Histoire du canton

La création du canton a généré bien des discussions...

La formation de notre canton, limitrophe des Deux-Sèvres, ne s'est pas faite sans déployer la plus grande volonté. Cette page a été en grande partie tirée de l'ouvrage local "Paizay-Naudouin, son histoire", par J.P. Macheteau. Ses sources se situent aux AD16 et aux Arch. Nat. Nous utiliserons également "La formation territoriale du département des D&S" (chapitre 2), rédigé par Louis Merle et publié en 1990 par la SHS des D&S...


La généralité de Limoges, créée en 1577, comprenait 5 élections : Limoges, Tulle, Brive, en Limousin ; Bourganeuf, dans la Marche ; Angoulême en Angoumois. L'élection d'Angoulême était divisée en 6 subdélégations Angoulême, La Rochefoucauld, Blanzac, Baigne, Ruffec, Chabanais et Montmoreau. Ces subdélégations étaient administrées par des préposés placés sous les ordres de l'intendant et nommés par lui.
Les intendants, choisis ordinairement parmi les maîtres des requêtes, étaient des commissaires départis dans les provinces pour y avoir l'inspection et la direction de la justice, de la police et des finances. Ils recevaient et faisaient exécuter les ordres du roi. C'est seulement sous Richelieu que ces magistrats furent établis dans toutes les généralités du royaume; mais antérieurement, et dès le XVIe siècle, des maîtres des requêtes étaient chargés de faire dans les provinces des inspections appelées chevauchées. Les auteurs s'accordent à considérer les fonctions attribuées à cette époque aux maîtres des requêtes comme l'origine de celles des intendants.
Nord de l'élection d'Angoulême
- Châtellenie de Nanteuil.
Ligné, Lonne, Messuc, Moutardon, Nanteuil-ville, Pougné et Celette, Salles et Touchimbert, Vieux Ruffec.
- Châtellenie de Verteuil.
Aulnac, Barro les Touches, Bayers, Chateaurenaud, Chenaumet, Chenon, Coutures, Fonclaireau, Fontenilles, Lichieres, LeVivier-Joussaud, Montonneau, Porsac, Saint-Front, Saint-Georges, Saint-Sulpice et Saint-Gourçon, Valence, Verteuil-ville.
- Châtellenie de Ruffec
Aiguependant, Ambourie, Ampuré, Bernac, Bioussac, Bouin, Brettes, Chermé, Condac, Hanc, La Chèvrerie, La Faye, La Magdelaine, Le Breuil-Coiffaud, Les Ajots, Londigné, Longré, Montalembert, Monjean, Nersay, Paysay Naudouin, Pioussay, Raix, Ruffec-ville, Saint-Gervais, Saint-Martin du Clocher, Saveilles, Souvigné, Taizé-Aizie, Teil-Rabier, Tessé la Forest, Tuzic et la Croix-Geoffroy, Villefaignant, Villegast, Villiers.

- Châtellenie d'Angoulême
Bessé et Gragonne, Ebréon.


FORMATION DU CANTON DE VILLEFAGNAN
La formation du département d'Angoumois, du moins pour le territoire attribué au canton de Villefagnan, est tributaire de celle des trois départements de l'ancien Poitou. Il ne faut pas négliger l'influence de la Saintonge, riveraine, et le fait qu'Aigre appartenait au Poitou avant la Révolution. De plus, Ruffec veut être district (arrondissement) et a besoin de toutes les forces vives des communes de l'Est du canton de Villefagnan.

Le Poitou avait été initialement divisé par ses députés (réunis à l'Assemblée) en deux départements (14 nov. 1789). Leurs limites n'étaient pas encore arrêtées. Par ailleurs, cette première décision était abandonnée le 15 janvier 1790, le département intermédiaire du Poitou (les Deux-Sèvres) était créé... Il fallait encore le délimiter...




L'OEUVRE DE l'ASSEMBLEE CONSTITUANTE
La superficie de l'Angoumois, en effet, inférieure à celle que le comité fixait dans son projet pour constituer une unité administrative, était trop étendue pour s'agréger, comme l'Aunis, à une province limitrophe. Sa députation, le péril passé, se hâte de dénombrer ostensiblement ses conquêtes.
"Après deux mois de conférence, de discussions, nous dirions presque de combats, avoue-t-elle, nous avons conquis sur nos voisins au moins quatre-vingt-dix paroisses. Et s'il a fallu faire aux convenances locales, à l'intérêt des administrés, quelquefois aussi à l'amour de la paix, le sacrifice de quelques portions de notre ancien territoire, la balance entre notre faveur n'en est pas moins restée de soixante-quinze communautés ou environ."
Non sans peine, le Poitou céda quelque chose. "Le 2 janvier 1790, le comité d'organisation proposa une convention entre les deux provinces."
"La limite de démarcation était ainsi tracée : à partir de Lupsault, dernière paroisse convenue dans le Poitou vis-à-vis de Barbezières à l'Angoumois, en remontant au nord-est : Saint-Fraigne au Poitou, Ebréon à l'Angoumois, Longré au Poitou, Souvigné à l'Angoumois, Empuré au Poitou, Villefagnan au Poitou sauf la liberté de rester à l'Angoumois si sa commune le préfère, Raix à l'Angoumois, Villiers-le-Roux, La Faye à l'Angoumois, Saint-Martin-du-Clocher au Poitou, Bernac à l'Angoumois, Les Adjots au Poitou, Lizant au Poitou, Taizé à l'Angoumois, Surin au Poitou, Benest à l'Angoumois, Pleuville au Poitou, Epenède à l'Angoumois, Pressac au Poitou, Hiesse à l'Angoumois, Availles au Poitou, Abzac au Poitou, sauf la liberté d'aller à l'Angoumois." (Archives nationales ; D IV bis 1, 21)
De sorte que la majeure partie du canton actuel de Villefagnan demeurait au département intermédiaire du Poitou (limite septentrionale du département n'atteignit encore point celle qu'il a de nos jours), ce partage avait le gros inconvénient de placer Ruffec en promontoire dans le département limitrophe, (dont deux lieues à peine le séparaient sur trois côtés). Et l'importance de cette ville, siège d'une subdélégation de l'élection d'Angoulême, plaidait assez, en dehors de tout argument d'ordre économique, pour que lui soit réservée une meilleure place.
C'est ce que comprirent Pougeard du Limbert et ses collègues. Ils considéraient la ligne de démarcation préliminaire comme un tremplin, afin d'obtenir davantage et mieux. Comme le département de Niort avait obtenu quelques satisfactions du côté de l'Aunis, ils obtinrent de lui l'abandon de certaines paroisses permettant à Ruffec de constituer un district décent. (Dans un mémoire de doléances, qui doit émaner d'un député poitevin, il est avoué que "l'Angoumois ayant voulu faire un district à Ruffec, a réclamé plusieurs paroisses qui se trouvaient dans le département de Niort, à qui on a rendu en échange Mauzé et quelques autres paroisses situées en Aunis.)
L'Assemblée rendit un décret en conséquence : "L'Assemblée nationale décrète, d'après l'avis du comité de Constitution, que les paroisses de Montjean, La Forêt, celles de Pleuville, d'Abzac, appartiendront à l'Angoumois, que celles de Mauzé et Priay sont du Poitou, le tout conformément au tracé signé par le Comité de Constitution" (Arch. parl. XI-363).
De la sorte la limite départementale était reculée des Adjots à Montjean et à Lupsault. Cela semblait rejeter Paizay-Naudouin dans le département central du Poitou, et il n'était point de médiocre acquisition que la députation de l'Angoumois ne voulut faire.
Le Comte de Culant, député de la noblesse (propriétaire du Rondeau, commune de Paizay-Naudouin), écrivit ce court billet : "M. Gossin est prié de faire attention, lorsque MM. du Poitou nous cèderont quelques paroisses près de Ruffec pour celles qu'ils avaient jugé nécessaire de prendre à MM. de l'Angoumois, d'y comprendre celle de Paizay-Naudouin, à deux lieues de Ruffec, et d'un mauvais sol pour qu'elle reste à l'Angoumois. - Signé : Culant." (Archives nationales D IV bis I-21)
Le député obtint satisfaction, car Paizay-Naudouin échut à notre département. Néanmoins, étaient perdues de ce côté les paroisses de Bouin, Hanc, Pioussay, Montalembert et Voulème, les enclaves de Narsay et de la Maison-Blanche dans celle de Loubillé, qui toutes appartenaient au marquisat de Ruffec et plaidaient suivant la coutume de l’Angoumois.
Le procès-verbal de formation du département d’Angoumois et sa division en districts et en cantons conformément au décret du 9 janvier 1790, place dans le district de Ruffec "Villefagnan comme chef-lieu du 7e canton composé de : Souvigné, Villiers-le-Roux, Raix, La Madeleine, Laforest, Teil-Rabier, Ambourie, Pezé-Naudouin, Brette, Longré, Empuré" ; Montjean, Saint-Martin du Clocher, Bernac, La Faye, Courcôme, se trouvaient inclus dans le 1er canton dont Ruffec était le chef-lieu avec Londigny et Tessé ( ?); quant à Salles, elle appartenait au 3ème canton dont Verteuil était le chef-lieu.

L'état imprimé de 1790 indique en plus La Chercerie (La Chèvrerie) et Courcôme et Tuzie, celles-ci formant une seule municipalité, dans le premier canton.
En juin 1792, sur accord des directoires du département de la Charente et des Deux-Sèvres, la délimitation des paroisses de Montjean et de Vaussai, alors litigieuse, fut opérée par le sieur Lelong, commissaire du Roi à Civray.(AD16. L 1690).

La fin des dixmes ne se fait pas en douceur
La perception des dimes ecclésiastiques en Charente pendant l'année 1790.
Nous avons déjà publié dans le Bulletin des Études Locales (1) quelques extraits du livre que M. Pierre du Chambon devait consacrer au général Léchelle et que la guerre a empêché de paraitre. Nous allons puiser encore ce mois-ci dans le manuscrit de l'auteur (2). On sait que Léchelle depuis son mariage habitait la localité de Mouton. En 1790, il suscita un véritable mouvement populaire contre le fermier des biens ecclésiastiques de cette paroisse, Jean Quillard. Ce dernier a usé de faux-fuyants pour éviter la lutte ; il préfère solliciter l'intervention de Marchais, député du Tiers-Etat d'Angoumois : une décision, prise à Paris en haut lieu, lui semblera bien plus avantageuse...
Les pages qui suivent vont nous permettre de voir comment le problème, des dîmes ecclésiastiques se pose, non pas dans un endroit déterminé, mais à travers le département tout entier, de quelle manière réagit l'opinion charentaise, en un mot quel est le «climat» de nos contrées après une année de révolution.
Une question vient immédiatement à l'esprit : si Quillard louvoie comme il le fait, n'est-ce pas plutôt parce qu'il sent l'opinion publique unanime à le désapprouver ?
A l'en croire, non. Pour emporter la conviction de Marchais sur la singularité de son cas il lui écrit, au contraire, en ces termes le 19 juin, c'est-à-dire au début de son aventure : «Je n'ai pas appris... à Angoulême, La Rochefoucauld, Confolens, Ruffec et autres endroits où je suis allé depuis peu, qu'il y ait aucune paroisse dans la province [d'Angoumois] et dans celle du Poitou, qui se soit avisée de faire la moindre tentative pour empêcher les fermiers, régisseurs, curés ou autres décimateurs de faire amasser les dîmes et revenus...»
Que le fermier veuille, égarer son correspondant ou qu'il se méprenne lui-même, dans les deux hypothèses son affirmation reste inexacte. A la date où il trace de telles lignes, le feu couve sous la cendre, et depuis longtemps !
D'abord, contester la légitimité de la dîme frise le lieu commun. Voilà dix ans et plus que le débat est ouvert à ce sujet devant l'opinion. Le clergé, avec ses canonistes et ses avocats, soutient que la dîme est une institution de droit divin, - le prêtre doit vivre de l'autel ! - qu'en cas de conflit la juridiction ecclésiastique est seule qualifiée pour en connaître. Le pouvoir civil incline en sens opposé ; il refuse de «comprendre les contestations, auxquelles la perception de la dîme donne lieu, dans la classe des matières spirituelles». Une littérature fleurit, abondante, autour du problème... sans le résoudre. Ouvrages, traités spéciaux se suivent nombreux, quand ne s'en mêlent point incidemment économistes, jurisconsultes ou rédacteurs de journaux. Munier, par exemple, l'aborde dans son Essai sur l'Angoumois (1779), Souchet y consacre un paragraphe important de ses commentaires sur la Coutume d'Angoumois 1780). Les Affiches du Poitou, qui se lisent dans les provinces charentaises, le soulèvent, à leur tour (mars-mai 1782). Et chacun, avec plus ou moins de véhémence selon son tempérament, de conclure par la négative.
L'idée que la dîme est un prélèvement abusif chemine dans les cerveaux ; les populations des campagnes, qui en supportent le poids, ne demandent qu'à se laisser convaincre ; une large fraction du bas clergé, par aveuglement collectif, disons plutôt par démagogie, s'y emploie volontiers. On peut mesurer grâce aux cahiers de doléances l'ampleur du mouvement, l'efficacité de la critique. Quantité de paroisses réclament, certaines vont jusqu'à solliciter la suppression de la dime et son remplacement. Aunac, à une lieue de Mouton, voudrait «que les revenus des biens des ecclésiastiques soient régis et administrés par les assemblées provinciales et sur les revenus pris de quoi les faire vivre honnêtement, et le surplus employé aux besoins de l'Etat.»
Passer ensuite de la théorie à la pratique n'a besoin que d'une occasion favorable ; les troubles révolutionnaires la font naître. Il suffirait à Quillard d'un peu de réflexion pour y voir clair. L'examen attentif de la situation en Charente va nous édifier mieux que ses dénégations.
«Je prends la liberté de vous représenter, dit le curé d'Anville au président de l'Assemblée nationale, dès le commencement d'avril, que les curés à portion congrue n'ont rien reçu au 1er janvier dernier parce que les gros décimateurs, n'étant pas assurés de percevoir les dîmes en 1790, n'ont point voulu faire cette avance. Même refus de leur part au 1er de ce mois, pour le paiement du second quartier...»
A Tusson, les dames religieuses du couvent n'ont pas perçu les arrérages de certaines rentes depuis quinze ou dix-huit ans, sous prétexte que leur régisseur veut employer une mesure plus forte qu'elle ne doit l'être. Aussi les dîmes de 1789 ne sont-elles point encore finies de payer en mai 1790 ; ces braves nonnes sont indulgentes et peu pressées d'exiger les redevances !
«Un bruit se répand dans nos campagnes que les dîmes ne se payeront [pas] cette année 1790 et qu'il sera inutile de s'y présenter, écrivent-elles inquiètes. La plus grande partie de nos tenanciers refuse absolument de payer les rentes attachées à notre communauté.» C'est pourtant ce qui les fait vivre ; ne sont-elles pas plus riches «en dîmes et rentes qu'en fermes» ?
Et d'insister : «Les personnes qui ont coutume de nous fournir les choses nécessaires à la vie, soit par crainte de n'être payées, soit de l'être avec peine, se refusent absolument» à consentir des avances. Nos pétitionnaires sollicitent de la Constituante l'autorisation de céder la régie de leurs biens «à la municipalité, qui usera de son autorité en vertu des décrets» et qui pourra aussi leur procurer quelque crédit. Leurs débiteurs, par contre, l'entendent d'une toute autre oreille. «Avec la meilleure volonté, ils ne pourront jamais tout payer ; les uns disent qu'ils vont abandonner le fonds pour la dette, les autres qu'ils veulent quitter le pays...»
Les habitants de Saint-Martin-du-Clocher défendent «expressément... que le curé prélève les dîmes.» Nous ne les refusons pas, argumentent-ils, mais nous avons un maire très en état de le faire à sa place et qui en rendra compte à la Nation beaucoup plus fidèlement. «Ainsi, Messieurs, écrivent-ils à l'Assemblée, nous vous en prévenons ; nous ne voulons point qu'il [le curé] les prélève...» C'est catégorique !
A Tuzie et à la Croix-Geoffroy, mêmes dispositions d'esprit si le prétexte diffère et si le ton est plus conciliant. «Voulez-vous nous permettre de ramasser nos dîmes en par nous», demandent-il aux Constituants. «Nous verserons notre part habituelle à notre pasteur, le curé de Courcôme. Les dîmeurs du bourg de Courcôme se sont vantés de ravager nos blés ; il arrivera de l'inconvénient. Comme nos biens ont été arpentés et estimés, nous prendrons l'onzième partie de nos revenus et estimations pour payer notre portion au curé de Courcôme...»
La Chèvrerie se trouve dans un cas spécial aux yeux de ses habitants. Au temporel elle a toujours été considérée comme une paroisse distincte, mais les évêques de Poitiers, dont elle relève au spirituel, en ont fait une annexe ou succursale de Villefagnan. Un vicaire de cette localité était chargé de desservir La Chèvrerie. Or. depuis une trentaine d'années, il n'y a plus ni curé ni desservant ; on doit recourir aux prêtres étrangers pour officier aux enterrements. Ne s'ensuit-il point que le prochain paiement des dîmes est superflu ?
Le maire de Condac soupçonne fort que le fermier des biens ecclésiastiques de cette paroisse soit de connivence avec le curé pour ne pas indiquer le chiffre exact des revenus portés sur le bail. Celui-ci, que le fermier refuse de montrer, serait de 600 livres, alors que le curé a déclaré au greffe de la municipalité que ses ressources atteignaient presque 1.200 livres. Le maire estime que la ferme devrait rapporter 1.867 livres environ. Ne pourrait-on pas résilier le bail ? La Nation y gagnerait, dit-il.
Et, ce qu'il ne dit pas, la municipalité administrerait immédiatement les possessions de la cure...
Or, n'en déplaise à Quillard, ces difficultés pour la perception des dîmes ont surgi pendant le deuxième trimestre de 1790, à quelques lieues à peine de chez lui : les paroisses d'Anville, Tusson, Saint-Martin-du-Clocher, Tuzie et la Croix-Geoffroy, La Chèvrerie et Condac appartiennent toutes, en effet, au district de Ruffec, comme Mouton.
Continuons notre enquête dans le département, elle sera instructive.
La paroisse de Rellon, canton d'Aubeterre, district de Barbezieux, figure parmi les récalcitrantes. Son alidade n'est pas nouvelle. Déjà, en mars 1789, elle a protesté avec vigueur contre les charges «exhorbitantes» qui la frappaient et au nombre desquelles se trouvait, en bon rang, la dîme. La dîme, si nous reprenons ses propres termes d'alors, «est perçue par le sieur curé... sur tous les fruits qui se recueillent en icelle, même sur les semences et rentes, ainsi que pour la rétribution et gage des métiviers nécessaires pour la cueillette des fruits...» Rien d'étonnant qu'aux approches de l'été 1790, décimateur et curé soient prévenus «qu'il ne leur sera pas possible de faire aucune levée». La municipalité et, la multitude des habitants ont annoncé au fermier, qui s'en plaint à la Constituante, qu'ils voulaient disposer de leurs dîmes, et ils l'ont menacé de le tuer s'il se présentait pour les lever ; cependant, le suppliant avait déjà loué six valets... nécessaires pour cette levée... Ce refus de laisser jouir de la dîme, cette année, les bénéficiers et leurs fermiers est presque général dans cette contrée...
(1) Etudes Locales, 1938, iv 181 à 186,
(2) Pierre du Chambon.


La Constitution de l’an III (22 août 1795) supprime les districts.
Chaque département est divisé en cantons, chaque canton en communes.
Les cantons conservent leurs délimitations respectives mais l'organisation judiciaire est totalement bouleversée par la loi du 19 vendémiaire AN IV (11 octobre 1795) qui ne touche pas aux justices de paix.

La municipalité de Villefagnan craignant la suppression et de son canton et de sa Justice de Paix s'adresse le 9 nivose AN IV au citoyen ministre de l'intérieur :
“ Le mécontentement général de ce canton, le bruit qui se répand à Aigre et à Ruffec que le département, consulté sur le nombre de cantons qui seraient à supprimer, a compris dans son travail celui de Villefagnan, font un devoir (….) de réclamer auprès de vous, et leurs motifs seront dictés par le seul intérêt du bien public.
Ce canton limitrophe des Deux-Sèvres renferme près de dix mille âmes de population. Sa contribution foncière s'élève à plus de quatre vingt mille livres et est de beaucoup supérieure à celle des autres cantons, si l'on excepte Angoulême et quelques autres, tels Cognac ; Villefagnan est une commune ayant eu de tout temps un bureau d'enregistrement et de poste à chevaux. Il comporte à lui seul plus de deux mille âmes. Il est à trois lieues communes de Ruffec, ci-devant chef-lieu de district, dont la population est à peu près la même. Il est composé de douze communes dont une seule, Raix, est entre Ruffec et Villefagnan, et les autres sont sur le côté du département des Deux-Sèvres, qui s'éloignent en grande partie de cinq à six lieues soit de Ruffec, soit d'Aigre, dont on annonce les cantons réservés, avec accroissement des douze communes de ce canton et de celles de ceux de Marcillac, Nanteuil et Verteuil, en sorte que Mansle se trouvant conservé, ces trois cantons réuniraient les quatre-vingt-quatre communes du district supprimé de Ruffec. ”


Canton de Villefagnan : 1er essai !
Corriger Payzay-Naudouin par Paizay-Naudouin (merci).

De ces réunions résulterait un éloignement et des dépenses considérables pour les administrés du canton, obligés alors de faire dix à douze lieues pour faire entendre la moindre réclamation et l'impossibilité des agents qui pourraient se rendre en aucun temps et sur toutes les lignes (….) pour assister aux délibérations des administrations, en sorte que les administrés de ce canton qui se trouveraient de ceux auxquels ils seraient réunis, ne seraient véritablement pas représentés, ce qui serait ouvertement d’enfreindre la Constitution et les principes d'un peuple libre.
Si ces réunions pouvaient être adoptées et qu'elles entraîneraient la suppression du tribunal de Paix, à combien de dépenses et de fatigues, les administrés de ce canton justiciables de ce tribunal ne seraient pas exposés si on considère l'intensité des affaires qui se portent annuellement :
  • 1. au bureau de conciliation ;
  • 2. au tribunal de police ;
  • 3. en matières ordinaires ;
  • 4. les affaires qui ne sortent pas sans être conciliées ou jugées sans appel.
Les circonstances prouvant sans doute combien était nécessaire le rapprochement de la justice et des justiciables et combien, par conséquent il y aurait d'inconvénients d'exposer les justiciables de ce canton à aller faire dix à douze lieues pour (….) autant pour se présenter à l’audience, et autant pour lever le jugement et faire notifier. Combien de dépenses, combien de temps perdu et de bras ravis à l'agriculture, quand cependant la disette des bras se fait sentir partout, surtout ici, où l'amour de la patrie a fait à l'envie sortir de nos foyers un nombre incalculable de jeunes citoyens qui sont allés combattre pour la liberté.

Canton de Villefagnan : carte définitive...
Corriger Payzay-Naudouin par Paizay-Naudouin (merci).

Loin de supprimer le canton de Villefagnan, on pourrait, en le conservant et en augmentant ceux d’Aigre et de Ruffec des communes composant les cantons de Marcillac, Nanteuil et Verteuil, l'arrondir et lui réunir les communes de Courcôme et de La Chèvrerie, qui n'en sont distantes que d'une lieue, étant actuellement de Ruffec ; Bessé et Saint-Frêne (sic), distantes d’une et deux lieues, étant actuellement du canton d’Aigre, et Charmé, distante d’une lieue et demie, dépendant du canton de Verteuil, comme étant plus rapprochée de Villefagnan que d’Aigre et de Ruffec, ce qui formerait dix-sept communes, non compris celle de Pioussay, attendu son éloignement de Chef-Boutonne où se tient ce canton, et sa proximité de Villefagnan qui demande sa réunion à ce canton, quoique du département des Deux-Sèvres...
La vérité sentie par vous citoyen ministre, l'administration du canton de Villefagnan se persuade que si le travail du département qui comprendrait sa suppression vous est parvenu, vous voudrez bien coopérer à sa conservation que le département vous eut lui-même proposée s'il n'eut été induit en erreur ou s'il eut demandé les renseignements locaux dont il avait besoin.

Villefagnan le 9 Nivose AN VI de la République Française une et indivisible.
Séance publique du 2 Nivose AN VI (29 (décembre 1797)
"L'administration étant en séance publique, lecture a été faite de la pétition, de l’autre part le commissaire du directoire entendu. Elle a arrête à l'unanimité qu'elle serait inscrite tout au long sur le registre, que copie collationnée en serait envoyée aux représentants du peuple français :
  • 1. au Conseil des Cinq-Cents ;
  • 2. à la Commission de Division ;
  • 3. au ministre de l’intérieur ;
  • 4. enfin à la députation du département de la Charente.
Pour copie collationnée et conforme au registre : Bouquet - Villesouby ”(Source : Archives nationales F2 I 535)
L’article premier de la Constitution de l’AN VIII (22 Frimaire : 13 octobre 1799) rétablit les districts, en les rebaptisant d'un autre nom. Le territoire européen de la République française, y est-il dit, “ est distribué en départements et en arrondissements communaux.
Les cantons ne jouaient plus aucun rôle administratif ; il ne restait que les circonscriptions des justices de paix.
La loi du 8 Pluviose AN IX (28 janvier 1801) sanctionne les réductions depuis longtemps décidées.
L'arrêté ministériel de la justice et de l'intérieur, concernant la Charente ne vit le jour que le 5 Brumaire AN X (27 octobre 1801).
L'article de l'arrêté né conservait que vingt-huit arrondissements de justice de paix sur les quarante-quatre créés onze ans plus tôt.
Villefagnan situé dans le premier arrondissement communal de Ruffec devenait chef-lieu de justice de paix pour les communes de : Ambourie, Ampuré, Bernac, Brette, La Chèvrerie, Courcosme, Lafaye, Laforest de Tessé, Londigny, Longré, La Madeleine, Saint-Martin-du-Clocher, Montjean, Pesay-Naudouin, Raix, Salles, Souvigné, Theil-Rabier, Tuzie, Villefagnan, Villiers-le-Roux.
 
Ces vingt et une communes constituent encore de nos jours le canton de Villefagnan (1975).
Quelques modifications orthographiques apportées à leur nom nous permettent de les reconnaître…
Le 18 octobre 1910 et le 14 mars 1912, un projet de délimitation entre Courcôme, Tuzie et Salles a été mis à l'étude, prévoyant la distraction du village de la Touche de la commune de Courcôme et sa réunion à celle de Tuzie. Il n'eut pas de suite.
La loi de 1926 fait perdre à Ruffec sa sous-préfecture et le canton de Villefagnan se voit rattaché à l'arrondissement d’Angoulême. La justice de paix est transférée à Ruffec...

Arrêté portant réduction des Justices de paix du Département de la Charente.
27 octobre 1801 [5 Brumaire an 10].
Les justices de paix du département de la Charente sont fixées au nombre de vingt-huit, savoir:
Arrondissement Communal, Ruffec...
Canton de Villefagnan.
Ambourie, Ampure, Bernac, Brette, la Chevrerie, Courcosme, la Paye, la Forêt-de-Tesse, Londigné, Longré, la Madelaine, Saint-Martin-du-Clocher, Montjean, Pesay-Naudouin, Reux, Salles, Sauvigné, Theil-Rabier, Tuzic, Villefagnan, Villiers-Ie-Roux.

 



Les conseillers généraux du canton
  • Alexis Louis Gabriel POITEVIN de 1833 à 1848
  • Henry Louis BOUQUET-BELLAVAUD de 1849 à 1851
  • Alexis Louis Gabriel POITEVIN de 1852 à 1863
  • Edgard de CHAMPVALLIER de 1864 à 1889
  • Auguste BROTHIER de 1890 à 1892
  • Eugène GUITTON de 1892 à 1921
  • Dr Raoul FEUILLET de 1922 à 1940 (Maire de Villefagnan)
  • Dr Raoul FEUILLET de 1945 à 1947 (Maire de Villefagnan)
  • Louis ANDRE de déc. 1947 à 1970 (Maire de Raix et agriculteur)
  • Dr Henri LE GUEUT de 1970 à 1982 (Maire de Villefagnan de 1977 à 1982 et pharmacien)
  • Henri DINDINAUD de 1982 à 1988 (Maire de La Faye de 1977 à 1996 et agriculteur)
  • Dr Jean-Pierre REGEON de 1988 à 2006 (vétérinaire)
  • Edgard SAULNIER de 2006 à 2012 (retraité de l'enseignement)
  • Christiane Prévost depuis 2012 (secrétaire de mairie retraitée)

1. Statistique générale de la France, 1818
Canton De Villefagnan.
Ce canton a 19,711 hectares de superficie, 11,977 habitans, et renferme 21 communes, qui sont : Bernac, Brettes, la Chèvrerie, Courcôme, Embourie, Empuré, la Faye, la Forêt-de-Tessé, Londigny, Longré, la Magdelaine, Saint-Martin-du-Clocher, Mont Jean, Paizai-Naudouin, Raix, Salles, Souvigné, Theil-Rabier, Tuzie, Villefagnan, et Villiers-le-Roux.


Bernac, au nord-est et à 7 kilomètres 406 mètres de Villefagnan, a 439 habitans.
Le sol de cette commune est maigre et aride. On y compte 107 maisons, 583 hectares de terre cultivée , et 14 de terre inculte.

Brettes, à l'ouest et à 3 kilomètres 118 mètres de Villefagnan, a 468 habitans.
Le sol de cette commune produit abondamment du blé, du maïs, et du vin de bonne qualité. On y compte 134 maisons, 1,062 hectares de terre cultivée, 19 de terre inculte, et 5 hameaux, qui sont : la Charrière, Marcillé, Villairet, les Goulets, et la Font-Jousseline.

La Chèvrerie, au nord-est et à 5 kilomètres 75 mètres de Villefagnan, a 316 habitans.
Le sol de cette commune est très-ingrat, et ne produit qu'un peu de seigle et d'avoine. La culture de la vigne y réussit mal. On y compte 81 maisons, 634 hectares de terre cultivée, 34 de terre inculte, et 6 hameaux, qui sont: La Renaudière, Chez-Renaud, la Grenouillère, la Tour-au-Vilain, les Vallées, et le Breuil.


Courcôme, au sud-est et à 5 kilomètres 262 mètres de Villefagnan, a 859 habitans.
Le sol de cette commune est très-fertile, le vin qu'on y récolte est de bonne qualité. On y compte 172 maisons, 2,000 hectares de terre cultivée, 20 de terre inculte, et 6 hameaux, qui sont : les Houlières, la Touche, le Marchis, les Combeaux, les Matres, et Magné.

Embourie, au nord-ouest et à 3 kilomètres 898 mètres de Villefagnan, a 297 habitans.
Cette commune est isolée, et n'a presque aucune communication avec celles qui l'environnent. Son sol est assez fertile en grains, mais il produit peu devin. On y compte 69 maisons, 282 hectares de terre cultivée, 33 de terre inculte, et 2 hameaux, appelés le Peux,et le Breuil.

Empuré, au nord-ouest et à 1 kilomètre 949 mètres de Villefagnan, a 326 habitans.
Cette commune produit en abondance du grain et du vin de médiocre qualité. On y compte 70 maisons, 667 hectares de terre cultivée, 16 de terre inculte, et 5 hameaux, qui sont : les Pouyauds, Planchard, les Égaux, le Breuil, et Bellevue.


La Faye, à l'est et à 4 kilomètres 873 mètres de Villefagnan, a 770 habitans.
Le sol de cette commune est généralement très-sec, et n'offre aucun pacage. Il produit peu de grains, et la culture de la vigne y réussit en général assez mal. On y compte 204 maisons, 1,484 hectares de terre cultivée, et 9 de terre inculte.

La Forêt-de-Tessé, au nord et à 7 kilomètres 211 mètres de Villefagnan, a 819 habitans.
Le sol de cette commune est en partie couvert de landes, et ne produit que peu de seigle, d'avoine et de vin. On y compte 215 maisons, 891 hectares de terre cultivée, 4 de terre inculte, et 11 hameaux, dont les plus peuplés sont : Esparon, la Bouffrie, Tessé, et Grosbout.

Londigny, au nord et à 8 kilomètres 576 mètres de Villefagnan, a 464 habitans.
Le sol de cette commune est léger, froid et médiocre. On y compte l36 maisons, 713 hectares de terre cultivée, 77 de terre inculte, et 19 hameaux, dont les plus importans sont : Grimaud, le Leux, la Grelaudière, et Landraudière.

Longré, à l'ouest et à 6 kilomètres 822 mètres de Villefagnan, a 661 habitans.
Le sol de cette commune, quoique médiocre, produit du froment, de l'orge, du maïs et du vin peu estimé. On y compte 123 maisons, 1,066 hectares de terre cultivée, 100 de terre inculte, et 3 hameaux, qui sont: les Viviers, Bellavaud, et Ferret.


La Magdelaine, au nord et à 4 kilomètres 288 mètres de Villefagnan, a 509 habitans.
Cette commune est traversée par la petite rivière de l'Houme (ancien nom de l'Osme, Aume, belle erreur de notre géographe). Son sol, assez bon, produit en abondance du grain et du vin. On y compte 96 maisons, 530 hectares de terre cultivée, un seul de terre inculte, et 8 hameaux, dont les plus peuplés sont : la Bousatière, la Vallée, la Meunière, et le Mas.

Saint-Martin, au nord et à 7 kilomètres 601 mètres de Villefagnan, a 626 habitans.
Cette commune est traversée par le ruisseau de la Péruse. Son sol, léger et bon, produit du seigle, beaucoup d'avoine et un peu de vin. On y compte 67 maisons, 660 hectares de terre cultivée, 2 de terre inculte, et 8 hameaux, dont les principaux sont : Villeboule, Laubaunière, les Mons, et la Pironne.

Mont-Jean, au nord et à 8 kilomètres 381 mètres de Villefagnan, a 663 habitans.
Cette commune est aussi traversée par la Péruse. Son sol, maigre et en partie couvert de landes, ne produit que du seigle, de l'avoine et un peu de vin ; mais il y existe d'assez beaux pâturages, dans lesquels on élève quelques bestiaux. On y compte 140 maisons, 662 hectares de terre cultivée, 64 de terre inculte, et 15 hameaux, dont les plus peuplés sont : Fayolle, la Porte, Bannière, et la Péraudière.

Paizai-Naudouin, à l'ouest et à 6 kilomètres 237 mètres de Villefagnan, a 778 habitans.
Cette commune est arrosée par un ruisseau appelé le Riveau, et par le Grand et le Petit-Houme. Son sol, assez froid et humide, est plus fertile en pâturages qu'en grains et en vin. On y compte 200 maisons, 1,266 hectares de terre cultivée, 6 de terre inculte, et 5 hameaux, qui sont : Saveilles, Bramfran, Tourteron, et les Allards.
Il se tient à Paizai-Naudouin douze foires par an, fixées au 1er de chaque mois ; elles sont très-fréquentées, et il s'y fait un commerce assez considérable de mulets, que des marchands espagnols y viennent acheter.


Raix, au sud-sud-est et à 2 kilomètres 729 mètres de Villefagnan, a 418 habitans.
Le solde cette commune est très-bon, et produit beaucoup de grains et de vin de bonne qualité. On y compte 110 maisons, 700 hectares de terre cultivée, 2 de terre inculte, et 5 hameaux, qui sont : la Groye, la Roussellerie, la Gilloterie, la Rigauderie, et Font-Guiaud.

Salles, au sud-sud-est et à 8 kilomètres 576 mètres de Villefagnan, a 786 habitans.
Le sol de cette commune est bon et bien cultivé. On y recueille toutes sortes de grains et du vin estimé. On y compte 205 maisons, 1233 hectares de terre cultivée, 6 de terre inculte, et 20 hameaux, dont les plus importans sont : les Nègres, Nanclars, les Jouberts, les Goumains, Chaumont et Touchimbert.

Souvigné, au sud et à 4 kilomètres 678 mètres de Villefagnan, a 534 habitans.
Quoique le sol de cette commune soit d'une nature assez médiocre, on y récolte cependant beaucoup de froment et de maïs, et un peu de vin que l'on convertit en bonne eau-de-vie. On y compte 111 maisons, 667 hectares de terre cultivée, 34 de terre inculte, et un seul hameau, appelé le Villairet.


Theil-Rabier, au nord-nord-ouest et à 4 kilomètres 678 mètres de Villefagnan, a 489 habitans.
Le sol de cette commune est calcaire, et produit toutes sortes de grains et du vin assez bon. On y compte 103 maisons, 640 hectares de terre cultivée, 26 de terre inculte, et un seul hameau, appelé le Cornillon.


Tuzie, à l'ouest et à 7 kilomètres 25 mètres de Villefagnan, a 293 habitans.
Cette petite commune est située dans l'intérieur des terres, et ses communications sont très-difficiles. Son territoire produit du froment et du vin. On y compte 68 maisons, 223 hectares de terre cultivée, et 50 de terre inculte.

Villefagnan, chef-lieu de canton, à l'ouest et à 8 kilomètres 965 mètres de Ruffec, a 1,392 habitans.
Le sol de cette commune est bon, et fertile en grains de toute espèce, mais le vin y est très-médiocre. On y compte 416 maisons, 2,667 hectares de terre cultivée, 30 de terre inculte, et 16 hameaux, dont les principaux sont Sachague, la Ferté, le Coudret, Pailleroux, Sonneville, et la Fournière.

Villiers-le-Roux, au nord et à 4 kilomètres 288 mètres de Villefagnan, a 370 habitans.
Le sol de cette commune est calcaire et excellent ; il produit du froment, de l'orge, du maïs et du vin. On y compte 80 maisons, 430 hectares de terre cultivée, 67 de terre inculte, et 6 hameaux, qui sont : le Bois-de-l'Église, Poussabit, le Grand-Lieu, les Salles, Ferret, et le Grand-Puy
.

2. F. Marvaud, Géographie de la Charente, 1853.

"Ce canton, autrefois peu fertile, mal cultivé, semé de landes, et n'ayant qu'un très petit nombre de cours d'eau, est aujourd'hui très productif, surtout en céréales. Il doit son amélioration agricole à la création de prairies artificielles, à la puissante impulsion donnée à ce mode de culture, quelques années avant la révolution, par M. le Comte de Broglie, alors propriétaire de la terre de Ruffec. Cet homme, si utile au pays, y encouragea aussi la culture de pommes de terre. Depuis cette époque, les landes qui donnaient à ce canton l'aspect d'un désert, sont devenues des champs productifs et de riches prairies artificielles, à l'aide desquelles les habitants se sont livrés à l'élevage des mulets, qu'ils vendent dans les foires voisines pour être exportés en Espagne."


3. J. Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, 1914-1917.

"Le canton de Villefagnan forme l'extrémité nord-ouest du département de la Charente. Il comprend un vaste plateau calcaire où les cours d'eau sont rares et peu importants. Le nord du canton est plus accidenté que sa partie méridionale et possède des collines plus élevées, qui se rattachent à la ligne de partage des bassins de la Charente et de la Sèvre-Niortaise.
Le principal cours d'eau est la Péruse, charmante petite rivière qui vient du département des Deux-Sèvres, et qui coule dans une vallée pittoresque. Ce cours d'eau entre dans le canton de Villefagnan par la commune de Montjean, passe près de l'église de Londigny et va se perdre dans les fissures du sol des environs du bourg de Saint-Martin-du-Clocher. C'est cette petite rivière qui revient au jour au pied de l'église de Ruffec et qui va rejoindre la Charente sous le nom du Lien.L'ouest du canton est parcouru par l'Osme qui vient également du département des Deux-Sèvres et qui rejoint le canton d'Aigre, après avoir arrosé les communes de Payzay-Naudouin et de Longré.
Un troisième cours d'eau, le Bief ou Ruisseau de Moussac prend sa source dans la commune de Courcôme (plutôt de Villefagnan) et va se jeter dans la Charente près du bourg de Luxé, dans le canton d'Aigre. C'est un cours d'eau peu important, qui est à sec une partie de l'année..."

 
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