Monuments aux Morts

Les monuments aux morts du canton et la liste des morts pour la France de chaque commune se situent dans la page de chaque COMMUNE ; l'accès se fait par un lien en haut de page.

Journal LA CROIX 15 décembre 1914 (Numéro 9742).
"L'examen des exemptés et réformés
On signale d'Angoulême les résultats suivants de quelques conseils de révision pour les exemptés et réformés des classes 1886 à 1909.
  • Canton de Villefagnan : sur 177 hommes, 23 déclarés bons pour le service armés, 20 pour le service auxiliaire.
  • Canton d'Aigre : sur 182 hommes, 14 pour le service armé, 10 pour le service auxiliaire.
  • Canton de Ruffec: sur 210 hommes, 25 pour le service armé, 20 pour le service auxiliaire.
  • Canton de Mansle : sur 230 hommes 18 pour le service, armé, 16 pour le service auxiliaire.
La moyenne est donc de 8 pour 100 pris pour le service auxiliaire et 10 pour 100 pour le service armé. Ce n'est évidemment pas beaucoup." (SIC SIC SIC !)

Morts pour la France
La mention « Mort pour la France » fut créée par la loi du 2 juillet 1915 modifiée par la loi du 28 février 1922. La loi du 29 décembre 1915 donne droit à la sépulture perpétuelle aux frais de l'Etat aux militaires « Morts pour la France » pendant la guerre.
L'attribution de la mention « Mort pour la France » est une opération relative à l'état civil, qui fait l'objet des articles L 488 à L 492 bis du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre. Les membres des forces armées françaises tués au combat, morts des suites de maladies contractées ou d'accidents survenus en service commandé ont droit à cette distinction, de même que les prisonniers de guerre décédés dans les mêmes circonstances.

Quelques liens pour en savoir plus :


La loi du 25 octobre 1919, relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la « grande guerre » et qui prévoyait, outre la tenue d'un livre d'or portant les noms des morts pour la France et nés ou résidant dans la commune, a invité les communes, aidées dans ce cas par l'État à prendre toutes mesures de nature à «glorifier les héros morts pour la patrie ». Ultérieurement, les communes ont été vivement incitées à procéder à l'inscription des noms des morts pour la France des autres conflits sur leurs monuments aux morts.
Subventions : l'art. 81 de la loi du 31 juillet 1920 fixe les conditions d'attribution de subventions aux communes désireuses d'ériger un monument aux morts. Au total 3421  communes postulaient le 6 avril 1921 pour 1 584 242 francs.
Chaque commune érigea son Monument aux Morts. Brettes (1947) et Villiers-le-Roux (1947-48) attendirent pour le leur. Celui d'Embourie fut érigé en mai 2010. Les noms des victimes des guerres (voir liste par commune) furent apposés au fur et à mesure. Avec le temps, des Monuments ont été déplacés.

Livres d'or
La loi du 25 octobre 1919 prévoyait la tenue d'un livre d'or. Aucun de ces livres d'or n'a été retrouvé dans le canton de Villefagnan, mais ils sont tous présents aux archives contemporaines à Fontainebleau. Une simple feuille manuscrite ou tapée à la machine à écrire qui donne une liste réduite des Morts pour la France de chaque commune. Les communes ont demandé des ajouts et des radiations : pourquoi ? Les Morts pour la France, après le 11 novembre 1918, des suites de leurs blessures de guerre n'y figurent pas. De même pour ceux blessés ou malades convalescents, décédés pendant la guerre à leur domicile. En aucun cas ce document ne pourra permettre de faire le tour les Morts pour la France d'une commune.

En voici la présentation :
Ministère des pensions
Direction de la liquidation
Bureau de l'Etat Civil
Rue Oudinot n°8 
Livre d'or
Commune de ...
Département de ...
Loi du 25 octobre 1919
Nom et prénoms Date et lieu de naissance Régiment et grade Date et lieu de décès
 

Emblèmes religieux
Les commentateurs de l'article 28 de la loi de séparation ne sont pas d'accord sur le point de savoir si les monuments érigés en l'honneur des morts de la guerre doivent être considérés comme des monuments funéraires sur lesquels, aux termes de la loi de séparation, peuvent être placés des emblèmes religieux. Interrogé par M. Dubois de la Sablonnière, député, le ministre de l'Intérieur vient de faire connaître le point de vue de l'administration dans une réponse que nous publions intégralement d'après le Journal Officiel du 9 novembre 1921 : "Une circulaire du ministre de l'Intérieur en date du 18 avril 1919 a précisé les conditions d'application de l'article 28 de la loi du 9 décembre 1905 aux monuments commémoratifs élevés à la mémoire des soldats morts pour la France. Ces monuments ne peuvent être considérés comme des monuments funéraires, qui sont uniquement ceux élevés sur des tombes, ainsi qu'il ressort des travaux préparatoires de la loi du 9 décembre 1905. Les monuments érigés à la mémoire des enfants du pays morts pour la France sont des monuments commémoratifs qui rentrent dans la dénomination générale de monuments publics, employée par le législateur et qui ne sont pas compris au nombre des exceptions prévues par l'article 28 de la loi du 9 décembre 1905. L'interdiction prévue par cet article ne s'appliquerait pas à un monument qui serait érigé soit dans un cimetière soit sur un terrain communal ou- privé situé en dehors des rues, places ou routes de la commune".  
C. H. pour la Semaine religieuse d’Angoulême n°50 du dimanche 11 décembre 1921 page 607.


Ce travail de recherche personnel se veut un "travail de mémoire" en vue de ne pas oublier le sacrifice des anciens  et pour faciliter le travail de recherche des spécialistes de généalogie, ou des familles.

Quelques liens "Monuments aux Morts" :
Aperçu de la mobilisation (source AD 16 : cahiers des instituteurs)
Grâce au conseil général et aux archives départementales de la Charente qui ont mis en ligne les cahiers rédigés par les instituteurs nous bénéficions de formidables précisions.

A Villefagnan, M. Piveteau consigne : « La dernière semaine de juillet 1914 est une semaine d’attente, d’attente fébrile de nouvelles. L’angoisse grandit avec le rappel des permissionnaires le 28 juillet. Le 1er juillet est une journée déprimante entre toutes. Les gendarmes, consignés à la poste, attendent l’ordre de mobilisation générale. Quatre heures et demi… C’en est fait ! L’ordre de mobilisation arrive. Consternation générale ! Quelques instants après le tocsin sonne, le tambour bat ».

A Tuzie, M. Rollet décrit les premiers instants : « Pendant ce temps le garde-champêtre lit à tous les carrefours le décret de mobilisation ; ceux qui travaillent dans les champs se hâtent vers leurs demeures, de loin ils ont entendu le tambour et tout deviné. Parmi eux, il y en a qui sont affectés à la garde des voies ferrées, ils doivent partir immédiatement ; ils prennent à peine le temps de ramasser un menu bagage et rejoignent le poste qui leur a été désigné ».

A La Faye, M. Jolly inscrit : « La mobilisation fut accueillie par toute la population, sinon avec enthousiasme, du moins avec courage et patriotisme… Les hommes arrivent des champs, pâles mais résolus, les femmes sanglotent. Les appelés sans délais ayant brusquement quitté leurs occupations, se hâtent, vont chercher leurs livrets, les consultent, préparent leur paquetage… ».  

A Tuzie, M. Rollet souligne le patriotisme des mobilisés : « Tous sont animés d’une sainte colère et d’un même patriotisme… Ils oublient la famille pour ne plus penser qu’à la Patrie ».

M. Pelletier à Theil-Rabier évoque les réquisitions : « A proprement parler, il n’y eut de réquisition que pour les chevaux, voitures et harnais. Toutes les autres fournitures nécessaires à l’armée et à la population civile, ont été faites à l’amiable, chacun donnant tout ce dont il pouvait disposer. La commune a ainsi livré à l’autorité militaire 52 chevaux, juments, mulets et mules, deux voitures à quatre roues et un harnais ».

M. Piveteau précise : « Le commerce local fut d’abord difficile. Les réserves étaient insignifiantes ; quelques habitants craignant l’enchérissement excessif des denrées, se hâtèrent de faire des provisions. La mobilisation accaparant les transports rendait impossibles les approvisionnements… Les choses reprirent leur cours normal lorsque les chemins de fer recommencèrent leur trafic ».

Mme Maumon, à Empuré confie : « Les travaux agricoles ont été effectués courageusement par les vieillards, les femmes des mobilisés et leurs jeunes enfants. Les moissons et les battages ont été faits en commun par les agriculteurs de la commune ».

M. Pelletier à Theil-Rabier cible les prix : « Le prix du lait acheté par la laiterie coopérative de Chef-Boutonne s’est élevé progressivement de 0,12 à 0,21 fr. le litre. Durant la deuxième année, les porcs gras vivants ont atteint le prix fort élevé de 220 fr. les 100 kg. ; quant aux porcelets, ils ont été extrêmement chers ».
Les instituteurs noteront sur le livre d’or les noms des premiers Morts pour la France, ajouteront les disparus, les prisonniers, les blessés. Ces cahiers se terminent en 1916…
Tableau récapitulatif des Morts pour la France par commune
Bilans 1870-72 Tonkin 1914-18 1939-1940 Indochine Afrique du Nord
Bernac 1 1 18   1  
Brettes     11 1    
Chèvrerie (La) 2   14      
Courcôme 6   17 4    
Embourie 2   10 1   1
Empuré 3   7 2    
Faye (La) 1   22 2    
Forêt-de-Tessé (La) 8   22      
Londigny 2   20 3   1
Longré 2   18 1   1
Magdeleine (La) 1   11 2    
Montjean 3   21 1 1  
Paizay-Naudouin 7   34 3    
Raix 2   10 1    
Saint-Martin-du-Clocher     10 3    
Salles-de-Villefagnan 3   23 2    
Souvigné 5   18 1 1  
Theil-Rabier 3   7 3 1  
Tuzie 1   5      
Villefagnan 4   32 14    
Villiers-le-Roux 1   14 6   1
Totaux 57 1 344 50 4 4

Retour des cendres au pays
Face aux familles qui veulent absolument rapatrier les corps de leurs chers disparus, il y a ceux qui préfèreraient que ces derniers reposent en compagnie de leurs camarades sur le lieu même des combats. Finalement, les corps seront exhumés et rapatriés par chemin de fer.
Le gouvernement déposera un projet de loi tendant à l’interdiction sur la totalité du territoire français pendant une période de trois années à compter du 12 janvier 1919 de l’exhumation et du transport des corps des militaires ou marins français, amis ou ennemis, tués à l’ennemi ou décédés pendant la guerre. Les exhumations nécessitées par la réfection des cimetières, le groupement des tombes isolées, la libération des terrains privés et toutes mesures intéressant l’hygiène et la santé publiques seront faites dans le territoire qui a constitué la zone des opérations militaires exclusivement par les soins de l’état civil aux armées.»
Mais la loi du 31 juillet 1920 prévoit le transfert aux frais de l'Etat des restes des militaires, marins et victimes civiles décédés pendant la guerre. L'Etat fournit les cercueils d'un modèle réglementaire et assure le transport.

Le Journal de Ruffec du 26 novembre 1922
L’exhumation des corps de soldats et de réfugiés
Nous avons annoncé, il y a quelques jours, que des exhumations allaient avoir lieu pour les corps des soldats et des réfugiés morts pendant la guerre et dont les familles ont demandé le transfert dans les cimetières de leurs pays d'origine. Ces opérations ont commencé mardi et il a été permis de constater que toute les mesures étaient prises en ce qui concerne l'identité des victimes. Une entreprise, placée sous le contrôle du ministère des pensions effectue ces opérations. Chaque cercueil est remplacé lorsqu'il ne présente pas toutes les garanties exigées pour le transport. En outre, chaque corps, soigneusement enlevé, est placé dans une toile caoutchoutée et aspergé de désinfectant. Afin de donner plus de garantie aux familles, un commissaire de police assiste à toutes ces opérations et lui-même atteste que toutes les prescriptions exigées ont été observées.



Les Morts de la guerre de 1870-1871 de l'ancien arrondissement de Ruffec

Le plus ancien des monuments aux morts du Nord-Charente est vraisemblablement à Ruffec celui qui perpétuera pour l’éternité le souvenir des soldats de l'arrondissement, morts pendant la guerre de 1870-1871.

Il fut érigé en 1887 devant la gare du chemin de fer. 

Le plan fut esquissé par l'agent Voyer Lagoutte et M. Villessot entrepreneur à Ruffec s'est chargé de l'éxécution.
Henri Bouillon, originaire de Mansle, élève de l'école des Beaux-Arts, fut chargé de la partie artistique.
Source : Christophe Rinolfi, Ruffec et son histoire de 1848 à nos jours, éditions La Péruse.

Le monument s’élance à la façon d’un obélisque triangulaire. Dans la pierre de Vilhonneur, Henri Donati sculpteur parisien, a sculpté sur une face un soldat blessé. 

Sur les deux autres sont gravés les noms des tués, disparus, ou morts suite à leurs blessures, au titre de la guerre de 1870-1871, ou des expéditions du Cambodge, du Tonkin et de Madagascar. 

Deux cent un soldats originaires des quatre cantons de l'ancien arrondissement de Ruffec : Mansle, Aigre, Villefagnan et Ruffec.

Les noms des soldats du canton de Villefagnan figurent sur une des faces du monument.
Ils sont annotés avec compléments sur la page "Monument aux morts" de chaque commune.

 










 
 
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