Eréction pédagogique d'un menhir à Courcôme

La table de dolmen exhumée à Magnez se mue en menhir
Un gros chail (1) ! Cinq tonnes ! Grâce à Marpen, le mégalithe circule à la vitesse de la célèbre cagouille ailée. Samedi, le village gaulois de Magnez a voulu imiter Groland. Mais sans les caméras. Beaucoup pensaient qu’il fallait être musclé pour tirer ce mégalithe, chacun a constaté qu’il suffisait que l’effort soit franc et porté dans le même sens. Une poignée d’enfants en apporte la preuve.

Euh ? Obélix, comment qu'on va faire ?

Le club Marpen et son archéologue Isabelle Chasson ont réalisé une belle démonstration. La pierre d’Eric Arbouin n’a pas semblé peser lourd lors de cet exercice pédagogique. «Le mégalithisme est encore actuel dans certaines régions du monde, dit José Gomez de Soto, déplacer cette pierre… Si ! c’est possible. On a su le faire au néolithique. La preuve aujourd’hui avec des moyens rudimentaires.» Daniel Charrier et ses compères ont installé deux lignes de rondins sur lesquels sera tiré le monstre. Entre les deux, un chariot de bois roulant sur des rondins perpendiculaires. Cinquante mètres, un jet de menhir à parcourir dans l’espace d’un après-midi. Une nappe de cordes de chanvre aux mains de costauds vers l’avant, un gros bout (2) de même à l’arrière pour freiner tant d’ardeur. Certains ont reconnu là un principe bien connu en politique.
Une journée très folk...

Le public était nombreux. La communauté de communes du pays de Villefagnan avait façonné un tract distribué dans toute l’étendue de son territoire. Les enseignants ont dit aux élèves qu’il ne fallait pas rater cette belle affaire. Isabelle Chasson a pris la direction de l’exercice. «Ecartez-vous, a-t-elle ordonné au public, cela peut-être dangereux.»

 
L’archéologue fait l’appel des volontaires : des costauds, dans le lot un gars nommé Newton, nom prédestiné en terme de mesure des forces. Jacky Flaud, directeur de Marpen, fera signer tous ces galériens avant d’inhumer la liste ainsi recueillie dans une bouteille, au pied du futur menhir. D’autres l’imitent.
Une question revint très souvent derrière les barrières : «Comment ont-ils fait pour amener la pierre sur le site ?»
Réponse : «Mais c’est très simple ! Bernard Colin, l’entrepreneur de Courcôme, et ses engins».
C’est vrai, mais la technique déployée par Marpen aurait pu être aussi utilisée… sur des kilomètres !
 

 


 

Les Obélix sont nombreux en première ligne, pendus aux cordes, aux premières places pour la photo. Ahan ! Ahan ! crient-ils. Le chef d’un village voisin, Aplusbégalix, est aux premières loges, immanquable ! Du travail qui ne fait pas dans le «mégalight».
 
 





Le moment tant attendu est enfin arrivé, les charpentiers sont anxieux. D’un coup de rein, la pierre est tirée. «Facile, ça glisse tout seul !» clament les Obélix.
Daniel Charrier, en bon Cétautomatix du bois, a su garder la tête froide et veiller à glisser un frein sous le chariot. A l’arrière, l’autre équipe retient l’affaire, protège ses copains. Au fur et à mesure, les rondins devenus inutiles à l’arrière du chariot filent se repositionner à l’avant. Dur !
Quand Isabelle Chasson redonne le «la», le train de bois reprend sa marche folle. Vers la fosse ou le caillou sera érigé dans la position du menhir. Une prouesse qui étonne les sangliers cachés dans les bois alentours.

Les gens de Marpen invitent les enfants à se substituer aux costauds du pays. Fébriles, bien calés sur leurs petites pattes, les «minus» emportent un bon mètre d’un coup. Pour peu, la cagouille de pierre se serait vue pousser des ailes. A eux l’avenir !

 


Daniel Charrier et ses compères méritent des félicitations.
 


Oh hisse ! Secousse électorale ?








Ca vient : bravo !





Le dolmen s'affaisse sans crier gare...

Il fallait faire durer l’exercice pour le plaisir du public. Peu à peu, le calcaire couché - un bout de table de dolmen - allait se muer en caillus erectus (petit mégalithe).

Nouvel exercice donc : «Le planté de menhir». La pierre est posée au bord du trou, des troncs d’arbres la guideront pour «lui faire prendre la verticale».

Sans difficulté - les calculs sont bons -, en quelques instants le calcaire rutile au soleil.





Bravo ! Bravo !!!

La démonstration a été probante, comme l’avaient promis José Gomez de Soto et Isabelle Chasson. Désormais, à Magnez, route de Bessé, le passant sait qu’il traverse un pays vieux comme ses mégalithes. Cette belle démonstration a été ainsi une belle journée, réussie excepté les démonstrations de certains politiques.




Villefagnan, l’autre pays des mégalithes
Planter le menhir est un jeu fort ancien en pays de Villefagnan. Plusieurs agriculteurs s’y sont amusés à la faveur des remembrements dans les années soixante-dix. Ainsi ces créatifs ont fait pousser leurs œuvres à La Fournière, à Chassagne (un homme sous son manteau), à Kaalidan, ou à la sortie du bourg, route de Chef-Boutonne. Si ces bienheureux vestiges peuvent faire croire que le pays est encore truffé de mégalithes, ils ne sont qu’illusion pour naïf.

Comme toujours, c’est seulement après que vient la réflexion. Et il est à craindre que malgré les efforts du Pays du Ruffécois et de Marpen pour recréer une dynamique «néolithique», de bonnes âmes continuent à casser du chail. D’autant que ces monstres sont nombreux à sortir de terre lorsque le soc de la charrue vient s’y frotter. Longtemps, les paysans armés de frêles pics les ont évités, mais maintenant, sans ahaner, de puissants engins exhument ces grosses pavasses d’un seul coup de godet. Ainsi, de cette façon, la tranchée de l’ancienne ligne de chemin de fer Niort-Ruffec a pu être rapidement comblée. Et l’orée de nombreux bois a servi à dissimuler de gros chirons. En attendant la prochaine étape, le creusement de la LGV et ses inévitables révélations.



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