : 352.04 fr.
Linteaux, lambourdes plancher, etc. pour la sacristie.
Couverture : 148,50 fr.
Tuiles neuves de Clévachon, dalles en fer blanc, etc.
Menuiserie : 57,20 fr.
Portes et contrevents
Plâtrerie : 152 fr.
Plafond sur lattes bois, cheminée, et enduit sacristie
Serrurerie : 78,40 fr.
Serrure sacristie, gonds et pentures, plaque cheminée
Peinture et vitrerie
Peinture des menuiseries, des plinthes (noix lucidonique), vitrage.
 
TOTAL : 2.261,42 fr.
«Approuvé à Angoulême par le Préfet le 19 avril 1879…»

Nuit romane en juillet 2013.
 
L'église est du XIe et du XIIe siècle.
 
 
La paroisse fut annexée «de temps immémorial» à sa voisine Theil-Rabier, faute de pouvoir nourrir seule son curé. Parce que cette paroisse relèvait, au temporel, de l’abbaye de Nanteuil par l’entremise hiérarchique d’un prieur. Alors qu’elle dépendait de l’archiprêtré de Bouin et du diocèse de Poitiers pour le spirituel.
Ce qui explique en seconde partie du XVIIIe siècle, que le curé de Theil et Embourie, l'abbé Laurent-Pierre Charbonnier, ainsi que ses prédécesseurs, n‘étaient pas en mesure d’entreprendre de quelconques réparations aux deux églises, et que le presbytère tombait en ruine. Comme "aujourd'hui" le petit cimetière qui sommeille au chevet de l’église.


Don de l'Abbé Roussier décédé en 1815
Curé de Theil et Embourie, l'abbé Laurent-Pierre Charbonnier (et de même ses prédécesseurs) n'avait sans doute fait en 20 ans aucune réparation aux deux églises et le presbytère tombait en ruine.
Un des premiers actes de l'abbé Jean-Claude Roussier, à son arrivée, fut de demander des dommages et intérêts à Mlle Jeanne Charbonnier et à Messire Vincent Bardon de la Breaudère.
C’étaient les héritiers de son prédécesseur, l'abbé Laurent-Pierre Charbonnier mort à Theil en 1780, qu’il attaquait en raison de l'état lamentable où leur oncle avait laissé les lieux ; et ceux-ci, «pour éviter toute contestation, entretenir paix et union» s'engagèrent à verser à l'Abbé Roussier la somme de 2.100 livres afin qu'il put faire les réparations urgentes (Bezeaud, notaire à Ruffec, le 21 mars 1780).
Le curé Charbonnier, était-il négligent, avare, ou réellement pauvre. En tous cas, ses héritiers le sauveront post-mortem de la honte de ne pas avoir entretenu (ou pu entretenir) ses églises et son presbytère.
L'Abbé Jean-Claude Roussier, né à Ruffec le 5 février 1740, fils de François, maître-chirurgien, et de Jeanne Coutant, prêtre, couchera son ancienne paroisse sur son testament : «Je donne à la cure d'Embourie, deux ornements, deux étoles, un manipule, un surplit, un rochet, une aube et autres linges d'église qui sont dans la sacristie de Sainte-Radegonde (Theil-Rabier), et donne aussi cent écus aux pauvres de cette paroisse, cent écus à ceux de Theil-Rabier, cent écus à ceux de la paroisse de Brettes».
L'abbé Jean-Claude Roussier fut du 21 février 1780 jusqu'à 1791, prêtre curé de Theil et Embourie (succédant à Laurent-Pierre Charbonnier), comme attesté le 13 octobre 1792 à Fribourg en Suisse par l'évêque de Poitiers Louis Beaupoil de Saint-Aulaire, émigré lui aussi, et aussi en compagnie de l'abbé Lepelletier curé de Villefagnan.
L'abbé Jean-Claude Roussier avait refusé de prêter le serment de la constitution civile du clergé et n’avait d’autres choix que d’émigrer pour éviter la peine de mort. Prêtre déporté.
 

Trois ans en chantier
En 2012, la commune de Paizay-Naudouin-Embourie se lance dans la restauration de l'église Saint-Genis. Le conseil municipal opte pour trois tranches de travaux.
Trois phases donc. «En 2012, dépose de la voute en lattis, réfection charpente, couverture, et maçonnerie extérieure nord, sud et est, détaille Michel Gall, en 2013, restauration de la façade, remplacement menuiserie des fenêtres et vitraux, en 2014, restauration de l'intérieur et de l'installation électrique.» D'où trois tranches de financement : 77.791 euros pour 2012 dont 67 pour cent de subventions, 33.386 euros pour 2013 dont 78 pour cent de subventions, 20.475 euros pour 2014 dont 30 pour cent de subventions.

http://villefagnan.blogs.charentelibre.fr/2012/05/30/paizay-naudouin-embourie-eglise





La cloche avait été déposée pour refaire son joug en 2000.

Sur cette cloche est apposé : "En l'honneur de Saint Genest d'Embourie, M. L. Merceron parrain Delle Fragnaud marraine, René Merceron maire, Jean Renaud adjoint, année 1812."


Du sol au plafond.


Les portails du collatéral disparu ont été évidés et reconstruits.






La différence de type d'appareil permet d'observer deux époques.

Bravo ! Mille fois bravo !
Il ne reste plus que la 3e tranche de travaux : électricité et intérieur de l'église.



Ensuite, il sera temps de ressusciter le vieux cimetière et de le végétaliser.


La dîme
Déclaration que donne à nos seigneurs de l'assemblée générale du clergé de France qui sera tenue en l'année 1730 et à Messieurs du Bureau du diocèse de Poitiers, Charles Barbarin prêtre curé des paroisses Sainte-Radegonde de Theil et Saint-Genis d'Embourie, unies au diocèse dudit Poitiers, Généralité de limoges et élection d'Angoulême, des biens et revenus des dites cures, pour satisfaire à la délibération de l'assemblée générale du clergé de France du 12 décembre 1726.
Déclare premièrement que :

  • Les cures de Theil et d'Embourie sont unies et annexées depuis un temps immémorial, elles ont séculières à la nomination et collation de Monsieur l'évêque de Poitiers. Le revenus de la paroisse de Theil consistent en un gros de 40 boisseaux froment et 40 boisseaux méture, mesure de Ruffec. Le boisseau de bled froment pèse 70 livres, ledit gros ou pension est payée audit curé annuellement par Messieurs de Bourdeille, Bessé et autres leurs "comparsonniers" décimateurs généraux dans toute l'étendue de la paroisse dudit Theil. le blé froment vaut année commune 3 livres le boisseau, et 40 sols le boisseau de méture, partant vaut ledit gros en tout al somme de 200 livres.
  • Plus jouit ledit curé du droit de terrage au septain des fruits dans ladite paroisse de Theil sur 21 boisselées de terres labourables mesure dudit Ruffec dont il y a toujours la tierce partie ensemencée en coupage que les particuliers font manger aux bœufs suivant la Coutume d'Angoumois en ce que ce n'est pas un pays où on recueille du foin, partant permet produire les dites terres à la cure année commune 4 boisseaux de tous blés valant au plus la somme de 5 livres.
  • Plus jouit ledit curé de deux petits morceaux de pré contenant en tout une demi-boisselée susdite mesure capable d'amasser environ 500 de sainfoin et peut valoir année commune quitte après avoir fait couper l'herbe, faner et serrer, 2 livres.
  • Plus jouit ledit curé de deux rentes de 20 sols chacune, de 2 chapons et de deux autres rentes de 5 sols chacune, se montant en tout la somme de 3 livres 10 sols.
  • En ladite paroisse de Theil, il n'y a qu'une fondation ou legs d'une livre de cire à la charge de chanter tous les ans un Libéra et l'oraison Deus Venia Largitor, l'acte passé à la requête de Jean Delafosse par Ayraud notaire royal en date du 14 octobre 1675, vaut ladite livre de cierges 30 sols (2 livres 10 sols).
  • Il n'y a dans ladite paroisse de Theil que deux boisselées de terres en novale, que ledit curé a droit d'y percevoir la dîme perpétuellement et pouvant valoir année commune 10 sols.
  • Enfin dans ladite cure de Theil il n'y a aucun casuel eu égard au petit nombre des paroissiens qui n'excède pas celui de six vingt (120) communiants et à leur extrême pauvreté étant accablés de rentes et subsides.
Soit 212 livres.
Ledit curé déclare qu'au regard de la paroisse d'Embourie annexe de Theil, les deux tiers et une 16e partie des grandes dîmes, et le tiers et un 16e des menues et vertes dîmes sont possédés par le Sieur Gaultier Du Mas, et l'autre tiers moins une 16e partie des grandes dîmes, et le tiers et un 16e des menues et vertes dîmes dont au prieur dudit Embourie, en sorte qu'il ne reste rien du tout de dîme n'y gros ou pension audit curé.
Déclare ledit curé qu'il jouit seulement de la tierce partie moins un 16e des grandes dîmes et des deux tierces parties moins un 16e des vertes et menues dîmes appartenant audit sieur prieur, et qu'il a délaissé à ladite cure avec le droit de huitain sur environ 60 boisselées des terres sises dans ladite paroisse d'Embourie, que celles de Brettes pour supplément de portion congrue à la charge que ledit curé fera le service de la paroisse et qu'il lui paiera de rente annuelle et perpétuelle la somme de 30 livres, que les droits délaissés ont été pour lors estimés valoir plus que le supplément de ladite portion congrue suivant et conformément à la transaction d'une copie et ci attachée et de moi signée pour avoir l'original, ladite transaction passée entre frère Charles Regnault religieux aumônier de l'abbaye de notre-Dame de Nanteuil- en-Vallée d'une part, et maître René Bazin prêtre curé d'Embourie par Touchard notaire royal en date du 7 septembre 1657 et homologuée par le chapitre de la dite abbaye le 15 octobre même année, signé Trillaud notaire et scribe du chapitre.
Déclare ledit curé qu'outre les 60 boisselées de terres ci-dessus, ledit sieur prieur en a délaissé environ 40 autres en chaume de temps immémorial, et qu'il n'a aucune apparence que jamais elles sont mises en culture, parce qu'elles sont éloignées, qu'il n'y a pas d'habitants suffisant, et qu'elles sont absolument infructueuses à cause des rocs et de l'eau dont elles sont remplies en sorte que le curé soussigné fait un abandon de tous les droits ci-dessus délaissés audit sieur prieur au mois d'août 1724 devant Monsieur le lieutenant-général d'Angoulême qui a été signifié audit sieur prieur audit temps, ledit abandon par ledit curé à la charge par ledit sieur prieur de "parfournir" en argent ce qui manque au revenu de la paroisse de Teil pour parfaire la portion congrue de 300 livres, procès qui a toujours resté indécis faute par le curé d'être en état de faire guider une affaire si juste et si claire de manière que ledit curé outre les 212 livres 10 sols qu'il a en tout à Theil n'a pas 100 livres audit Embourie, sur quoi il faut déduire ladite somme de 30 livres de rentes comme dit est pour les dis droits délaissés. Soit : 100 livres.
Plus ledit curé jouit d'une rente de 16 sols, d'une de 5 sols et d'une autre de 4 sols dans ladite paroisse d'Embourie ce qui fait en tout 25 sols (2 livres 5 sols).
Déclare ledit curé qu'il perçoit la dîme en novale sur environ 2 boisselées de terre et qu'il a droit d'en jouir à perpétuité et peut produire 5 sols.
Enfin ledit curé déclare qu'il n'y a dans ladite église d'Embourie ni legs ni fondation, ni aucun casuel eu égard à al pauvreté extrême des habitants de ladite paroisse qui n'excède pas le nombre de 70 communiants lesquels furent tous obligés d'abandonner le pays les années 1709 et 1710 à cause de la "batresse" (détresse ? Un hiver très froid est à noter en 1709), des rentes excessives et des tailles extraordinaires qu'ils paient, joint que ladite paroisse n'a pas un quart de lieue de tour.
Total des revenus des deux paroisses de Theil et d'Embourie unies, la somme de 312 livres 10 sols.
Sur laquelle somme de 312 livres 10 sols, il doit être fait déduction des charges ci-après énoncées.
  • 1. La somme de 30 livres comme dit est au prieur d'Embourie conformément à ladite transaction.
  • 2. De la somme de 50 livres à laquelle les dites cures sont taxées pour décimes, subvention et autres impositions.
  • 3. De la somme de 2 livres 12 sols pour prétendus droits d'abonnement, jaugeage, courtage et boucherie à la réception des tailles de l'Election d'Angoulême.
  • 4. N'y ayant point de fabrique dans les deux dites paroisses, ledit curé déclare qu'il fournit le pain, vin, cire et encens pour le service divin, il fait blanchir et raccommoder les linges et ornements nécessaires à l'église, pour tout quoi il convient déduire au moins la somme de 15 livres.
  • 5. Attendu que dans les deux dites paroisses il n'y a point de maison presbytérale, ce que les curés en Angoumois n'ayant que la somme de 12 livres pour droit de logement, le curé est obligé d'employer de son argent celle de 14 livres pour ferme d'une maison, en ce que la somme de 12 livres n'est pas suffisante pour loger un curé, partant convient déduction être faite de la somme de 14 livres.
Enfin quelque maison qu'ait un curé, il convient au moins de faire recouvrir annuellement, la somme de 3 livres.
Le dit curé ne comprend pas à la présente déclaration le paiement et la nourriture d'un valet, ce qu'il laisse à la prudente sagesse de nos seigneurs de l'assemblée générale du clergé de France et de messieurs du bureau du diocèse de Poitiers d'en faire al déduction qu'ils jugeront à propos, laquelle peut monter à 100 livres.
Total des charges à déduire desdits revenus : 216 livres 12 sols.
Calcul : 93 livres 9 sols.
Nous soussigné, Charles Barbarin, prêtre curé des paroisses de Sainte-Radegonde de Theil et Saint-Genis d'Embourie son annexe, certifions et affirmons la présente déclaration véritable sous les peines énoncées en la délibération de l'assemblée générale du clergé du 12 décembre 1726, de laquelle déclaration nous avons mis le présent double à monsieur le syndic du diocèse de Poitiers, déclarant au surplus sous les mêmes peines que nous n'avons omis aucun des biens dépendant de ladite cure, en foi de quoi nous avons signé le présent à Theil le 22 août 1728. Barbarin curé de Theil et Embourie son annexe.
  • Ledit curé déclare que la cure dudit Theil et Embourie est chargée de la ferme de 2 livres 10 sols pour droit de visite du Sieur archidiacre dont il convient être fait déduction.
  • Plus déduction doit être faite de la somme de 3 livres au sieur archiprêtre (Bouin) pour les saintes huiles, sujets de conférences, mandements, ordonnances, autres envois de Monseigneur l'Evêque.
  • Partant se montent les charges à déduire des dits revenus 221 livres 10 sols.
  • Partant reste net 87 livres 10 sols. Barbarin curé de Theil et Embourie son annexe.

Le gros du curé de Theil-Rabier et Embourie
Généralité de Limoges 1673
Par devant le notaire royal héréditaire en Angoumois soussigné et les témoins cy après nommés () en leurs personnes établies en droit comme en vrai jugement Messire Jean Querouau prêtre curé de Theil-Rabier et d’Embourie son annexe, demeurant audit bourg d’Embourie d’une part, et Jean Lecoq écuyer sieur de La Magdeleine demeurant au lieu d’Echorigné, paroisse de Villemain faisant pour et au nom de Jacques Lecoq écuyer sieur du Tayau et son frère demeurant en la ville de Paris, d’autre part lequel dit sieur Querouau de son bon gré et volonté a reconnu et confessé à moi cy devant lui et reçu dudit sieur de La Magdeleine audit…() et de Messire François Brumaud chevalier seigneur de Touchimbert et autres places, le nombre de quatorze boisseaux froment, six boisseaux avoine, quatre boisseaux froment de la part dudit seigneur de Touchimbert et seize boisseaux de la part dudit sieur du Tayau, ensemble quarante boisseaux mesure le tout mesure de Ruffec lequel dit bled legs desdits seigneurs donné annuellement audit curé pour son gros à cause de ladite cure dudit Theil, donc et duquel bled qui est au nombre le tout de quarante boisseaux le dit curé s’en contente et en quitte les dits seigneurs du Tayau et Touchimbert pour le terme de la Saint Michel prochain de l’année présente mil six cent soixante et treize, sans préjudice audit sieur Quérouau de ses droits et prétentions contre lesdits sieurs de Touchimbert et du Tayau pour raison dudit gros et de plus grand nombre du blé qu’il prétend lui être dû par ces dits sieurs de Touchimbert et du Tayau et audit sieur de La Magdeleine priant et stipulant faisant pour et au nez dudit sieur du Tayau et de Touchimbert leurs professions et exceptions au contraire, et ledit sieur Querouau aux protestations qu’il fait contre ses seigneurs protestations dudit sieur de Touchimbert et du Tayau déclarant ledit sieur de La Magdeleine n’être dû audit sieur Querouau autres choses que ledit gros ci-dessus, et ledit sieur Querouau persiste toujours de sa demande et prétentions contre ledit sieur de Touchimbert et du Tayau et à l’empressement de tout ce que dessus qui a été stipulé entre lesdites personnes ledit Querouau a obligé et hypothéqué tous et chacun des biens versés et futurs dont de son consentement et volonté il en a été jugé et condamné par ledit notaire soussigné, fait et passé audit Embourie demeure dudit sieur curé avant midi le neuvième jour du mois de septembre mil six cent soixante et treize en présence de Pierre Migot, laboureur à bœufs et de Jacques Du Breuil présent et demeurant audit bourg d’Embourie.
Nota : le gros, en parlant d'une cure et d'autres bénéfices est le revenu fixe et certain attaché à une cure. En ce sens il est opposé à revenu casuel.

Inventaire des biens de l’église en 1906
La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l'État prescrivait de faire l'inventaire des objets du culte et du mobilier des églises, avant de les transmettre aux associations cultuelles.
Dans quelques endroits, les catholiques, encouragés par leurs prêtres, leurs évêques condamnant la loi, se barricadèrent dans les églises pour empêcher les agents du fisc de procéder à l'inventaire.
A Embourie, ce ne fut pas le cas, même si le curé signifiait son désaccord. L’agent du fisc mettait de son côté en doute certaines propriétés.
L’inventaire des biens de la paroisse étaient dressés par Pierre Coupeaud, percepteur de Villefagnan, en présence du curé Epinal et du président de la fabrique Renaudon le 12 mars 1906.
La fabrique ne possède pas de tiroir caisse, les comptes sont dans une armoire de la sacristie. Des biens n’appartiennent pas à la fabrique : grille à communion en fer (30 fr.), autel en pierre dans le sanctuaire et tabernacle, croix en pierre, vitrail de 0.80 m par 0.80 m représentant Jésus sur la croix…

L’existant inventorié est des plus ordinaires : confessionnal, vêtements sacerdotaux, chemin de croix, cierges, appliques, fleurs artificielles, linge, drap mortuaire, dais en drap d’or (50 fr.) pour les processions, ostensoir appartenant au curé Gracie (curé de Vervant et ancien curé d’Embourie), un meuble à tiroirs en cerisier (50 fr.)… Une cloche en bronze – cassée – dont la Marraine est Marie
Renaud, vaut 80 fr.


Un curé dans la guerre (1914 - 1918)
Monseigneur reçoit des nouvelles assez sérieuses de l'état de santé de M. l'abbé Sannié, curé d'Embourie, prêtre mobilisé. Les fatigues de la campagne l'ont réduit à un repos trop justifié et il soigne, dans sa famille, une maladie grave. En recommandant le cher malade aux prières de ses confrères nous faisons des vœux bien sincères pour son retour à la santé.
Source : La semaine religieuse d'Angoulême n°8 du dimanche 24 février 1918.
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