Eugénie Gervais sauve cinq otages

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Cinq rescapés de la botte hitlérienne... Trois pages à la suite !
Marie-Eugénie Gervais, née Chailler le 6 juillet 1882 aux Coudres (La Faye), épouse Alexandre Demondion le 23 septembre 1897 à La Faye, lequel décède le 27 mai 1909 aux Granges (La Faye); ils ont eu plusieurs enfants.
Marie-Eugénie se remarie à Eugène Alphonse Gervais le 29 septembre 1915, d'où René Gervais né le 3 décembre 1921, marié à Angoulême le 26 août 1944.
Eugénie Gervais après-guerre décèdera à Loubès-Bernac (Lot et Garonne) chez sa fille Madeleine Demondion née le 22 janvier 1902 à La Faye.
Le 18 juin public et élus inauguraient une plaque commémorative aux Loges en hommage à une héroïne, Eugénie Gervais, qui sauvera cinq otages. Une nuée de drapeaux coloraient l'évènement.
Le 28 juillet 1944 à 7heures (jusqu'à 15h) les Allemands ont mis cinq otages au poteau (face contre un mur) au village des Loges : Jean Portejoie, 16 ans 1/2, Edmond Lambert, 41 ans, Gaston Fély, 33 ans, Jean-Marie Epardeau, 18 ans (cousin Fély venu à la moisson) et Robert Dechambe, 32 ans. Ils doivent leur salut au courage d'Eugénie Gervais, 62 ans.
A partir du 6 juin 1944 les alliés mitraillent le chemin de fer Paris-Bordeaux - gare de Ruffec, tunnel de Touchabrant, et la RN10, axes stratégiques. Les Allemands édifient une station radar à l'est de la Faye (2) pour guider la DCA (défense contre les avions)...
A partir du 6 juin 1944 les alliés mitraillent le chemin de fer Paris-Bordeaux - gare de Ruffec, tunnel de Touchabrant, et la RN10, axes stratégiques.
Les Allemands édifient une station radar à l'est de la Faye (2) pour guider la DCA (défense contre les avions).
«Un camp entouré de clôtures en bois pour planquer trois petits bâtiments, dit André Flaud, 15 ans à l'époque.
Ils renforcent le couvre-feu aux Loges, Coudres et Granges, il est interdit d'y circuler la nuit. Le 28 juillet, les radars étaient déjà livrés et entreposés dans un bois voisin dont les arbres avaient été abattus pour mieux les surveiller.
Le commandant allemand réside chez Epinoux près du monument aux morts et l'adjoint à proximité. La nuit, les Allemands patrouillent, leur chef passe à cheval.
Les jeunes fagussiens détestent cette immobilité forcée. «Dans la nuit, dit André Flaud, René Gautron, des Loges, s'en est allé voir une fille... Et fut repéré !» Les Allemands supposent des maquisards.
Au jour, vers 6 heures, la Feldgendarmerie d'Angoulême et deux miliciens encerclent les Loges et les Coudres. Deux adolescents et trois adultes sont alignés face à un mur !
Leurs gardiens sont armés de pistolets mitrailleurs.
 
Carte de 1941 : chaque carré délimité en rose a pour côté 1km.
Cette carte de 1850 montre en son milieu (tache rosée) l'emplacement du camp et à gauche (ouest) les villages des Loges et des Coudres.
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Ci-dessous grâce à Google Earth nous pouvons vérifier l'emplacement exact de deux bases radars (fondations rebouchées) et du puits (de 50 m de profondeur dit-on).

 
La belle-mère de Gaston Fély ouvre sa porte, un canon de fusil pointe sur elle... Bernard Lizot, 8 ans, relate : «Mon père était prisonnier en Allemagne; nous revenions de cueillir des pêches dans une vigne avec mon grand-père quand celui-ci nous dit de «ne pas bouger, en face c'est pas brillant». On a vu les otages, alignés.»
Jean Portejoie: «Je n'avais qu'une chemisette sur les épaules, j'avais peur, j'étais jeune. On nous a libéré à 15h, je suis rentré à toute vitesse, je craignais de les voir revenir».
Les Allemands fouillent les maisons et entrent chez Eugénie Gervais. «Ils fouillent partout, ne trouvent rien, dit André Flaud. Une armoire trône dans le couloir, les Allemands veulent la clé.» Eugénie Gervais dit l'avoir perdue: «De toutes façons c'est vide !» Dans le même élan elle invite ses «hôtes» à table. «Café, orge grillée, tartine de saindoux, la guerre» dit André Flaud. Ils savourent quand leurs chefs surviennent et les fichent dehors ! «La «manip» était terminée» souffle André Flaud.
«Dans l'armoire des parachutes ! Dans un tas de patates des grenades et explosifs ! Le fils, René Gervais participait à des parachutages à l'est de Ruffec avec René Gautron... Cette nuit là, ils étaient absents !» relate André Flaud.
Madeleine Lambert: «J'avais 14 ans, maman a vu partir papa avec un soldat. Au retour il a dit : «Savez-vous d'où je viens ?»
Le souvenir des otages de La Faye semblait éteint

Le 17 juillet 1986 un texte arrive en mairie, et s'oublie... jusqu'en 1999 : Henri Dindinaud relate cette affire dans le journal communal Le Petit Fagussien.
Quand André Flaud et Jean-Luc Demondion exhument cette histoire en 2014, les élus du moment restent bouche bée. «J'ai cru à une blague, dit Carole Moreau, adjointe au maire. La jeune femme enquête, des langues se délient, des lettres arrivent.

Pourquoi ce silence... et si longtemps ?
«L'essentiel, ont écrit les otages en 1986, nous étions libres !»
«Libre» scande en ce 18 juin Jean Portejoie, fervent gaulliste.

Sites pour les passionnés d'histoire avant de lire les page 2 et 3




 
 
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