Météo et catastrophes

1709...
6 janvier : début de la vague de froid qui touche l'Europe et particulièrement la France. C'est le début du «Grand Hiver» de 1709. La Seine gèle. Les intempéries rendent le ravitaillement de Paris impossible pendant trois mois. En France, presque tous les noyers, oliviers, pommiers et vignes périssent ainsi que les vieux châtaigniers1 qui servaient à faire les poutres et les grains dans le sol. Le prix du setier de blé atteint 64 livres tournois à Paris, inégalé depuis la fin du XVIe siècle. On sème partout des céréales de printemps en avril. Les cours du vin augmentent et les vins du Bas Languedoc et de Provence, exemptés de droits, s’exportent pour la première fois à Paris2.
13 janvier : température record à Paris avec -23.1°. Le vin gèle dans les tonneaux il est débité à la hache.
20 janvier : dixième jour consécutif où la température est inférieure à -10° à Paris. Record jamais battu. Record de -26° à Paris. 24 000 morts de froid à Paris durant le mois de janvier.

La victime : l'habitant
Cet hiver là en 1709, dans le canton, des habitants sont allés dormir dans les étables, se glissant sous le fumier pour profiter d'un peu de chaleur. Le curé d'Embourie rappelle la pauvreté extrême des habitants de ladite paroisse qui n'excède pas le nombre de 70 communiants lesquels furent tous obligés d'abandonner le pays les années 1709 et 1710 à cause de la "batresse" (détresse : hiver très froid à noter en 1709), des rentes excessives et des tailles extraordinaires qu'ils paient, joint que ladite paroisse n'a pas un quart de lieue de tour.

L'ouragan du 3 juillet 1777
Extrait de l'Observateur de Ruffec du 21 juin 1936 qui cite les Affiches du Poitou n° 28 et 29 du jeudi 17 juillet 1777.
Un ouragan affreux a mis, le 3 de mois, toute la contrée dans la désolation; des arbres brisés ou arrachés, des maisons renversées ou découvertes, des charpentes déplacées, des tuiles dispersées, les blés couchés, des foins mêlés dans les branchages et les buissons : voilà de ses effets !..
Tous les lieux circonvoisins, entre autres, Aigre, Tusson, Souvigné,Verteuil, Salles, Raix, Courcôme, La Faye, La Chèvrerie, Saint-Martin du Clocher, Montalembert, Ruffec, ont plus ou moins souffert et il y en a beaucoup d'autres dont je ne me rappelle pas le nom.
Le Clocher de la Chèvrerie a été renversé. Il y a eu des bœufs écrasés sous des toits chez M. Romefort de Londigny.
Un mal irréparable, c'est la perte des noyers, des châtaigniers et autres arbres à fruits que cet ouragan a principalement attaqués : ils sont tous déracinés ou dépouillés.
Le peuple de ces contrées vit de châtaignes le tiers de l'année. Les chênes promettaient une belle glandée et cela est aussi perdu.

Le 3 juillet 1777 un ouragan dévaste le clocher de l’église de Villefagnan
Le 28 mars 1778, le curé Le Pelletier écrit à l’Evêque pour dire que les dégradations au clocher sont de 12 livres et 9 sols, que celles du chœur sont de 2 livres. Un coup (de tempête) pendant l’hiver nous avait emporté et cassé le grand vitrail de dessus le maître autel, à remplacer pour 15 livres 3 sols payés par le curé de même qu’il a payé 5 livres et 10 sols pour faire réparer la balustrade qui sépare le chœur et le sanctuaire. Il lance le problème du financement des travaux au clocher : «Je ne vois pas que sa Grandeur et moi y soyons tenu par la raison qu’il est situé entre la nef et le chœur…»

L’Hiver de 1788-1789 à Empuré
"Cette année a été très remarquable par le grand froid qu'il a fait, ce dont on n'a point vu
d'exemple. La neige a demeuré constamment six semaines sur la terre. Pendant le mesme temps les glaces ont été si communes que l'on ne pouvait aller sans rigueur de se casser quelques membres, plusieurs mesmes ont eu ce malheur. Enfain le trente un décembre 1788, le baromettre marquait 28 pouces 3 lignes et le termomètre marquait 18 deprés 3/4, au desous la glace. La fontaine qui est dans la cour de la Cure était gelée de 5 pouces et demi; le puid du chateau gelé 1 p. La fontaine ou l'on lave gelèe 3 p, chose qui n'avait jamais été vu, heureusement les bleds ne gelèrent pas acause de la neige."

Neige : 1,60 à 2,60 mètres en janvier 1812 chez nous !
Le sous-préfet aux champs, noyé dans la neige ! La revue n°216 du Picton nous rappelle à plus de "modestie" face aux chutes actuelles de neige. En janvier 1812, Jard-Panvillier, sous-préfet de Melle, a dû se rendre de canton en canton pour présider aux opérations de levée de la classe 1812 : il lui fallait 180 "volontaires".
Son rapport relayé par cette revue (pages 8 à 12), nous relate la difficulté, même pour un sous-préfet, de se déplacer sur des terrains recouverts parfois de 1,60 à 2,60 m de neige.
Pour aller de Melle à Brioux (79), 15 kms, il lui a fallu 48 heures. Il n'avait pas d'appareil photo numérique : dommage ! Ni d'engin de déneigement !
Le 26 janvier fut le jour le plus froid de l'année : - 8 °. Lors du trajet vers Chef-Boutonne, il perdit son escorte de gendarmes. Brave homme, le maire de cette commune a mobilisé 50 hommes pour préparer la route vers Sauzé-Vaussais. Mais de là impossible de rejoindre Chenay. Le sous-préfet dévie sa route vers les Maisons-Blanches et remonte par la route de Paris en Espagne vers Poitiers... Avant de bifurquer du côté de Vivonne, sans doute, vers Chenay, etc.
Pour les conscrits de 1812, nés en 1792, la campagne de Russie a bien débuté dans l'arrondissement de Melle : l'un a eu le pied gelé en se rendant au lieu de tirage au sort. Un autre est mort en route du côté de Loudun. Peut-être valait-il mieux mourir tout de suite ?
Cet article devrait nous rappeler à plus de pondération, en tous cas il rappelle la force de l'histoire.
Site internet du Picton : http://www.lepicton.com/
Voir aussi : http://pioussay.wifeo.com/soldats-1er-empire.php

L'ouragan de février 1935 dévaste Raix
«Une tempête d'une violence inouïe s'est déchaînée le 22 février sur la France. Elle a duré plusieurs jours, causant d’importants dégâts dans de nombreuses régions. Le vent a atteint par endroit la vitesse de 100 kilomètres à l'heure, emportant les toitures, déracinant les arbres, faisant des victimes. Les trains ont été considérablement retardés, les signaux et les poteaux télégraphiques encombrant les voies de leurs débris. A Bordeaux, où se sont fait sentir ses premiers effets, beaucoup d’arbres ont été déracinés, d'innombrables toitures ont été endommagées ; la ville a même été pendant plusieurs heures privée de toutes communications téléphoniques et télégraphiques. Dans la région de Rochefort, des bateaux de pêche ont coulé. A La Rochelle, les arbres du mail ont été abattus, de nombreuses maisons endommagées ; à la Pallice, l'eau soulevée par la force du vent a arraché la porte d'une écluse, et seules ses chaînes l'ont empêchée d'être emportée. Dans la région de Brive, des hangars et des granges se sont écroulés. En Indre-et-Loire, un cultivateur a été tué par la chute d'un arbre. A Reims, une vieille femme, renversée par la violence du vent est morte sur le coup.
En Haute-Savoie, une jeune femme a été tuée par la chute d'une cheminée et un homme par celle de la toiture de sa maison.
Paris n’a pas été épargné par la tempête bien qu'ayant beaucoup moins souffert : dans les squares, des arbres ont été déracinés, des cheminées se sont abattues et le niveau de la Seine est monté sensiblement».
Raix n’a pas été épargné par cet ouragan. La commune et notamment le champ de foire aux bœufs ont rudement souffert. Sept des huit noyers plantés sur ce dernier ont été soufflés. D’ailleurs, monsieur Courtioux de la Groge, bénéficiaire du contrat de placier sur les champs de foire de Raix, dénonça son contrat au mois de janvier suivant. Sa première argumentation est bien évidemment la baisse de fréquentation des foires, mais aussi le manque à gagner sur la récolte de noix provenant des noyers avant qu’ils soient arrachés.
A cet instant, les noyers avaient encore quelque importance. Cet ouragan et ses tristes conséquences ont accéléré probablement la décision de supprimer les foires.
Le souvenir de cette tempête n’est pas encore effacé. Nombreux sont ceux qui se souviennent encore, même ceux qui étaient alors en Charente Limousine ou en Charente Maritime. Les tempêtes sont courantes dans notre région, en juillet 1982, notamment, mais celle de février 1935, sortait tout de même de l’ordinaire.


La grande sécheresse de 1893 : cliquer

Dans le secteur voisin : http://pioussay.wifeo.com/tempete.php

En savoir plus : Jean-Luc Audé, Chronique du climat en Poitou-Charentes-Vendée, Chronologie des phénomènes météorologiques et naturels du Moyen-Age au XXème siècle.

Site à consulter :
http://france.meteofrance.com/france/accueil?xtor=AL-1





 
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